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The Pan African Music Magazine
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Angel‑Ho, cantatrice de l’épouvante

Après une parenthèse club, la Sud-Africaine Angel-Ho est de retour chez Hyperdub avec un EP flippant et nerveux. On a discuté avec cette chanteuse aussi fun qu’imprévisible.

Fraîchement sortie de la peau d’une diva de l’ère post-disco après son album Woman Call, Angel-Ho replonge dans ses expérimentations hip-hop, les mêmes qui avaient attisé notre curiosité sur Death Becomes Her, son premier album. Alla Prima est une expression italienne, qui évoque le fait d’appliquer de la peinture à l’huile humide sur une autre couche déjà posée, sans la laisser sécher au préalable, pour obtenir un mélange imprévisible. Littéralement, elle se traduit aussi par « première tentative », résumant en deux mots la manière dont Angel-Ho a enregistré cet EP. « J’écrivais mes paroles en cinq secondes, puis je les transformais en freestyle », explique-t-elle. « Ensuite, je les chantais de différentes manières en l’espace d’une minute, puis je me mettais à rapper instantanément, tout en enregistrant. » Sans s’autoriser de seconde prise, Angel-Ho extériorise ici de l’art immédiat, s’amusant à broyer les formules du hip-hop pour leur imposer son tempérament.  

Angel-ho – Juice

Racontant des histoires issues de ses rêves ou du monde réel, l’artiste floute volontairement la frontière pour rendre l’écoute ludique. « Cet EP reflète mon humeur du moment mais je fais aussi ça pour le fun, je ne veux pas que les gens le prennent trop au sérieux », garantit-elle. « Je veux juste exprimer les choses que j’ai expérimentées, sans les édulcorer. Certains évènements sont réels, d’autres sont des fantasmes. » Contrairement à son premier album où elle variait les ambiances et les producteurs, elle s’attache ici au duo Bon, qui lâche des instrumentaux sauvages et cinématiques, comme sur le dérangeant « Wolves », le délire industriel « Juice » ou « Never Ever », qui décrocherait facilement une place dans la bande-son d’un slasher. « J’ai adoré le côté brut de ces instrumentations dès que je les ai reçues », se souvient Angel, qui entre les mains de Bon, succède à Gaika, Mykki Blanco et Kojey Radical. « Il n’y avait rien dessus et c’est soudainement devenu très chaud, à travers mon écriture. Je les ai inspirés et vice-versa, nous étions sur la même fréquence tout au long de la composition ». Enregistré en moins de trois semaines, les quinze minutes d’Alla Prima ébranlent la scène sud-africaine et témoignent une fois de plus du caractère fou et imprédictible propre à la communauté queer.

L’EP est disponible depuis le 25 septembre chez Hyperdub. Ecoutez-le et achetez-le ici.

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