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The Pan African Music Magazine
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Sofiane Saïdi : Allo ? la Terre nous parle 

#LaVieAuTempsDuCoronavirus Le chanteur, confiné en Algérie, nous donne des nouvelles du pays au temps du Coronavirus. Et les disques qu’il écoute pour passer le temps, et garder le moral.

S’il en est un qui a beaucoup voyagé ces dernières années, c’est bien lui. Avec Mazalda ou comme invité de projets, le chanteur Sofiane Saïdi a fait entendre sa singularité, un grain de voix rauque et une folle énergie qui font toute la différence de son style. Ceux qui ont assisté à la soirée Belek Belek, le 7 mars dernier dans le cadre du festival Banlieues Bleues ont encore pu le constater. C’était avant que tout ne ferme en France, les salles de concert comme le reste. Et c’est désormais à Sidi Bel Abbès, dans la maison où il a grandi, qu’il vit confiné, et inquiet pour la situation sanitaire de son pays.     


Depuis quand es-tu en Algérie et pourquoi y es-tu bloqué ?

Je suis en Algérie depuis le 10 mars. Je suis venu parce que ma sœur devait effectuer une opération et moi, il fallait que je reste avec ma mère, mais comme tout le monde j’étais loin d’imaginer l’ampleur des dégâts de Coronavirus et de ce qui allait arriver par la suite. Le monde a pris conscience tardivement de la gravité de ce virus. J’avais un retour le 15 mars parce que j’avais un enregistrement prévu. Le vol a été annulé, l’espace Schengen a été fermé quelques jours après.


Fais-tu de la musique ? Écoutes-tu de la musique ?

En fait, depuis que je suis ici, je me suis organisé un petit un studio : j’ai une petite configuration heureusement donc j’ai commencé quelques petits chantiers des nouvelles chansons.


Tu parviens à garder le contact ?

Je ne vois plus personne, ou presque. Avec les amis qui sont à Paris comme ceux en Algérie, on se parle par Messenger. Ici il y a comme une ambiance très pesante qui est éprouvante. Je ressens le stress de ma mère et de ma sœur à chaque annonce télévisée. Dans notre esprit, celui de tous les Algériens, quand on voit la situation chaotique des pays de puissance mondiale comme l’Italie ou la France qui disposent malgré tout d’un matériel hospitalier, d’une vraie logistique, on a très peur. Mes amis, les médecins, les infirmiers, se préparent au pire. En termes de structures hospitalières, de matériel, de personnel, on est loin du compte ici. Alors on compte juste sur les humains, leur énergie, et certainement leur capacité à improviser en pareille situation. Il va falloir être inventifs et créatifs.


En tant qu’amateur des réseaux tu es encore souvent présent sur Facebook, comme hier en live… Ça t’aide à tenir le coup ?

Bien sûr je reste connecté, les réseaux sociaux ouvrent des fenêtres. Mais en même temps, à force ça devient stressant et angoissant de voir toutes ces informations à droite à gauche. Toutes les théories qui prolifèrent. Du coup, quand je sature, je passe à autre chose, je me mets au balcon, je bois un café, je fume une cigarette : je change de mood.


Qu’est-ce que tu penses de cette pandémie ? Est-ce qu’au final ce sera peut-être un mal pour un bien ? Une nécessaire prise de conscience collective ?

Je ne peux pas être objectif à l’heure où on redoute le pire ici en Algérie ! Mais par contre depuis le début je sais une chose : la terre nous parle, elle s’exprime à sa façon. C’est sa manière de calmer les sales gosses que nous sommes.


Qu’est-ce qu’elle nous dit ?

Quand tu vois à quel point nous étions indifférents aux incendies en Australie par exemple ; quand tu vois qu’en Grèce on tire sur des embarcations avec des malheureux dedans, quand tu vois comment on traite les pauvres d’une manière générale dans le monde… 

Et surtout, pour finir, comment on méprise et on malmène cette Terre, et tous les êtres vivants dessus, son message est clair : vous vous comportez mal et en plus vous êtes très mal gouvernés. Voilà ce que nous dit la Terre, et il serait temps de l’entendre. 


Les cinq disques de confinement de Sofiane Saïdi

Dire Straits —On Every Street 

« Un album qui me rappelle la période ou j’ai acheté un walkman avec une cassette coincée dedans ! J’ai écouté cette cassette une bonne semaine avant de le faire réparer. »


Lucibela — Laço Umbilical 

« J’ai découvert cette chanteuse au Cap Vert et elle m’a invité dans ce disque, que je découvre en ce moment. Ça fait du bien avec l’humeur du temps présent. » 


Rachid Taha — Zoom 

« Simplement parce qu’il me manque. Je redécouvre ce petit bijou, son avant-dernier. » 


Ghoula — Hlib El Ghoula 

« Un album surprenant entre electro et archives de musique du Maghreb, par un artiste tunisien basé à Paris. Brillant ! »


Jawhar — Winrah Marah 

« J’ai rencontré cet artiste à Paris pour une interview croisée organisée par le magazine Society. Et son album est un vrai coup de cœur. »

Lire ensuite : Le Coronavirus s’attaque (aussi) à la musique
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