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The Pan African Music Magazine
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T’Neeya, dans toutes les langues de l’afrobeats

Née à Douala, la jeune chanteuse basée au Ghana est une des étoiles montantes de l’afrobeats. En français, en pidgin, en anglais ou en allemand, l’artiste polyglotte a su toucher un public par-delà les frontières. Interview.

Le phénomène afrobeats, porté par des artistes ouest-africains devenu des stars, a rarement traversé autant de frontières, en Afrique et dans le monde. Le genre est clairement devenu international et certains artistes ont parfaitement compris où se situer dans cette diffusion massive et globale qui touche des publics différents. T’Neeya en fait partie. La chanteuse poste sa musique élégante et énergique depuis maintenant deux ans, et tire son originalité des différentes langues dans lesquelles elle chante. Dans la plupart de ses morceaux, comme dans son récent single « Joli », elle mélange le français, l’anglais et le pidgin. Allemande et camerounaise, basée à Accra et signée sur le label nigérian Aristokrat, sa musique sait s’adresser à un public diversifié et sa popularité ne cesse de croître. PAM l’a rencontrée dans les studios de Labone (Accra) pour une interview en authentique franglais.

Vous chantez en anglais, français et pidgin. Qu’est-ce qui a mené à cela dans votre parcours personnel ? 

Ma mère est allemande et mon père est camerounais, et moi je suis née à Douala. Dans la maison avec mes parents nous parlions allemand et dehors avec mes amis nous parlions français. Mais j’ai aussi fréquenté un pensionnat catholique à Bamenda, en territoire anglophone. C’est pour ça que j’ai toujours pu jongler entre l’anglais, le français, le pidgin et l’allemand. Ça a vraiment influencé ma façon de communiquer avec les gens : si je ne peux pas trouver un mot en anglais, je vais simplement passer au français ou à l’allemand. Puis j’ai commencé à chanter. Plus je suis dans le métier, plus je me passionne pour le fait de communiquer avec ma musique. On dit que la musique est un langage universel. Quand je chante ou quand j’écris des chansons, c’est très naturel, alors j’utilise les différentes langues que je connais. J’ai aussi des fans francophones, anglophones ou allemands, donc je suis contente quand toutes ces différentes bases de fans chantent mes paroles et les comprennent. 


En France, dans certaines scènes pop, les chansons ou albums bilingues ne fonctionnent souvent pas pour les fans français. Dans votre cas, à l’inverse, cela réunit différentes bases de fans. Comment expliquez-vous cette différence ? 

Le Cameroun est un pays bilingue ! D’où je viens, c’est normal. En grandissant, c’est normal de parler anglais et français et on ne m’a jamais dit d’utiliser une langue ou l’autre. Quand je vais au marché pour acheter des tomates, je peux parler français, anglais ou pidgin et c’est ça la beauté du Cameroun. Même les télévisions nationales sont bilingues et tout le monde regarde tout.

Quand avez-vous réalisé que vous vouliez chanter professionnellement ?

La musique a toujours fait partie de moi. J’ai pris la décision d’y aller à fond quand j’ai vu que c’était vraiment possible. J’ai écrit une chanson pour DJ Sara Castro du Panama : elle m’a donné sa vision et on est allées ensemble au studio. Quelques semaines plus tard, elle m’a dit : « T’Neeya, on a besoin que tu viennes au Panama tout de suite, on tourne la vidéo ! » Donc je suis allée au Panama ! C’était fou de réaliser que c’était possible. C’est aussi la raison pour laquelle je veux absolument montrer aux jeunes que c’est possible. En Afrique, les gens perdent espoir, on n’y croit plus. On se doit d’aider les jeunes à rêver ! J’ai parlé à mon père et il m’a dit  » fais-le et finis-le « . A partir de ce moment, j’ai cessé de me présenter à travers les études de mode que je poursuivais en Allemagne. Je m’appelle T’Neeya et je suis une artiste.


De tous les pays où vous auriez pu être chez vous, pourquoi choisir le Ghana comme base?

J’étais curieuse. Je suis allé à Paris, à Londres, à Berlin, au Panama, aux États-Unis, mais je voulais vraiment en savoir plus sur l’Afrique. A cette époque, c’était Lagos ou Accra : je ne voulais pas retourner au Cameroun où j’ai passé la majeure partie de ma vie. J’ai choisi le Ghana parce que les gens autour de moi à l’époque y connaissaient des gens. Arriver ici, c’était vraiment un saut dans l’inconnu. Ça a été l’une des meilleures décisions de ma vie. J’ai dû travailler très dur pour faire mes preuves et obtenir le respect des gens de l’industrie, mais on s’en est plutôt bien sorti en 2 ans : c’est la première fois que je n’ai pas à courir après des gens pour mettre mes chansons à la radio. Accra est aussi un très bon endroit pour créer et entrer en contact avec des gens. Mon pays me manque, mais choisir l’Afrique était certainement un bon choix : c’est mon présent et mon avenir. Ma fanbase grandit aussi beaucoup en Afrique : Cameroun, Nigeria, Sénégal, Kenya, Ghana, Sénégal…. Voyons un peu dans un an !


Comment voyez-vous l’avenir ?

Mon avenir est lumineux ! Il m’a fallu beaucoup de temps pour le dire et je le pense humblement. C’est un métier très difficile pour une femme et c’est très difficile de quitter l’Europe pour un nouveau pays africain. Parfois, on se pose des milliers de questions. Mais en ce moment, j’ai l’impression que les portes s’ouvrent vraiment et que les gens respectent ce que je fais avec mon équipe. Je ne peux qu’espérer mieux et plus grand. 2019 se termine avec mon single « Joli » qui se porte très bien en ce moment. En 2020, je sors un album, c’est sûr !


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