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The Pan African Music Magazine
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Les énigmes afrofuturistes de Faizal Mostrixx et Susan Kerunen

Danseur, chorégraphe, producteur et activiste social en Ouganda, Faizal Mostrixx a tout de même trouvé le temps de mener une nouvelle expérience d’alchimiste du son qu’il partage, cette fois-ci, avec la chanteuse Susan Kerunen.

Leur collaboration a donné naissance à Ebikokyo, six titres electro-pop aux beats entêtants, ciselés autour de rythmes traditionnels du nord de l’Ouganda et de la voix de Susan Kerunen qui chante en alur, sa langue maternelle, des énigmes et proverbes populaires hérités des anciens. 

« Ma mère me les chantait quand j’étais enfant. Mais avec l’occidentalisation des mentalités et de l’éducation notamment, ce patrimoine est en danger : c’est pourquoi j’ai choisi de préserver cet héritage. Sororité, tolérance, courage… sous un aspect léger, chaque énigme ou proverbe contient une puissante sagesse, une histoire, un message, un savoir que les anciens enseignaient aux plus jeunes par le biais du rythme et de la mélodie » raconte Susan Kerunen depuis Kampala. Originaire de Zombo, petite ville du nord-ouest de l’Ouganda près de la frontière congolaise — dont l’influence mélodique est très nette sur « Min Tingili » — l’élégante chanteuse folk défend la culture du peuple Alur en véritable ambassadrice depuis une quinzaine d’années et trouve en Faizal Mostrixx le complice idéal pour prolonger sa démarche.

« C’est l’expression d’une nouvelle musique électronique africaine qui vous emmènera vers une nouvelle épopée afrocosmique », affirme de son côté Faizal Mostrixx au sujet d’Ebikokyo. Fidèle à son univers très dense où se mêlent mémoire des traditions musicales est-africaines, beats furieux, samples d’oiseaux, danses urbaines, chants spectraux, casques stellaires, costumes en peaux de chèvres et imagerie à la Sun Ra, il semble que Faizal Mostrixx poursuive sa quête vers un nouveau récit pour le continent africain. 

Pour lui, il n’est pas question de s’en tenir à transposer rythmes et légendes locales aux couleurs de la house ou de la techno : il s’agit de créer « une musique conçue pour être jouée en live, un son radicalement nouveau, un son indubitablement ougandais… mais qu’aucun Ougandais n’a encore fabriqué ». Alors pour Ebikokyo, le duo s’en est remis à Aloysius Migadde, connu sur les rives du Lac Victoria surtout pour la virtuosité de son jeu de guitare. Mais ici, le musicien convoque les plus belles pièces traditionnelles de son instrumentarium : agwara (grande corne), ndara (xylophone géant), mbira (piano à pouces) ou encore ennanga (harpe en bois arquée) qui, même s’ils sont samplés-triturés-recomposés, apportent à la démarche un supplément d’authenticité. « Emprunter aux codes culturels et rituels de mon pays, c’est d’abord les célébrer, mais c’est aussi permettre aux gens de s’y identifier. Les réinventer avec un imaginaire afrofuturiste, c’est proposer une nouvelle mythologie à l’Afrique et inviter le reste du monde à embrasser un avenir commun », expliquait Faizal Mostrixx à PAM, en marge du festival Nyege Nyege en septembre dernier. Se joignant à la démarche de nombreux artistes du continent africain comme de sa diaspora, Faizal Mostrixx et Susan Kerunen semblent avoir trouvé la réponse à l’énigme du siècle : et si la clé de voûte du futur se trouvait dans nos racines ? 

Ebikokyo est disponible sur Bandcamp.

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