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Indes Galantes : dans les coulisses de la prise de la Bastille

Indes Galantes de Philippe Béziat retrace les dessous de la production de Clément Cogitore et Bintou Dembélé à l’Opéra Bastille. Un choc culturel, visuel et rythmique, où la danse détourne les codes.

Indes Galantes de Philippe Béziat 

Le spectacle Indes Galantes, présenté à l’Opéra Bastille en 2019, proposait une interprétation moderne de l’Opéra baroque de Rameau, mêlant chant lyrique, krump (danse née dans les quartiers pauvres de Los Angeles comportant des mouvements d’apparence agressive exécutés très rapidement), hip-hop et voguing dans un lieu pas franchement habitué à cette diversité. Le metteur en scène Clément Cogitore et la chorégraphe Bintou Dembélé avaient alors réussi un réel tour de force en mettant en avant une nouvelle génération représentative de la jeunesse actuelle aux côtés des meilleurs chanteurs lyriques actuels, cassant les codes de l’Opéra.C’était chaque soir une standing-ovation devant cette énergie folle dégagée par la troupe, en symbiose avec la musique de Rameau.

Le documentaire de Philippe Béziat dévoile l’envers du décor et dresse le portrait de cette troupe hétéroclite. Débuté en 2017, il capte les répétitions, le travail préparatoire, dessine des portraits des danseurs, cela bien avant le succès du spectacle en 2019. Véritable complément, le documentaire apporte une dimension supplémentaire, met des visages sur les danseurs de cette troupe et nous permet de mieux apprécier leur diversité.

Bintou Dembélé

La décolonisation par la danse

L’œuvre de Rameau constituait à l’époque un ode au colonialisme, à cette fascination de l’exotisme des « Indes » à travers notamment la « Danse des Sauvages » — on avait encore du chemin à faire.

C’est donc tout un symbole pour cette production de déconstruire (enfin) ce passé, de ne pas en faire abstraction et de l’exposer sous un angle nouveau.

C’est également la première fois en 350 ans qu’une femme noire chorégraphiait un ballet à l’Opéra Bastille. La chorégraphe, de parents sénégalais, fait exploser les barrières raciales de la danse. « Prendre l’espace malgré tout », disait Bintou Dembélé, prendre la Bastille : tout un symbole pour ces danseurs et cette jeunesse si peu représentée à l’Opéra.

Indes Galantes, de Philippe Béziat, dès maintenant au cinéma.

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