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The Pan African Music Magazine
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Sylvere passe la seconde avec un EP2 bouillant

Quelques semaines après un EP1 dont on ne s’est toujours pas relevé, le Parisien Sylvere nous donne un aperçu de la suite. Un EP2 qu’il révèle à petit feu, en sortant aujourd’hui son nouveau single « Toys » qui hésite entre dancehall massif et ragga-jungle énervée. Interview.  

En 2021, Sylvere signait chez Monkeytown, le label des monstrueux Modeselektor, patrons allemands de la musique électronique pêchue. Il y enfonçait la porte avec les basslines fracassantes de son EP1, qui conciliait avec aisance la culture rave et celle des soundsystems caribéens. Le DJ et producteur parisien n’a pas prévu de s’arrêter en si bon chemin, puisqu’il propose déjà une nouvelle salve de 5 morceaux, annoncée par la sortie de « Twenty Four Seven », un premier single qui projetait le dancehall digital caribéen des années 90 dans le futur. Aujourd’hui c’est au tour de « Toys », en écoute ci-dessous, d’introduire le nouvel EP, martelant l’atmosphère de vibes ragga avant l’arrivée de trois autres dancefloor killers qu’il nous révèlera le 4 mars.  Parmi eux « Conception », le morceau qui a séduit et mis Modeselektor devant le fait accompli : il leur fallait un gars comme Sylvere sur Monkeytown.

Sylvere – Toys

Tu as atterri l’année dernière chez Monkeytown. Comment le duo Modeselektor t’a-t-il approché et quelle a été ta réaction ?

Cela va bientôt faire un an que le label m’a approché en effet. Pour tout avouer je dois cela à un ami que Gernot, Szary (le duo Modeselektor, NDLR) et moi avons en commun, qui n’est autre que Teki Latex (ancien membre du groupe TTC maintenant DJ, NDLR). Le premier confinement m’a permis de me recentrer et de travailler énormément sur ma musique, chose que j’avais moins eu le temps de faire car je tournais pas mal avant l’arrivée de la pandémie. J’ai fini par partager une partie de mes productions à ce dernier, dans le simple but d’avoir un feedback de sa part. Sauf que ce fut bien plus qu’un feedback ! C’est donc par son biais que ma musique est arrivée aux oreilles de Modeselektor. J’ai mis du temps à réaliser que le label était profondément intéressé par mon univers. Toute proportion gardée, je me reconnaissais assez dans la démarche artistique du label, du fait qu’ils aiment casser les codes, j’aime aussi le côté « on fait de la techno mais ce n’est pas uniquement de la techno » de Modeselektor. Mais je n’aurais jamais osé imaginer faire partie de l’aventure car je suis avant tout un grand fan de Modeselektor, et un grand fan de ce que propose Monkeytown. Je ne remercierai jamais assez Teki pour cette formidable passe décisive.

J’ai compris que ton père était antillais, peux-tu préciser quelles sont tes racines, et de quelle manière les insuffles-tu dans ta musique ?

Oui je suis issu du métissage d’un père martiniquais et d’une mère française de métropole, tous deux amoureux de musique. Pendant mon enfance, j’ai passé la plupart de mes étés aux Antilles chez ma grand-mère. De fait, j’ai grossièrement baigné autant dans le zouk et le kompa qu’Alain Souchon et Michel Jonasz ! C’est pour moi une richesse inestimable. Je pense que c’est ainsi que j’ai pu grandir en écoutant une si grande variété de styles musicaux. Ma musique est donc à mon image, je suis avant tout animé par la club music et la techno, mais pas que. Tu remarqueras que la plupart de mes morceaux ont des rythmes syncopés propres à la musique noire. Ce n’est ni une volonté, ni un cheval de bataille, c’est juste que mes compositions tendent naturellement vers cela, plus que le traditionnel rythme 4×4 de la house et la techno que j’aime tout autant.

On entend du ragga, du gqom, de la drum’n bass… Tes influences semblent variées mais centrées sur les grosses basses, le beat et la culture des soundsystems. Peux-tu nous en dire plus sur ce qui t’inspire ?

Depuis que j’ai signé chez Monkeytown, je me sens vraiment libre de faire ce que j’ai envie de faire. J’ai autant envie de voir ma musique jouée au Berghain qu’au carnaval de Notting Hill, ou que dans le soundsystem gonflé aux basses d’une voiture d’un loulou antillais. Mais les inspirations sont diverses en effet. D’une part de la vision du label en lui-même, nous partageons les mêmes valeurs : comme le fait de ne pas se fixer de frontières, que des cultures et des langages musicaux très spécifiques peuvent communiquer librement entre eux. Je trouve aussi que, malgré les grosses basses et la saturation que l’on retrouve dans beaucoup de morceaux du label, il y a aussi une certaine légèreté dans la musique qu’il propose, qui me correspond plutôt bien. Je suis un fan de techno, un fan de musique UK (des mouvements comme le grime, la drum’n Bass, la UK funky ont pu naître suite à l’intégration des cultures minoritaires comme par exemple celle des soundsystems jamaïcains), et je suis fasciné par ces nouveaux courants comme le shatta issu de la Martinique ou encore le gqom d’Afrique du Sud. Mes inspirations résultent de tout cela, mais l’inspiration est également partout ! Elle survient quand un rythme insensé se crée lorsque je mixe deux morceaux ensemble lors d’un set, quand je me réveille le matin avec une mélodie entêtante qui ne sort de nulle part, quand je me balade un dimanche après-midi…

Sylvere – Rez Drums

Parle-nous de cet hommage à « Rez », ce grand classique du groupe techno Underworld. Que représente ce groupe pour toi ?

Underworld, et notamment « Rez », c’est une énorme source d’inspiration. C’est d’ailleurs l’opening track de mon mix pour Untitled 909 (webmedia dédié aux cultures électroniques). « Rez Drums » et « Rez Drums 2 » sont comme tu l’as dit des hommages à ce morceau. Je devais avoir une dizaine d’années la première fois ou j’ai entendu ce morceau, et j’ai pris une sacrée claque ! Je suis fasciné par la culture rave, de la trance à l’acid, même si ce n’est pas spécialement ce que je joue dans mes sets. Tu auras peut-être aussi capté le clin d’œil à l’univers acid dans l’artwork de cette série d’EP, dessiné par Pfadfinderei. J’ai donc voulu réutiliser ces sonorités mais dans un tout autre concept, d’où ce morceau en deux versions qui tape au rythme du dancehall.

On a pris une baffe avec le premier EP. Doit-on tendre l’autre joue à l’arrivée du second ?

À toi de me le dire ! Une chose est sûre, j’attends avec impatience la sortie de ce deuxième EP. C’est sans doute celui dont je suis le plus fier, je ne me suis fixé aucune limite et il me représente à 100%. EP1, mon premier projet, est très brut à mon goût, il est un peu comme une mise en condition de mon univers musical dans les oreilles du public. EP2 est sans doute plus profond que le premier, mais toujours club, toujours dansant. J’ai vraiment hâte de pouvoir défendre ces morceaux dans les clubs et festivals, j’en ai déjà joué quelques-uns lors de mon dernier show à Barcelone et les retours étaient très bons ! On croise les doigts pour que la situation actuelle s’améliore.

L’EP sera disponible le 4 mars 2022, précommandez-le sur Bandcamp.

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