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SuperJazzClub redéfinit le cool ghanéen

Le collectif basé à Accra, qui regroupe musiciens, compositeurs, producteurs, designers et photographes, apporte un nouveau souffle créatif pour sortir du carcan imposé par une scène jugée trop homogène et peu perméable aux nouveaux genres musicaux.

Paris, 2022 : Le SuperJazzClub fait la première escale de sa tournée européenne, à l’occasion de showcases et de premières, mais également pour un aperçu de la scène parisienne. Monté en 2018, le SuperJazz Club s’est transformé en collectif d’artistes inventifs, bien décidés à suivre leur propre voix en marge du mainstream ghanéen. « Au Ghana, l’afrobeats domine et lorsque j’ai croisé le chemin de personnes qui penchaient davantage vers la scène alternative, j’ai su qu’il fallait qu’on se rejoigne pour faire de la musique ensemble », révèle Øbed, un producteur et chanteur du collectif. Au sein d’une scène musicale majoritairement portée sur l’afrobeats et d’une culture stylistique encore très rigide et conservatrice, le collectif tente d’insuffler un vent nouveau, un son plus alté qui s’apparente parfois au jazz, au hip-hop, à la pop et au RnB. « On a pris des risques pour faire ce qu’on voulait créer », confirme Tano Jackson, un des rappeurs du collectif.

SuperJazzClub est composé de neuf membres: Ansah Live, BiQo, Seyyoh, Tano Jackson, Øbed, Joey Turks, Anthony, Oliver et Gloria Dennis. Chacun d’entre eux participe à leur façon, et avec leur propre culture musicale, à créer un nouvel univers créatif où l’authenticité et la qualité prime sur la popularité. « À la base, on est juste des amis et on a voulu faire de la musique ensemble », insiste Ansah Live assis aux côtés de Tano Jackson, Øbed et Joey Turks pour parler des origines du groupe, de leur raison d’être et de l’univers visuel qu’on retrouve dans leur dernier clip « MAD ».

SuperJazzClub – MAD

« C’est à propos d’un groupe de gamins qui ont grandi sans réel modèle », explique-t-il à propos du clip. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un autoportrait, on retrouve parmi cette troupe, l’audace transgressive du collectif prêt à prendre des risques. Ce même thème réapparaît régulièrement dans leur musique. Dans « Cameras », par exemple, le collectif met avant leur sens aigu de la mode et déroge aux règles rigides qui séparent le masculin du féminin, assumant un style résolument androgyne. « La vie n’est pas aussi linéaire qu’elle peut être perçue à Accra », remarque Øbed qui aime à s’aventurer en dehors des sentiers battus.

Le SuperJazzClub se définit, avant tout, comme un refuge pour les skateurs et les marginaux, les artistes et autres jeunes branchés qui souhaitent s’exprimer sans se soumettre à une influence prédominante ou autres contraintes. Un signe enthousiasmant dans un marché devenu graduellement de plus en plus tourné vers les bangers afro-pop ostentatoires. Cette communauté cherche, au contraire, à rester fidèle à son essence et espère faire la rencontre d’autres individus sur la même longueur d’onde, au Ghana et à l’étranger. « On est là pour faire changer les choses », affirme Tano Jackson, « et pas pour produire de la musique médiocre ».

The SuperJazzClub interview by PAM
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