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The Pan African Music Magazine
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PAM Club : DJ Cortega rend hommage à Tony Allen

Pour ce nouvel épisode du PAM Club, on vous propose un mix hommage au regretté batteur nigérian, signé DJ Cortega, fondateur du collectif dakarois Electrafrique.

Après un hommage à Manu Dibango, DJ Cortega est de retour dans le PAM Club. Cette fois c’est un hommage à un autre géant, le regretté Tony Allen, qui nous a quitté le 30 avril à Paris.

Le membre fondateur du collectif Electrafrique nous fait redécouvrir en presque 2 heures les différentes époques de la carrière de ce génie du rythme, au son reconnaissable entre mille, qui aura marqué l’histoire de la musique. Un mix magistral en hommage à sa longue et prolifique carrière, qui honore son travail et son génie créatif.

Il accompagne cette hommage musical d’une note d’intention touchante et personnelle à découvrir ci-dessous.

« Baba Tony ! Le papa a énormément marqué mon rapport à la musique. C’est rare que le grand public connaisse le nom d’un batteur. Dans son cas, on le connaissait surtout pour être « le batteur de… » et sa carrière a bien sûr bénéficié de son association avec Fela, mais il en a également peut-être souffert… lui qui a tellement fait pour l’afrobeat, lui qui est la définition même du beat de l’afrobeat. Il a évolué dans l’ombre du Fela extravaguant, revendicateur, génie créatif lui aussi, bien évidemment. J’avais envie de dire un peu son histoire musicale, ou plutôt d’en donner un aperçu, pour montrer la richesse et la diversité de son répertoire, qui va bien au-delà de sa participation au Africa 70 band (et Kola Lobitos avant ça) aux côtés du Black President.

Donc ce mix voyage à travers les époques, en s’ouvrant sur un morceau de 1979, « Love Is A Natural Thing » issu d’un album dont la thématique reste tristement encore toujours aussi actuelle, puisqu’il s’appelle No Discrimination. En cette période ou le combat antiracisme reprend le devant de la scène, j’ai trouvé assez symbolique de commencer là-dessus, pour montrer que Tony, même s’il préférait laisser parler les instruments, était aussi un musicien engagé, dont le message reste pertinent 50 ans plus tard ! Pour moi aussi, c’est l’un des plus emblématiques titre du jeu de batterie de Tony, qui ouvre le bal, et donne le ton tout au long des 9 minutes du morceau… c’est aussi un morceau qu’il a composé, arrangé et produit… ça donne une idée de l’étendue aussi de son talent.

Tony c’était aussi un grand fan de jazz. La forme la plus libre, la plus créative d’expression musicale. En fait je pense qu’il s’est toujours vu comme un jazzman. Sa technique de jeu est clairement influencée par le jazz. Et il ne faut pas oublier qu’à leurs débuts avec Fela et les Kola Lobitos, dans les années 60, ils évoluaient dans le répertoire highlife/jazz. Sa passion pour le jazz ne s’est jamais interrompue, et c’est peut-être le pan le moins connu de son catalogue. Pourtant il a sorti des perles comme son hommage a Art Blakey and the Jazz Messengers (2017) dont les morceaux « Moanin » et « Politely » sont tires, et des collaborations d’anthologie par exemple avec Hugh Masekela (paix a son âme), avec le morceau « Slow Bones » de l’album Rejoice sorti en mars dernier. Deux géants de la musique réunis autour d’un album que Tony a décrit comme « un genre de ragoût swing-jazz sud-africain/nigerian ».

Toujours curieux, toujours à l’affût de nouvelles sonorités, de nouvelles expériences créatives, on retrouve Tony au cœur de formations super variées, avec des musiciens de tous horizons. Il explore des vides brésiliens avec l’Aboyomy Afrobeat Orquestra et la reprise du gros classique « Lady » avec le regretté Manu Dibango, il part dans des trips plus hip-hop, rock, dub et électroniques avec la formation Rocket Juice & The Moon qui le voit collaborer avec Damon Albarn (Gorillaz) et Flea (Red Hot Chili Peppers) et des artistes comme la soul mama Erykah Badu. Sa touche marque aussi durablement la musique électronique, avec de nombreux remixes de ses œuvres, par exemple le « Kilode » remixé par Carl Craig ou encore ses collaborations sur le dernier album d’Oumou Sangaré entre autres. Mais dans ce registre, l’impact le plus marquant restera certainement l’album  Tomorrow Comes The Harvest qu’il a sorti avec Jeff Mills… une collaboration inédite entre deux géants. Detroit Meets Lagos, la techno rejoint l’afrobeat, une rencontre du troisième type, des sonorités rétrofuturistes, qui montre a quel point la musique de Tony est restée avant-gardiste, jusqu’au soir de sa vie.

Repose en paix, baba Tony.

Tracklist

1. The Afro Messengers & Tony Allen – Love Is A Natural Thing
2. Fela Anikulapo Kuti & The Africa 70 – No Agreement
3. New Cool Collective & Tony Allen – The Trip
4. Tony Allen & Hugh Masekela – Slow Bones
5. Tony Allen – Moanin’
6. Tony Allen – Politely
7. Fela Anikulapo Kuti & The Africa 70 – Colonial Mentality
8. Fela Anikulapo Kuti & The Africa 70 – Water No Get Enemy
9. Tony Allen – Black (Slow Instrumental)
10. Tony Allen, Theo Parrish & Eska – Day Like This (Rework)
11. Tony Allen – Afo Kunffu Beat
12. Rocket Juice & The Moon – Leave-Taking
13. Tony Allen & Aboyomy Afrobeat Orquestra ft. BNegao – Afro Beatz (Robin Leduc Remix)
14. Oumou Sangare ft. Tony Allen – Yere Faga
15. Manu Dibango ft. Tony Allen & Ray Phiri – Lady
16. Tony Allen – NEPA (Dance Dub)
17. Fela Anikulapo Kuti & The Africa 70 – Fear Not For Man
18. Tony Allen – Crazy Afrobeat
19. Tony Allen – Afro Disco Beat
20. Fela Kuti & Roy Ayers – 2000 Blacks Got To Be Free
21. Tony Allen – Kilode (Carl Craig Remix – Detroit Swindle Re-edit)
22. Tony Allen & Jeff Mills – Locked and Loaded (Edit)

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