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The Pan African Music Magazine
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Il y a 1 semaine

Amobé Mévéguè, homme de médias, de culture et de musique, nous a quittés

Le journaliste, producteur radio et TV, patron de presse et homme de culture Amobé Mévegué est décédé à Paris le 8 septembre, à l’âge de 53 ans. PAM lui rend hommage.

En cette période déjà sombre où la liste des artistes, femmes et hommes de culture qui nous quittent prématurément ne fait que s’allonger, on aimerait bien mettre en veilleuse les éloges funèbres, juste pour arrêter de parler de la mort qui cherche décidément à s’inviter partout. Aujourd’hui ne nous en laissera pas le loisir, puisqu’Amobé Mévéguè, qui était tout autant journaliste, producteur radio et télé, patron de presse qu’artiste, vient de nous quitter.

À Abidjan, les musiciens et journalistes venus pour le FEMUA sont sous le choc. Soum Bill, l’un des vieux pères du zouglou (les Garagistes, les Salopards), apprend la nouvelle à son arrivée sur le site où se tiennent les concerts. « C’est une claque, Amobé c’est un peu le grand frère qui était toujours prêt à partager ses expériences avec plus jeune que lui, qui nous avait fait prendre conscience de la valeur des choses, et voulait qu’on puisse faire de grandes choses à partir de nos traditions. Il nous a ouvert les portes de la radio, de la télé, nous donnait de sages conseils, et nous disait que c’était possible. »

Il est vrai que le jeune Alain Mévéguè, né au Cameroun et grandi en France, passionné de musique, s’était dès le milieu des années 80 fait une place sur les ondes (notamment sur celles de Tabala FM, première radio africaine établie en France), réalisant, une vie durant, avec passion cette idée fixe : célébrer l’Afrique, mettre en valeur ses cultures, ses civilisations, ses gens… et ceux qui en sont bien souvent les porte-paroles, les artistes. Réagissant sur RFI, Tiken Jah Fakoly ajoutait « C’est quelqu’un qui se battait tous les jours pour donner une image positive du continent africain. […] Je suis vraiment sous le choc. »

Cela, il l’aura fait avec un éclectisme et une générosité sans pareil : « ce n’était pas la musique seulement, souligne le journaliste Mory Touré, le cinéma, les arts plastiques, la littérature, le travail des associatifs, c’était tout ça ». Et de fait, durant de longues années (1994-2010) l’émission Plein Sud qu’il a présentée sur RFI ouvrait grand les portes à tous ces domaines, de manière joyeuse et éminemment positive, tentant de fédérer les énergies.
Il fallait d’ailleurs voir Amobé en studio, bourré d’énergie et d’humour, caler ses mots sur les intros des disques qu’il connaissait sur le bout des doigts, avec un sens du rythme métronomique… magistral. Touche-à-tout, infatigable bosseur et metteur en réseau, il aura fondé plusieurs magazines et revues, dont Afrobiz en 2000, mais aussi une chaîne panafricaine baptisée Ubiznews, et présenté l’émission musicale Acoustic sur TV5 et, depuis 2010, « À l’affiche » – le journal culturel de la chaîne France 24. 

Mory Touré, le journaliste et promoteur de Radio Africa était lui aussi profondément atteint en apprenant la nouvelle ce matin. Il était devenu ces dernières années un des correspondants les plus mobiles et fidèles d’Amobé, lui faisant remonter les derniers talents qui émergent jusqu’au plus profond des provinces. Car, rappelle-t-il, « Amobé pouvait donner sa chance à tout le monde, du plus grand au plus petit, parfois à des artistes totalement ignorés ». Comme Mory Touré, ils sont nombreux dans les domaines médiatiques à avoir appris de lui (j’en fais aussi partie), ou à avoir eu leur chance grâce à lui.

A’Salfo, le chanteur lead des Magic System et commissaire général du FEMUA, était lui aussi très ému :  « Au-delà de ce que nous avions en commun professionnellement (car il a beaucoup soutenu le FEMUA), je l’ai vraiment apprécié sur son engagement pour le développement culturel de l’Afrique. C’est une grande perte, car il part avec ses idées, sa vision. » Un hommage lui sera rendu, demain soir, lors de la première grande soirée musicale du festival. 

Que la terre te soit légère Amobé, toi qui par sale temps de Covid, avait lancé WAN, Worldwide Afro Network, réunissant des artistes, penseurs, citoyens, hommes de culture du monde entier, tous ayant à cœur le devenir du continent. « Avec WAN, se souvient Mory Touré qui en est le cofondateur, Amobé voulait laisser un grand truc à la postérité. On ne va pas laisser tomber. »

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