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The Pan African Music Magazine
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KOKOROKO : la vie au temps du coronavirus

Alors qu’ils sont confinés chez eux Sheila Maurice-Grey, trompettiste et voix de KOKOROKO et Yohan Kebede qui l’accompagne au clavier, nous racontent un peu de leur quotidien. 

Après la sortie de leur premier morceau « Abusey Junction » et ses 37 millions de vues sur YouTube, les concerts et interviews se sont multipliés pour ce groupe londonien de jazz-afrobeat. Avec seulement un EP à leur actif, les huit membres avaient commencé l’enregistrement de leur premier album avant le confinement. PAM les a contactés pour en savoir plus sur leurs journées en ces temps confinés.

Tout va bien pour vous ? Où êtes-vous confinés et avec qui ?

Sheila : Tout va bien, je suis à Londres, à la maison avec mes colocataires. 

Yohan : Moi aussi mais je suis avec ma famille. Tout va bien aujourd’hui, le soleil est au rendez-vous.

À quoi ressemblent vos journées ? 

Sheila : Je n’ai pas vraiment de planning défini. J’ai pas mal de temps pour pratiquer mon instrument, pour être plus créative. J’aime bien ce moment de confinement même si voir mes amis me manque. 

Yohan : J’essaye de trouver un équilibre entre la pratique et la relaxation.


Comment vivez-vous le fait de ne plus vous voir ?

Sheila : On a passé beaucoup de temps ensemble cette dernière année. Je les ai vu bien plus que je n’ai pu voir ma famille. Être à la maison sans contact quotidien avec eux est plutôt agréable pour l’instant. Ça nous fait une pause. (Rires)

Yohan : Depuis le mois d’avril dernier on était en tournée. C’est vrai que ça commençait à faire beaucoup de temps passé ensemble. (Rires)

Sheila : Mais ça me manque de jouer de la musique tous ensemble. Peu importe l’opportunité qui se présentera je serai très heureuse d’enfin retrouver cette sensation de jouer à plusieurs et devant un public. 

Yohan : Je pense que le prochain concert sera très spécial car nous aurons tous ressenti le même manque. Celui de jouer ensemble, de jouer de notre instrument à plein volume, de jouer devant et pour des gens.

Que faites-vous de nouveau ?

Sheila : Ça fait longtemps que je me suis mise à l’art. C’est l’occasion de m’y adonner plus souvent. Globalement je passe pas mal de temps avec moi-même, à pratiquer ce genre d’activités qui me font du bien mais qui sont habituellement trop chronophages. 

Yohan : J’écoutais déjà beaucoup de musique car c’est évidemment une grosse partie du travail de musicien. Mais mon écoute est très différente en ce moment. J’ai fait une liste de quelques albums que je voulais écouter d’une manière moins technique et plus curieuse. Parmi ces albums, il y en a un de Miles Davis : Seven Steps To Heaven qui est un bon exemple. Je le connaissais, mais je l’ai redécouvert. 

Sheila : Oui ! Cet album est incroyable. C’est marrant j’y pensais avant que tu ne le cites. 

Yohan : Les classiques de ce genre, on les connaît parce qu’on est musiciens et qu’on a étudié le jazz mais on les a écoutés pour en relever les partitions, on les a écoutés dans un but précis. En ce moment je me concentre sur l’album Resistance de Kamasi Washington, j’ai déjà beaucoup appris de celui-ci.

Et toi Sheila qu’écoutes-tu en ce moment ?

Sheila : De mon côté, j’écoute beaucoup de lives. Il y en a tellement en ce moment. Sinon je me suis remise à The Thing To Do de Blue Mitchell, je l’écoutais plus jeune et j’avais relevé l’une des chansons qui en est extraite, mais en le réécoutant avec du recul, ce que j’entend est différent. De manière plus technique, je me suis attaquée à quelques solos difficiles d’Herbie Hancock.

J’imagine que le confinement a eu un impact sur l’enregistrement de votre premier album. 

Sheila : On venait de sortir un morceau « Carry Me Home ». Ce confinement a évidemment affecté la suite logique. Nous ne pouvons plus enregistrer mais heureusement nous avons quelques chansons déjà enregistrées que nous pouvons continuer de fignoler. Pour la suite, tout le monde travaille de son côté et les méthodes diffèrent. Pour ma part j’ai aussi un synthé à la maison, ce qui m’aide à créer des mélodies que je travaille ensuite sur Logic. D’habitude chacun présente ses idées puis on travaille tous ensemble mais ces jours-ci on procède autrement. 

Yohan : On développe tous des pistes de notre côté vu qu’on ne peut plus se rassembler. On a tous besoin de redoubler de créativité sur Logic et de plus travailler en solo. Ça va être intéressant de voir si cette période de travail individuel va changer le son de l’album que nous avions en tête jusque là. Dans tous les cas ça nous laisse beaucoup de temps pour méditer à ce que l’on veut respectivement faire.

Vous avez un conseil pour vivre ce confinement de manière plus apaisée ?

Sheila : Je pense que c’est une occasion rare que d’avoir tout ce temps. Il est important d’en profiter pour tenter de trouver ce que l’on aime et pour nous reconnecter à nous-même. Peu importe ce que c’est, tout le monde a un potentiel créatif et peut l’explorer. 

Yohan : C’est une bonne occasion pour méditer sur ce qui peut être changé parmi nos mauvaises habitudes et de s’y essayer. Mais parfois les idées de travailler sur soi, de devenir meilleur et d’être productif introduisent trop de pression. Si ça ne vient pas c’est peut-être aussi que pour certains c’est un moment qui se prête plus à la relaxation, au fait de se laisser s’ennuyer, à ne rien faire. C’est bien aussi. Le plus important est de prendre soin de soi et de rester en forme mentalement parlant.

Qu’est-ce qu’il vous tarde le plus de faire ?

Sheila : Voir les gens que j’aime. Visiter des galeries, voir de l’art. Sinon, j’ai toujours voulu aller à Haggerston pour les all night jam sessions.

Yohan : Manger un bon plat au restaurant avec mes amis. Dans n’importe quel restaurant, tant qu’il est très fréquenté et qu’il y a beaucoup de monde. Ça me manque beaucoup les réunions autour d’une table et le bruit des gens heureux. Puis évidemment, qu’on se remette à tourner.

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