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David Walters, un songe éveillé

David Walters, un songe éveillé

À peine vient-il d’achever son aventure sous le Soleil Kréyol que David Walters trouve refuge auprès de la lune sur une première confession Nocturne intitulée « Freedom » en compagnie des maîtres Vincent Ségal, Ballaké Sissoko et Roger Raspail. Une session acoustique tout en clair-obscur, avant-goût de l’album qui sortira le 5 février prochain. 

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La nuit, source d’inspiration pour tous les compositeurs. Obscure et inquiétante, elle se révèle aussi sublime et mystérieuse lorsqu’elle recouvre l’espace de projection de nos états d’âme intérieurs. En compagnie de Vincent Ségal au violoncelle, Ballaké Sissoko à la kora et Roger Raspail aux percussions, le chanteur-guitariste David Walters, voyageur en terres de créolisations, livre un premier extrait de ses méditations Nocturne imaginées pendant le confinement. Un voyage intérieur né de journées passées à composer seul à la guitare classique, puis de sessions acoustiques avec Vincent Ségal sur l’album Soleil Kréyol. Très intime et en même temps vécu comme un moment d’évasion face à l’atteinte portée à la liberté d’expression pour les artistes privés de concerts depuis bien trop longtemps, ce feu sacré maintient la flamme allumée dans un instant de grâce lunaire inoubliable. D’une sensibilité à fleur de peau, ce retour aux sources teinté de mélancolie est aussi l’occasion pour David de poursuivre ses poésies créoles pacifistes avec en référence Fela Kuti et sa célèbre phrase « Music is the weapon » – « La musique est une arme » et le meilleur moyen de se libérer.

Pourquoi avoir eu envie d’un album avec le grand joueur de kora Ballaké Sissoko, le violoncelliste Vincent Ségal et le percussionniste Roger Raspail ? Est-ce une manière de poursuivre un dialogue musical entre les Antilles et l’Afrique sur un ton plus apaisant qu’auparavant ? 

Au départ l’idée est née parce que pendant le confinement j’ai fait des sessions acoustiques avec Vincent Ségal qui a joué sur l’album Soleil Kréyol – et au bout de deux sessions je lui ai dit que ce serait génial de faire une session studio ensemble, parce que j’aimais bien ce côté acoustique sans filet. Vincent m’a dit que c’était une bonne idée, et là je lui ai dit que ça serait encore plus génial s’il y avait Ballaké Sissoko puisque je connais leur duo, notamment sur l’album Chamber Music, et Vincent m’a dit que ça serait génial d’inviter Roger Raspail. Et moi Roger je le connaissais puisqu’on a joué ensemble il y a quelques mois donc j’étais ravi, d’un seul coup l’équipe était montée et ça paraissait dingue que ça puisse se faire aussi facilement ! Ensuite je ne pense pas que Ballaké soit représentant de l’Afrique, je ne pense pas être représentant des Antilles, je crois que c’est plus une rencontre d’hommes. Moi je suis fan de Chamber Music et de Musique de nuit – les albums de Vincent Ségal et Ballaké Sissoko, c’est vraiment les albums que j’écoute pour m’apaiser depuis des années. Ce sont mes albums de chevet donc c’est quasiment un rêve de gosse. 

D’où vient ce besoin de revenir à des compositions acoustiques en studio ? 

Ce confinement m’a ramené à des compositions acoustiques puisque d’un seul coup c’est comme un retour à la base. On a passé des mois tous enfermés, donc j’ai fait énormément de live électro évidemment, mais j’étais à la maison avec les enfants, la famille, et j’ai ce souvenir d’avoir tout de suite pris la guitare acoustique. J’ai commencé à composer assez rapidement – je crois que c’était le soir où Macron nous a dit qu’on était confiné. J’ai joué énormément de guitare classique et en fait comme j’étais au milieu de la famille, je m’isolais dans une pièce et j’ai eu tendance à jouer doucement, en arpège… Je chantais doucement aussi parce qu’on était dans une cohabitation et je ne voulais pas déranger la famille donc j’étais plutôt dans mon coin puis rapidement, j’ai eu la matière. 

De quoi parle ce premier extrait « Freedom » où tu chantes en créole ? 

J’ai commencé à écrire ce texte parce que Wyclef Jean avait lancé un appel suite à tous les meurtres de blacks qu’il y a aux US, et il disait : « faites-moi un texte et dites-moi ce que c’est votre vision de la liberté ». Donc j’ai fait ce texte, j’ai commencé à l’écrire et je l’ai fini pour l’album. C’est un texte qui fait référence à Fela Kuti quand il disait « La musique est une arme » et c’est vrai que la musique est une arme qui tire vers l’avenir et tant que nous, artistes, on peut s’exprimer, on peut se servir de la musique comme levier pour nous libérer déjà nous-mêmes, sans parler des autres… Je pense que le monde, on le change déjà chez nous avant de vouloir changer la planète entière donc c’est un texte qui fait référence à Fela Kuti et à cette phrase qu’il disait «Music is the weapon» – c’est une arme qui peut nous libérer. C’est pour ça que c’est très dur en ce moment comme il n’y a pas de concerts, c’est compliqué parce que c’est quasiment une atteinte à la liberté d’expression. Les artistes ne peuvent plus s’exprimer et on sait le poids que peuvent avoir les artistes… C’est une parole qui est importante et qui nous manque en ce moment. 

David Walters – Freedom, avec Vincent Segal, Ballaké Sissoko et Roger Raspail

On a rarement entendu ta voix aussi sensible, presque rêveuse, comment cela se fait-il ? 

Oui parce que c’est aussi un voyage intérieur. Comme j’ai composé au milieu de la famille en plein confinement, il y avait cette idée de ne pas déranger les autres et que ce soit quelque chose de très intérieur, un peu comme une confession. Il y a aussi quelque chose qui est certain c’est que, comme on a enregistré en acoustique avec Vincent, Ballaké et Roger sans casque et sans clic (petit bip dans le casque des musiciens qui permet de garder le tempo en studio, NDLR), il se passe quelque chose dans la voix et dans le jeu de chacun par le fait qu’on ne peut pas jouer fort, donc il y a quelque chose aussi au niveau des instruments : la guitare c’est l’instrument le moins fort, ensuite il y a la kora, le violoncelle et la percussion. On est obligés d’adapter nos volumes tous dans la même pièce les uns à côté des autres, on ne peut pas jouer fort, on ne peut pas crier, c’est vraiment différent, c’est beaucoup plus sensible et ce que je raconte aussi est plus sensible, beaucoup plus intérieur que sur Soleil Kréyol. C’est pour ça qu’il y a ce ton aussi sensible et puis aussi ce sont des one shot, les morceaux sont enregistrés du début à la fin, c’est pas du tout une production studio, c’est vraiment une production acoustique où on fait une prise et on garde la meilleure. 

L’album s’appelle « Nocturne », est-ce une référence à Chopin ? 

Carrément. D’abord parce que Nocturne c’est un mouvement de musique classique, c’est un peu mélancolique on va dire, et alors bizarrement je ne connais rien en musique classique (rire) mais il y a une seule chose que j’écoute en plus de Chamber Music, Ali Farka Touré et Toumani Diabaté, c’est les Nocturnes de Chopin et ça depuis des années ! Je suis capable de le mettre au casque en sortant du studio. C’est une musique qui me pose et qui est pure, et oui, quelque part c’est une référence à Chopin, c’est marrant que vous ayez relevé ça. 

La kora est un instrument emblématique de la musique malienne, cet album n’est-il pas finalement synonyme de retour aux sources par la musique « classique » ? 

Pour moi la kora c’est un instrument de musique classique malienne donc oui quelque part c’est ça, avec le mélange du côté baroque avec le violoncelle de Vincent, oui c’est une musique classique un peu world on va dire mais quelque part je trouve que ce que font Vincent et Ballaké c’est de l’orfèvrerie. C’est pour ça que je les classe à côté des Nocturnes de Chopin ou Toumani Diabaté et Ali Farka Touré, ce sont des albums qui sont complètement purs, des albums d’immersion. 

À quoi doit-on s’attendre pour la suite de cet album ? 

Cet album va aller sur scène, il y aura quelques concerts et c’est très excitant de me dire que je vais jouer avec Roger aussi à la percussion, qui propose des couleurs et des palettes incroyables entre le Ka traditionnel ou le triangle et des petites percussions sensibles comme ça. Je suis très heureux parce qu’on va aller sur scène et finalement ça ne sera pas si différent des sessions studio, je pense que ça va être des supers moments donc je suis très excité et je vais continuer quand même la tournée Soleil Kréyol dans la version électro, en solo et en trio. 

Vous serez tous les quatre à La Cigale le 11 mars, dans quel état d’esprit es-tu pour ce concert à venir ? 

Je suis très excité et je pense que c’est un projet qui est intemporel. On sera sûrement amené à jouer plusieurs années dans des cadres un petit peu exceptionnels. Je suis ravi de ça, parce que travailler aux côtés de ces musiciens c’est énormément de sérénité, c’est une équipe qui me porte et qui me tire vers le haut, ça serait comme jouer au foot avec Zidane (rire). On est meilleur aux côtés de gens comme ça, et puis ce qui est fantastique c’est leur expérience, leur bienveillance – Ballaké joue quand même dans l’Orchestre national du Mali depuis l’âge de sept ans, Roger Raspail a joué avec énormément de monde et Vincent a joué avec Sting et Cesaria Evora, donc c’est des gens qui ont une expérience énorme et qui sont toujours de bon conseil, ils travaillent vraiment dans le détail donc c’est une super expérience de travailler avec des musiciens comme ça et c’est aussi un cadeau que m’a fait mon producteur parce que je suis arrivé avec une nouvelle idée alors que je venais quasiment de sortir Soleil Kréyol. C’est magique et je pense que la scène va être comme l’enregistrement, simple et fluide. 

L’album Nocturne sortira le 5 février prochain sur le label Heavenly Sweetness.

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