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The Pan African Music Magazine
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Monrhea, la club music engagée sur tous les fronts

La productrice kényane dévoile le clip de « Mama », extrait de la compilation African Electronic Diaspora, dont l’objectif consiste à encourager le mouvement Black Lives Matter et à soutenir financièrement différentes organisations luttant contre le racisme.

Membre de female:pressure, Monrhea est également engagée contre le sexisme et la transphobie dans le milieu musical. Elle utilise la musique comme un véritable outil de solidarité, toujours partante pour transmettre ses idées et ses compétences. Elle participe ainsi au collectif Byte, dont la plateforme sur la chaîne Currents rassemble différentes créations et performances. L’artiste y organise notamment des ateliers de codage musical. Son prénom renvoie d’ailleurs à la profondeur, à l’image de ses morceaux nous invitant à l’introspection. Avec son mélange unique de techno, bass music, hip hop et polyrythmies africaines, Monrhea est l’une des rares femmes qui fait vibrer Nairobi, inspirée par le continent et sa diaspora. Interview.

Quelles sont vos principales inspirations musicales ? Et dans la musique électronique ?

Monrhea : Je m’inspire d’artistes tels que DJ Raph et KMRU qui, avec leur musique, ont montré que l’on peut expérimenter et essayer différentes choses. Je suis également inspirée par les approches africaines de la musique, comme l’utilisation de la polyrythmie dans la structure des chansons. J’ai d’ailleurs exploré des façons d’incorporer cela dans certaines de mes productions. Un bon exemple serait justement le morceau « Mama ». En ce qui concerne la musique électronique, j’aime la liberté, ce qui laisse place à la créativité.

Vous avez fait partie du projet African Electronic Diaspora, une compilation réalisée pour soutenir le mouvement Black Lives Matter. Pensez-vous que la musique puisse aider à construire un véritable mouvement panafricain, partout dans le monde ? Et qu’avez-vous souhaité lui apporter avec votre titre « Mama » ?

Monrhea : Oui, je pense que la musique peut aider à construire un véritable mouvement panafricain. La musique est connue pour avoir une influence puissante sur les gens. Elle a été utilisée pour délivrer des messages et rassembler les individus. C’est un moyen de communication qui s’adresse directement à votre esprit et à votre âme. Et pour cette raison, si nous utilisons intentionnellement la musique comme un outil pour partager des informations relatives aux personnes ou aux émotions que nous ressentons à travers la musique, alors elle a la capacité de rassembler les gens. Le morceau « Mama » correspond à l’appel d’une fille à sa mère. Cela peut représenter le cri qui a été lancé pour la libération de notre peuple.

Pensez-vous qu’il soit plus difficile, en tant que femme, de mener la scène des clubs comme vous le faites ? Avez-vous été confrontée au sexisme lors de la construction de votre carrière musicale ?

Monrhea : Oui. Je pense que c’est encore le cas actuellement mais les choses changent de façon indéniable. Par exemple, je suis membre de female:pressure, une organisation composée de femmes, d’artistes trans et non-binaires, qui agissent comme un système de soutien et s’offrent des opportunités les unes aux autres. Je pense que le sexisme dans la scène de la musique électronique est un problème institutionnel, comme en témoigne un projet de recherche annuel, mené par female:pressure, qui a débuté en 2012 pour mettre en évidence la disparité entre les genres, dans le booking des festivals de musique dans le monde. Cela a constamment montré que les hommes étaient bookés pour plus de spectacles que les femmes. Avec de telles organisations, prenant le temps de souligner ces préoccupations, j’ai bon espoir concernant un avenir où les voix des femmes dans la musique seront grandement représentées.

Dans le clip « Mama », nous sommes hypnotisés par les tourbillons en mouvement sous différentes formes, représentant une ville. Que vouliez-vous symboliser à travers cela ?

Shivangi Jain (la réalisatrice) : La chanson « Mama » m’a donné un sentiment d’organicité et de terre nourricière. Je voulais faire quelque chose de rustique avec une vue de la ville. Toutes les structures se sont transformées en masses d’argile amorphes lorsque j’ai écouté la musique, je l’ai simplement traduit à l’écran.

Monrhea : « Mama » est un mot en swahili, mais aussi dans d’autres langues, qui signifie « mère ». Ce morceau représente l’appel d’une fille à sa mère. Il invite également l’auditeur à réfléchir à ce que le terme « mama » signifie pour lui. Non seulement aux qualités d’une mère en tant que parent féminin, mais aussi à notre relation avec la Terre Mère, la Mère Divine ou encore la féminité. Il s’agit de comprendre leurs qualités ainsi que leurs rôles dans nos vies et dans le monde en général, afin de nous accorder plus d’espace pour construire notre relation, de l’améliorer par nos soins, notre respect et le temps que nous consacrons au fait de nous connecter à la Nature.

Le but est de reconnaître que nous devons davantage entrer en connexion avec notre mère spirituelle. Les visuels hypnotiques aux couleurs de la terre, mais aussi la nature expérimentale afro-polyrythmique de la musique offrent l’espace et le temps nécessaires pour y réfléchir. La voix féminine, cette fille qui appelle sa mère dans le morceau, nous représente. Alors que nous recherchons souvent l’aide et les conseils de nos pères dans nos vies et dans nos pratiques spirituelles, appelons aussi notre mère, la Mère Divine. Elle nous attend.

Ce titre fait partie de la compilation African Electronic Diaspora, qui réunissait des artistes africains ou afro-descendants de la diaspora mondiale, principalement des artistes de musique électronique basés dans leur pays natal. L’objectif de cette compilation est de collecter des fonds pour diverses ONG, aussi bien nationales qu’internationales, des groupes de défense contre le racisme ainsi que des organisations aidant des populations noires. Tous les bénéfices seront reversés à ces causes. 

Commandez l’album African Electronic Diaspora: Black Lives Matter, via Rebel Up! Records.

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