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Dans les disques de Franck Descollonges : Blaxploitation and more
(c) PF Garcier

Dans les disques de Franck Descollonges : Blaxploitation and more

Cet été encore, le patron du label Heavenly Sweetness nous écrit pour partager les trésors de sa discothèque. À lire et écouter sans modération. Aujourd’hui, Blaxploitation and more…

Je ne sais pas si c’est le fait de vieillir ou l’opportunité que j’ai eu récemment de racheter la collection de vinyles d’un ami, mais je me suis replongé à fond dans la soul et le funk depuis quelques mois. Des musiques qui correspondaient plus pour moi aux années 90 et le moment où j’ai commencé à collectionner des LPs, découvrant la musique noire grâce aux samples utilisés dans le hip hop.

A l’époque, comme beaucoup,  je cherchais les disques de la sainte trinité du groove : James Brown, Roy Ayers (dont je vous ai parlé l’année dernière) et Bill Withers (RIP). J’ai ensuite approfondi mes recherches et découvert toutes ces BO de film Blaxploitation absolument géniales, qui demeurent des “classics” de ma discothèque. 

Quincy Jones – They Call Me Mister Tibbs (1970)

J’ai toujours tendance à dire qu’on ferait mieux de célébrer les artistes de leur vivant, plutôt que lors de leur décès. Au moins, ils en profitent !

Et nous avons encore la chance de compter parmi nous deux génies de la musique : Herbie Hancock et Quincy Jones. Deux hommes qui ont quasiment tout connu de la musique noire américaine moderne et qui l’ont surtout révolutionnée à plusieurs reprises.

On pourrait écrire des livres entier sur la carrière de Mister Q, je vous recommande d’ailleurs chaudement la lecture de son autobiographie, beaucoup plus intéressante que le récent documentaire sur Netflix.

En 1970, quand sort cette BO, Quincy  est déjà devenu depuis plusieurs années l’un des principaux compositeurs de “score” à Hollywood et en pleine explosion funk, Mister Jones, tout comme Lalo Schifrin, enchaîne les BO funky et énergiques.

Dans ce soundtrack instrumental, les titres survitaminés à la guitare funk et aux cuivres énergiques côtoient des plages beaucoup plus contemplatives et jazzy. La puissance de l’orchestre est tout en contrôle et en finesse, ce qui permet d’avoir un album qui s’écoute avec plaisir du début à la fin, avec notamment plusieurs variation du thème principal.

Willie Hutch – The Mack (1973)

On arrive un peu plus tard dans la Blaxploitation, tous les grands noms de la  soul et du funk se sont essayé à l’exercice (Curtis Mayfield “Superfly”, Marvin Gaye “Trouble man”, James Brown “Black Caesar”, Isaac Hayes “Shaft”…) pour des BO qui sont souvent nettement plus intéressantes que les films. À de rares exceptions comme “Foxy Brown” avec la divine Pam Grier, composé par le tout aussi divin Willie Hutch dont l’album, qui répond au doux nom de The Mack, est sorti l’année précédente.

Willie Hutch est un guitariste, chanteur et arrangeur de talent qui a longtemps travaillé pour la Motown, et qui est derrière plusieurs hits de Diana Ross, Marvin Gaye ou des Jackson Five (il a composé « I’ll be there »). J’adore sa voix et ses arrangements, jamais trop chargés et toujours au service du groove. J’ai quasiment tous ses albums.

Ce soundtrack de pure Blaxploitation est principalement vocale et dégouline de choeurs, chordes et cuivres… 

Mais le morceau de bravoure est “Brother’s gonna  work it out” un des mes titres préférés ever, je ne m’en lasse pas et  vous pouvez souvent l’entendre dans mes DJ sets. Pendant un moment, les Chemical Brothers commençaient tous leurs DJ sets par l’intro à la flûte avant d’enchaîner avec leur big beat imparable. A real classic.

Sister Sledge – Love Somebody Today (1980)

Là normalement vous vous interrogez sur la pertinence de ce choix… moi aussi !

En effet, j’ai trouvé ce disque en brocante il y a quelques mois.  Je vois le vinyle à 1€, j’hésite à le prendre n’étant pas spécialement intéressé par le groupe ni par la pochette. Je me dis “tu as déjà tellement de disques, que tu ne sais plus où les ranger, à quoi bon en rajouter inutilement…” Finalement je craque, et  là de retour à la maison… grosse claque.

L’album est produit par Bernard Edwards et Nile Rodgers, les deux hommes derrière Chic et deux de mes héros musicaux.

On retrouve ici la magie disco de Chic associée aux harmonies vocales des quatre sœurs. Ce que j’aime dans cet album c’est qu’au delà de titres disco et sur-efficace comme “Got to love somebody today” on trouve de magnifiques ballades comme “I’m a good girl” ou “Easy street”, titre méconnu à redécouvrir. Il a d’ailleurs été repris par Lizzy Mercier Descloux quelques années plus tard. Comme quoi, l’habit ne fait pas le moine et il faut savoir rester curieux !

Comme d’habitude, vous pouvez retrouver le son sur les playlists Deezer et Spotify même si la BO de Quincy Jones n’est pas dispo. Étrange.

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