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Dans les disques de Franck Descollonges : Into the blues
(c) PF Garcier

Dans les disques de Franck Descollonges : Into the blues 

Cet été encore, le patron du label Heavenly Sweetness nous écrit pour partager les trésors de sa discothèque. Aujourd'hui il se penche sur le blues !

Cette semaine, c’est un peu voyage en terre inconnue car je vais vous parler de blues, musique que je connais très mal et qui n’est pas une grosse part de ma collection,  même si paradoxalement le blues infuse une grande partie des vinyles que j’aime. On va donc laisser parler le cœur et les oreilles….

Howlin’ Wolf – The Howlin’ Wolf Album (1969)

Pour ceux qui ont suivi les chroniques de l’été dernier, je vous parlais d’un de mes producteurs préférés, Charles Stepney. C’est grâce à lui que j’ai découvert cet album ainsi que les autres albums de blues du label Cadet Concept. Ce dernier a été fondé par Marshall Chess, fils du fondateur de Chess/Cadet Records, pour produire des albums  soul/rock psychédélique plus dans l’air du temps de la fin des 60’s. Une sorte de laboratoire d’expérimentation au sein des vénérables maisons Blues et Jazz qu’étaient Chess et Cadet à l’époque.  Marshall Chess et son producteur de confiance Stepney ont n’ont seulement produit et lancé Rotary Connection (Groupe de Minnie Ripperton) mais ont aussi donné un sacré coup de jeune à deux stars du blues vieillissantes du label de Papa : Howlin’ Wolf et Muddy Waters.

Sur cet album, les hurlements du loup sont soumis à une montagne d’effets psychés, de guitares fuzzs et saturés, de flûtes libres et autres  breakbeats de batterie. Les grooves sont longs et répétitifs, ont comprend facilement que cet album ai fasciné plus d’un producteur de Hip-Hop.

On comprend aussi complètement que, comme l’indique cette géniale pochette, Howlin’ Wolf n’ai que moyennement apprécié le bain d’acides dans lequel on a plongé son blues du delta. Choc des cultures et des générations qui donne un album inclassable et intemporel.

Pour les fidèles d’Heavenly Sweetness, vous reconnaîtrez le clin d’œil que nous avons fait à cet album et sa pochette pour le maxi “Role Play” de Leron Thomas.

Muddy Walters – Folk Singer (1964)

J’aurais pu vous parler de Electric Mud ou After the Rain, les deux excellents albums enregistrés sur Cadet Concept mais j’ai choisi un album plus ancien car j’ai vécu une expérience auditive avec ce LP.

Il y a quelques années, je me trouvais chez Analog Collector de feu Rémi Vimard (RIP), très bon disquaire et surtout audiophile hors pair. Il vendait du matériel incroyable et c’est chez lui que j’allais valider les tests pressings de nos rééditions Blue Note. Au cours d’une longue et passionnante discussion sur le son, il met sur la platine la réédition audiophile de cet album. Et là, dans sa petite boutique j’avais l’impression d’avoir Muddy Walters qui chantait à coté de moi, et à un mètre, Buddy Guy à la guitare. J’étais au milieu du studio d’enregistrement. Je ne connaissais pas cet album, mais son intensité, sa simplicité, son authenticité m’ont sauté aux tripes. 

Je ne sais pas quel est le génie qui a enregistré cet album, avec des moyens techniques rudimentaires, mais on entend tout… le bruit des doigts sur les cordes de la guitare… le souffle & les murmures du chanteur…. Un beau disque du soir. Rural et profond.

Fenton Robinson – Somebody Loan Me a Dime (1974)

Là encore, un vinyle sur lequel je suis tombé complètement par hasard chez un disquaire parisien (feu Groove Store dans le 17ème). Ils avaient toujours plein de disques en arrivage direct des US et j’aimais aller y passer des après midi à écouter des disques inconnus dont les pochettes m’avaient tapé dans l’œil.

Dès le début de l’écoute, j’ai eu un coup de foudre pour ce disque alors que je n’écoutais pas du tout de blues. La voix de Fenton Robinson m’a fait pensé à Sly Johnson voir Al Green, et les arrangements de claviers et de cuivres rappellent vraiment Hi Records. On est vraiment dans ce qu’on appelle le rhythm & blues, à la croisé de la soul et du blues. 

Cet album est au fil des années devenu un classic de ma discothèque. Pas le plus rare, le plus cher, le plus réussi, mais un vinyle que j’ai toujours plaisir à écouter.

En plus j’adore l’histoire du mec qui a fondé le label, Malligator. À 23 ans, il a mis toutes ses économies sur le tapis pour monter un label et produire son groupe préféré Hound Dog Taylor and The Houserockers. Ça a marché et le label continue d’exister. De mon coté j’ai commencé à l’âge du Christ et j’espère bien continuer aussi longtemps !

Pour l’occasion je vous ai concocté une petite playlist blues qui, j’espère, vous plaira. À retrouver sur Deezer et Spotify.

J’en profite pour remercier les amis de l’excellent magazine Soul Bag, avec qui j’ai partagé des bureaux pendant 3 ans et qui m’ont aidé à mieux connaitre le blues… et pleins d’autres bonnes musiques. On a un beau projet en commun, j’espère qu’il verra bientôt le jour.

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