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Dans les disques de Franck Descollonges : Blue Note summer hits

Cet été encore, le patron du label Heavenly Sweetness nous écrit pour partager les trésors de sa discothèque. À lire et écouter sans modération. Aujourd’hui, les tubes estivaux du label à la note bleue…

Cette semaine, on part à New York, digguer un peu le catalogue Blue Note, qui prend une large place dans ma discothèque. Notamment grâce au deal un peu fou que nous avons eu il y a quelques années avec le mythique label pour rééditer en vinyle les perles du catalogue. Heavenly Sweetness a ainsi réédité 36 albums au total. Nous avons essayé dans nos choix de varier les époques et les styles, mais surtout de faire découvrir des LP moins connus, mais tout aussi bons que les « standards ».

Donald Byrd – A New Perspective (1964)

À tout seigneur, tout honneur, on commence par le trompettiste Donald Byrd, véritable star de Blue Note, chez qui il a enregistré plusieurs dizaines d’albums. Pour ceux qui ont suivi nos aventures, l’année dernière je vous avais parlé de son Street Lady produit par les frères Mizell, période jazz funk 70s. Cette fois, on est en 1963, dans un style beaucoup plus « classique », mais tout aussi bon.

Dès le titre et la pochette, tout est dit, le trompettiste change de perspective et va moderniser sa musique pour atteindre les sommets du soul jazz. Voir du spiritual jazz car sur cet album, en plus d’un band comprenant le jeune Herbie Hancock au piano, Kenny Burrel, Hank Mobley… il y a aussi une chorale qui amène un côté céleste et religieux à l’ensemble. 

Dès le premier titre, le somptueux « Elijah », on est plongé dans une ambiance « Churchy » et d’une étonnante modernité pour l’époque. Je me souviens avoir découvert ce track et l’album dans le club lyonnais La Marquise dans les 90s, le DJ anglais Keb Darge l’avait joué en fin de soirée après plusieurs heures de soul et de funk, et les gens étaient devenus dingues. 

Depuis ce vinyle est pour moi comme un vieil ami, chaque fois que je le remets sur la platine, c’est avec le même plaisir et il m’évoque plein de souvenirs.

À noter que cet album marque les débuts de producteur chez Blue Note d’un certain Duke Pearson, pianiste repéré par Donald Byrd quelques années auparavant et qui va produire de nombreux albums pour BN jusqu’à au début des 70s. C’est aussi Duke Pearson qui va écrire l’autre hit de cet album, « Cristo Redentor », un titre inspiré du Brésil qu’on peut écouter en boucle tout l’été ! Voir toute l’année.

Duke Pearson ‎– The Phantom (1968)

En plus d’avoir produit et arrangé de nombreux albums pour d’autres artistes, Duke en a sorti plusieurs sous son nom et je vous les recommande tous. C’est définitivement un de mes artistes préférés sur le label bleu. 

Là encore, on retrouve ce qui fait la force de Blue Note, une magnifique pochette, un contenu musical tout aussi beau, et un excellent son en vinyle. Cet album marie le jazz et l’exotica, genre en vogue dans les années 50 sous la houlette de Les Baxter, mettant en avant les percussions et des instruments comme le vibraphone (ici on retrouve Bobby Hutcherson).

Sur le long titre éponyme, on se retrouve plongé dans une jungle de percussions, guidé par une flûte envoûtante, avec quelques notes de piano comme rares repères. Un vrai trip qui vaut à lui seul l’achat de cet album.

Le reste du LP se tient très bien, grâce à la finesse des arrangements de Pearson, et l’omniprésence de la flûte et du vibraphone. 

Bobby Hutcherson & Harold Land ‎– San Francisco (1971)

Là encore, un album d’une surprenante modernité pour l’époque. Enregistré au début des années 70, on n’est pas du tout dans le funk ou la fusion, mais plutôt dans du post-bop sombre et sophistiqué, avec une touché West Coast. Dans cette session, le groupe n’est pas très large :  basse, batterie, piano, saxophone et vibraphone seulement, mais on comprend pourquoi cet album a tant influencé des producteurs hip-hop. Le beat est super précis et régulier et les thèmes de Sax et Vibraphone sont hypnotiques, créant une ambiance profonde et cinématique. La complicité entre Bobby Hutcherson et le saxophoniste Harlod Land est évidente. 

Un bel album à écouter sans modération du début à la fin, pendant vos siestes et autres temps calmes estivaux.

Je vous invite également à aller jeter une oreille aux autres albums de Bobby Hutcherson, que ce soit sa période 60s ou ses albums plus tardifs. C’est toujours bien.

Retrouvez la sélection de Franck sur les playlists Deezer et Spotify.

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