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The Pan African Music Magazine
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En Ouganda, le reggae de Bobi Wine contre le coronavirus

Bobi Wine, star de la musique reconvertie en député et principale figure d’opposition face au président (à vie ?) Yoweri Museveni, a publié mercredi “Corona Virus Alert”, une chanson pour aider à prévenir la propagation du coronavirus en Ouganda.

Alors que la pandémie a mis du temps à atteindre l’Afrique, le continent est à son tour durement touché par le Covid-19. L’Organisation Mondiale de la Santé appelle le continent africain, depuis plusieurs jours déjà, à “se réveiller” et à “se préparer au pire” face à la propagation du virus : car s’il demeure toujours moins touché que la Chine, l’Europe ou les Etats-Unis, l’augmentation rapide du nombre de cas pousse de plus en plus de pays à adopter des mesures drastiques. Le dépistage massif ni le confinement total ne sont encore systématiques, mais du nord au sud, c’est la prévention qui prime et même les artistes s’y mettent ! 

En Ouganda, c’est le cas de Bobi Wine avec “Corona Virus Alert”, un manuel de prévention entre rumba et reggae enregistré en featuring avec son confrère ougandais Nubian Li. En anglais comme en luganda, les deux artistes y donnent des conseils pratiques – “veillez à vous laver les mains régulièrement / gardez vos distances” – et énumèrent les différents symptômes provoqués par le virus, comme la fièvre et la toux. « La mauvaise nouvelle est que tout le monde est une victime potentielle, mais la bonne nouvelle est que tout le monde est une solution potentielle » estime Bobi Wine, optimiste, dans les paroles de la chanson.

L’Ouganda, qui comptait 14 cas de Covid-19 le 26 mars, a déjà activé une série de mesures comme la fermeture des frontières ou l’interdiction des rassemblements culturels et publics pour contenir l’épidémie. Joel Ssenyonyi, le porte-parole de Bobi Wine, a par ailleurs déclaré à l’agence Reuters que le chanteur avait distribué des communiqués de presse sur le Covid-19, et distribué des bidons d’eau et du savon pour favoriser le lavage des mains dans plusieurs quartiers de Kampala, la capitale ougandaise. Car si la musique est une façon créative de communiquer et de faire passer un message, Bobi Wine a à cœur de prouver qu’il est un homme de terrain, au service de sa communauté. 

Élu député en juillet 2017, alors qu’il pouvait déjà se vanter d’une jolie carrière dans le reggae amorcée au milieu des années 2000, Bobi Wine est devenu en deux ans la bête noire du président Yoweri Museveni qui, âgé de 75 ans, est à la tête du pays depuis 1986. Toujours coiffé de son béret rouge, “le Président du Ghetto” incarne aujourd’hui l’espoir d’un renouveau pour la jeunesse ougandaise, sur laquelle il s’appuie amplement pour faire campagne contre Museveni et son gouvernement – malgré plusieurs arrestations et tentatives d’assassinat. “Au nom du peuple d’Ouganda, je défie Yoweri Museveni lors d’une élection libre et juste en 2021” a-t-il tout de même déclaré en juillet 2019, lors de l’annonce officielle de sa candidature aux élections présidentielles. Ce n’est pas la première fois que Bobi Wine utilise la musique pour faire passer des messages : avec “Afande”, il dénonce les abus de pouvoir de la police quand dans “Freedom”, il tire à boulets rouges sur les dérives autoritaires du président ougandais. 

En Ouganda, où près de 50% de la population est âgée de moins de 15 ans, la musique joue un rôle déterminant dans la vie politique ou citoyenne du pays car elle circule vite, via bluetooth et WhatsApp notamment. Dans les années 90, le crooner Philly Bongoley Lutaaya a eu lui aussi son rôle à jouer dans la lutte contre le VIH avec des chansons de sensibilisation du grand public. 

Ailleurs en Afrique, d’autres artistes se mobilisent dans la course-contre-la-montre contre le coronavirus, tels que le collectif hip-hop activiste Y’en A Marre au Sénégal avec “Fagaru Ci Coronavirus”, le célèbre ensemble sud-africain Ndlovu Youth Choir avec “Wash Your Hand” et sa chorégraphie très tonique, ou encore le duo togolais Toofan, qui ressort son “Se laver les mains au savon”, initialement paru en 2013 dans le cadre d’une campagne de l’UNICEF. 

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