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The Pan African Music Magazine
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100 femmes à écouter le 8 mars (et les autres jours)
Awori

100 femmes à écouter le 8 mars (et les autres jours)

En cette Journée internationale des droits des femmes, PAM vous propose une playlist dont les femmes africaines ou afro-descendantes sont les héroïnes. Un hommage aux femmes, à leurs luttes, et à leurs victoires passées et futures.

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Awori

En 1910, lorsque les membres de l’Internationale Socialiste s’étaient réunis à Copenhague, Clara Zetkin, militante féministe allemande, avait proposé de consacrer un jour à la mobilisation des femmes sur toute la planète. L’objectif était de revendiquer le droit de vote, mais aussi d’éradiquer les discriminations sexistes dans le cadre professionnel. Désormais, le 8 mars fait partie des journées internationales reconnues au sein de l’Organisation des Nations Unies et a donné lieu ces dernières années à de nombreuses grèves et manifestations parfois spectaculaires, comme en Argentine, en Espagne, en Pologne ou encore en Turquie.

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Malgré les nombreux efforts qu’il nous reste – femmes et hommes – collectivement à mener, nous avons choisi de célébrer cette journée en musique, grâce à cent artistes, cent femmes africaines qui ont marqué cette année, et qui évoquent dans leur art (et dans tous les genres musicaux) différents aspects de la féminité (qu’elles soient en lead ou en featuring). Voilà pourquoi l’album Ranavalona d’Awori & Twani, sorti le 5 mars, tombe à pic. La chanteuse et rappeuse ougandaise a dédié ce projet à la dernière reine de Madagascar, Ranavalona III, afin de célébrer les grandes figures féminines panafricaines, trop souvent oubliées : « Je trouve que cette reine a lutté à sa façon, en essayant de préserver sa culture et son peuple. Je pense que même lorsque ça ne se termine pas en happy end, ce n’est pas grave, la lutte mérite aussi d’être célébrée. »

La rappeuse malienne Ami Yerewolo nous invite également à persévérer dans le combat contre le sexisme avec son titre « Ibamba », dont le clip est empli de sororité, face à la cruauté du harcèlement scolaire subi par certaines jeunes filles qui ne correspondent pas à la place communément dévolue aux femmes dans leur société. Ami Yerewolo s’est d’ailleurs associée à de nombreuses artistes féminines, à travers le monde, dont Pamela Badjogo, avec laquelle elle a co-fondé le collectif féministe malien Moussoya yé kobayé. Cette chanteuse gabonaise d’afro-jazz a d’ailleurs dédié son single « Toto » à la solidarité féminine, face au sexisme ordinaire. Pamela Badjogo est également porte-parole de l’association « Fées-ministres » , soutenant les survivantes de violences conjugales dans leurs démarches juridiques. La jeune Portugaise Nenny raconte également dans « Tequila », un titre teinté d’afrobeats. tous les obstacles auxquels elle a dû faire face tout au long de son cheminement musical. Dans « Ftila », la rappeuse marocaine Khtek dresse également un bilan acerbe face au sexisme ordinaire, tout en rendant hommage à ses origines : « Amazighes dans nos racines, c’est pour ça qu’on n’est pas passives et que le nom de Khtek est dans les classiques. »

En parallèle, plusieurs artistes assument une sensualité s’émancipant du fardeau des critères de beauté imposés par leur société. Ainsi, la rappeuse new-yorkaise Junglepussy prône la sexualité positive, un thème de plus en plus populaire au sein du féminisme. Critiquant les conséquences néfastes des masculinités toxiques, elle exprime ce constat poignant dans « Morning Rock » : « Je dois me détester pour que tu m’aimes. » De quoi faire écho au clip « Bussifame » de Dawn Richard, dans lequel de sublimes danseuses noires, de toute corpulence, nous captivent sur un rythme empruntant au footwork, à la house mais aussi au R&B. Elle définit d’ailleurs son dernier album Second Line: An Electro Revival comme : « Un mouvement pour porter sur le devant de la scène les femmes noires pionnières de la musique électronique. Je veux être celle qui va motiver une jeune femme noire du Sud des États-Unis à être ce qu’elle veut musicalement parlant, visuellement parlant ou artistiquement parlant. »

En outre, plusieurs artistes évoquent le sexisme au sein même des couples (en l’occurrence, hétérosexuels), à l’instar de la chanteuse marocaine Manal avec son titre « Niya », signifiant « naïve », dont le clip est un hommage aux « cheikhattes », chanteuses et danseuses autant admirées que méprisées pour leur supposé manque de pudeur. La Néo-Zélandaise Estère, d’origine camerounaise, évoque également « l’attachement irrépressible qui peut nous lier à quelqu’un qui n’est pas bon pour nous – l’élan qui pousse à vouloir sauver une personne, malgré le mal qu’elle a pu nous faire. » Ainsi, la Cap-Verdienne Elida Almeida évoque l’atrocité des féminicides dans « Sai Bu Sai » : « Tous les jours, je lisais des histoires de féminicides dans la presse. Certaines m’ont fait pleurer. J’ai voulu composer cette chanson comme une lettre écrite par une femme à son mari qui l’a tuée. »

Face à ces nombreuses violences, sous différentes formes, plusieurs artistes célèbrent la sororité. La Britannique Hope Tala rappelle à quel point les femmes n’hésitent pas à se battre, avec son titre « All My Girls Like To Fight » concernant l’alliance de femmes déçues par un même homme. Quant à l’artiste Sénégalaise transgenre Dian, elle nous hypnotise avec son single « Bailerina », un hommage enveloppé de soul à une amie disparue, rappelant à quel point les femmes n’étant plus de ce monde demeurent néanmoins de grandes sources d’inspiration. Ainsi, la rappeuse ivoirienne Andy S dédie son nouveau single « Amazone » à la puissance féminine. Dans ce titre sorti ce 8 mars, elle affirme être : « Seule dans ma zone car j’ai le comportement d’une puissante guerrière, une Amazone. » Autant de témoignages et d’engagements en musique qui martèlent « tu n’es pas seule » comme le fait la britannique Arlo Parks dans sa chanson « Hope ».

Retrouvez toutes ces femmes dans notre playlist Worldwide Women sur Spotify et Deezer.

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