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Tokooos II : l’aigle du Congo, Fally Ipupa, vole encore plus haut

La star congolaise publie son sixième album, Tokooos II : un nouveau cocktail de rumba qui flirte avec les musiques du terroir congolais et la pop urbaine.

En février 2000, Fally Ipupa foulait la scène de Bercy sous l’égide de l’immense Koffi Olomide et son Quartier Latin. Vingt ans plus tard, il remontait sur la même scène mythique, renommée AccorHotels Arena, cette fois-ci comme tête d’affiche, en dépit des groupes de « Combattants » qui tentèrent en vain d’empêcher le concert. Entre temps, il a sorti cinq albums, remporté des dizaines de prix, donné plus de 1500 concerts, créé sa fondation pour aider son pays dans des secteurs clés comme l’éducation, la santé ou l’accès à l’eau… Capitalisant sur son audience internationale pour sensibiliser, Fally Ipupa s’est même retrouvé parmi les 50 personnalités africaines les plus influentes selon Jeune Afrique

De retour avec Tokooos II, Fally Ipupa aka El Profesor aka l’Aigle aka Dicap La Merveille, donne une suite au premier volume sorti en 2017 et symbolisant son univers musical. Celui qui possède au moins autant de titres que la reine Daenerys dans Games Of Thrones a tiré du terme « kitoko » (« beau » en lingala) le mot « Tokooos ». Derrière ce néologisme se cache une direction artistique qui synthétise les influences de l’artiste. 

Tout en conservant la rumba, son style de prédilection, et s’inspirant régulièrement des rythmes traditionnels congolais, Fally Ipupa intègre des sonorités hip-hop ou électroniques pour donner de nouvelles couleurs à sa musique. Une manière de toucher de nouveaux publics, de l’exporter davantage, sans renier son identité. 

Fally Ipupa – Un coup feat. Dadju (Clip officiel)

Et pour y parvenir, quoi de mieux que d’inviter les meilleurs de ce qu’on appelle (le terme est certes vagie) « pop urbaine », justement dominée par des artistes issus de la communauté congolaise ? La boucle est bouclée. Expansion et filiation se croisent avec les participations de Ninho, Dadju et Naza dont le featuring sur « Oza Yanga » illustre à merveille ce mélange des genres où la rumba flirte avec un afrobeats tendance trap. Ils rejoignent un casting 100% pop, aux côtés de M. Pokora qui a surpris son monde en chantant en lingala (la deuxième langue du projet après le français) sur « Juste une Fois ».

Enregistrant près de trente morceaux pour ce projet en l’espace de deux ans, principalement à Paris, Fally Ipupa a conservé seize titres pour la version streaming. Vingt-deux pour la version physique et huit inédits pour une prochaine surprise… 

« L’album est tellement lourd que je ne peux pas choisir un morceau. Que chacun écoute et découvre son morceau préféré. » 

En termes de production, on retrouve des noms qui collectionnent les disques de platine avec Junior Alaprod, Dany Synthé, DJ Merco, Bramsito et Julio Masidi : « Il y a plusieurs morceaux qu’on a produits ensemble, j’ai notamment joué de la guitare et des congas sur le projet. Sur 30 titres, il y a maximum cinq titres qui étaient déjà produits avant qu’on travaille la touline, etc. Par contre, pour le reste, on a tout construit ensemble avec les producteurs, et même coécrit avec les auteurs. On a fait un travail d’équipe. »

Fally Ipupa – Amore

« Aux gens qui aiment les chansons romantiques, je leur dirais d’écouter “Amore”. Pour moi, c’est une des meilleures chansons de ma carrière. »

Bien évidemment, l’album est guidé par l’amour, un thème cher aux rumbistes et dans lequel Fally Ipupa excelle grâce à une voix qui allie la fragilité à la puissance et qui s’impose avec douceur, à l’image du titre « Amore ». Pour autant, celui qui s’engage dans de nombreuses causes (contre la vente de faux médicaments, les violences faites aux femmes ou encore le recrutement d’enfants soldats…) a tenu à apporter son soutien à chaque « Migrant des rêves » : « C’est le morceau le plus important de l’album, confie Fally Ipupa. Avec la situation actuelle, il y a trop de frères et sœurs qui meurent parce qu’ils veulent arriver en Europe pour changer leur vie. On ne peut pas dire à nos frères de ne plus prendre ces risques car chacun a sa réalité. Même si ça ne changera rien, on veut juste envoyer un petit message, témoigner de l’affection et compatir avec eux. Et dire aux dirigeants africains de faire en sorte que leurs ressortissants ne meurent pas en cherchant une “meilleure vie de l’autre côté”. Les pays qui accueillent nos frères et sœurs en bonne et due forme, on les remercie. Et pour les pays qui ne font pas preuve de compassion, on leur demande de copier ceux qui en ont, par humanisme. »

Si la musique de Tokooos II fusionne plusieurs univers, elle garde les lignes directrices qui ont forgé Fally Ipupa. L’album débute avec « Milolo ». Un titre qui symbolise l’héritage de la musique folklorique des peuples Anamongo auquel appartient Fally Ipupa. Et se conclut avec « Animation », un morceau qui devrait ravir les inconditionnels fans de rumba et de sebene (la partie rapide et dansante de la rumba classique) en attendant un prochain projet qui leur sera dédié : « Là, je prépare déjà la suite, un album qui viendra bientôt pour les fanatiques et les puristes de la rumba. Tenez-vous prêts, je ne vous ai pas oubliés. Saignez (profitez à fond de) l’album Control, saignez Tokooos I et II et vous aurez un nouvel album de rumba. » Autant vous le dire, l’hémorragie musicale n’est pas près de s’arrêter.

Tokooos II est maintenant disponible.

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