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The Pan African Music Magazine
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Podcasts : nos coups de coeur du moment

PAM vous a concocté une sélection, subjective et collective, de podcasts qui nous ont plu ces derniers mois. Pour la plupart, ils racontent, décryptent ou mettent en valeur les musiques de l’Afrique, de ses diasporas et les liens qu’elles entretiennent avec l’histoire et les sociétés qui leur ont donné naissance. Ça tombe bien, beaucoup sont faits par des copains.

Dans son ouvrage Africa Unite !, entièrement dédié à l’histoire du panafricanisme, l’historien Amzat Boukari-Yabara insiste sur le rôle de l’art, et singulièrement de la musique, dans ce mouvement qui a essaimé sur tous les continents où l’Afrique et ses enfants sont présents. Ainsi, nous vous avons concocté une liste de podcasts à écouter cet été, qui chacun à leur manière racontent, musique à l’appui, des pans de l’histoire, des cultures et sociétés africaines et afro-diasporiques. De quoi toucher du bout des oreilles les liens qui rapprochent les populations afros, et parfois mieux comprendre les luttes d’émancipation qui les réunissent.

Faya

Présenté par notre ami Renaud Brizard (qui veille pour PAM aux nouveautés rap en Afrique), ce projet a pour objectif d’explorer une fois par mois l’histoire de différents genres musicaux qui font vibrer les clubs et les rues des quatre coins du monde. Il interroge pour cela plusieurs artistes. Nous pouvons ainsi nous informer sur l’histoire du mahraganat, né dans les quartiers pauvres du Caire et très présent durant la révolution. Ce genre a d’ailleurs influencé le titre « Ya Habibi » de Maître Gims, accompagné du chanteur égyptien Mohamed Ramadan. Il évoque également le bouyon, né en Dominique et très présent en Guadeloupe, notamment durant le carnaval et les soirées. Il explique aussi sa mauvaise réputation, en raison de son caractère lubrique. Plusieurs épisodes sont également consacrés à l’amapiano en Afrique du Sud, à la drill au Ghana, au gengetone au Kenya, à la guaracha en Colombie ou encore au rap en Côte d’Ivoire.

Vintage Arab

Hajer Ben Boubaker (bientôt en interview sur PAM), chercheuse diplômée en histoire et en science politique, passionnée de musiques arabes et de rap français, nous transmet à la fois des connaissances artistiques, historiques et politiques à travers son podcast Vintage Arab, dans lequel elle se concentre à chaque fois sur un genre musical et/ou un artiste. Se remémorant les musiques liées à l’exil tunisien de son père, elle laisse également place aux souvenirs d’Algériens concernant les années Hasni, en hommage à cette légende de raï assassinée durant la décennie noire. Elle met aussi en lumière le groupe marocain révolutionnaire Nass El Ghiwan, tout en s’intéressant également à l’importance de l’héritage de certains artistes du Moyen-Orient chez les populations d’origine nord-africaine. C’est ainsi que la série Rapza : Une histoire de samples arabes dans le rap, revient sur la manière dont les musiques arabes ont infusé le rap, aussi bien français qu’états-unien, avec DJ Bachir, l’homme derrière le podcast Toukadime.

LSD : Musiques africaines, une histoire parisienne

Dans cette série documentaire, en quatre épisodes, notre amie et contributrice Elodie Maillot, mais aussi Manoushak Fashahin, nous plongent dans l’histoire des Barbès Cafés, Princes du Raï et sons du bled, de l’âge d’or de la world music, des liens entre Paris et Abidjan, avant de s’intéresser à la génération start-up qui s’enjaille. Paris y est présentée comme le carrefour des musiques africaines, oscillant entre celles du continent et des Caraïbes. On y mentionne les cafés kabyles, les chants d’Oum Kalthoum, les artistes juifs nord-africains mais aussi les chansons révolutionnaires des cabarets, surveillés en pleine guerre d’Algérie. Barbès y est définie comme la capitale du raï, tandis que Salif Keïta qualifie Montreuil (qui comporte de nombreux foyers de travailleurs) de ville malienne, banlieue dont le club La Main Bleue fut l’éphémère mais mémorable repère des sapeurs. Les travailleurs immigrés, dont une association de chauffeurs de taxi, organisaient des concerts dans les foyers, invitant Youssou Ndour et griots. Le succès de Magic System est également analysé, passant du zouglou, né durant les mobilisations étudiantes en Côte d’Ivoire, à de la pop internationale. Enfin, le dernier épisode est consacré aux stars noires et francophones, telles que Maître Gims, Stromae, Black M ou encore MHD.

Toukadime

Chaque mois, depuis 2011, DJ Bachir et DJ Krimau font vivre leur collection de disques vinyle tout droit venus d’Afrique du Nord, qu’ils se font un plaisir de partager en soirée, mais aussi sur la toile. Dans leur podcast « Toukadime », qui signifie « présenter » en arabe et qui fête ses dix ans, les DJs assument totalement leur singularité, passionnés par toutes sortes de musiques nord-africaines, du raï au chaâbi. Nous y apprenons également le fabuleux destin du producteur marocain Abdelwahab Doukkali, qui a joué dans l’un des premiers films marocains, Vaincre pour vivre, mais aussi auprès de la superstar égyptienne Faten Hamama dans Le Sable d’or, réalisé par Youssef Chahine. Ils consacrent également un épisode aux voix féminines maghrébines, mentionnant l’Algérienne Fatima Soukahrassia, la Tunisienne Louisa Tounsia ou encore Fatima Tihihite, l’une des chanteuses amazighes les plus populaires du Maroc. Leur podcast valorise ainsi leur patrimoine, tout en constituant une véritable histoire musicale. Dernièrement, le duo Toukadime a tenu à rendre hommage à la grande chanteuse marocaine Haja Hamdaouia, récemment décédée. 

La potion

Sur Radio Nova, Jeanne Lacaille (encore une amie et contributrice de la PAM team) nous a concocté une émission profondément mystique. Une chronique sur les musiques rituelles, qui ne dure pas plus de quinze minutes, dans laquelle elle explore l’héritage spirituel des invités. Nous pouvons y écouter Natacha Atlas, évoquant les djinns qui la visitent, ou encore La Chica, artiste franco-vénézuélienne qui nous fait découvrir sa boutique ésotérique préférée : une herboristerie chinoise, sur la cime du Parc de Belleville. L’Etats-unien Cola Boyy mentionne également les fantômes mexicains ainsi que la spiritualité du peuple autochtone Chumash. Quant à la musicienne congolaise Céline Banza, elle se confie sur les accusations de sorcellerie qu’elle a subies, avant de partager une berceuse héritée de sa grand-mère. En outre, l’artiste Dobet Gnahoré met en lumière la magie du peuple bété ainsi que son initiation auprès de sa grand-mère pleureuse et chanteuse pour les esprits défunts. De même, le Togolais Peter Solo, du groupe Vaudou Game, présente les divinités du panthéon vaudou, ou encore une immersion parmi les vibrations thérapeutiques du stambali, un culte de possession menacé d’extinction. Dernièrement, Jeanne Lacaille s’est rendu à Dakar, dans le cadre du Dakar Music Expo, un festival mettant en lumière les musiques d’Afrique de l’Ouest. Une aventure pas uniquement musicale, à suivre sur Radio Nova.

L’Afrique en Solo

Le vieux père Soro Solo, aka « Le Grognon » (du nom de l’émission phare qu’il animait autrefois à la radio nationale ivoirienne) ou Bobby la terreur pour ceux qui l’ont connu depuis l’enfance, reprend du service sur les ondes de la radio nationale française France Inter tout l’été, les dimanche soir à 21h. Evidemment, l’émission est aussi disponible en podcast, et permet une heure durant, avec la chaleur, la gouaille et la science du doyen Solo, de découvrir ou de s’immerger davantage dans l’univers des artistes afros d’aujourd’hui. Attention, casaniers s’abstenir, car il y a de quoi voyager aux quatre coins du globe en écoutant paroles et musiques de Jupiter (dont le succès ne s’arrête pas à la France, mais a pris comme un feu de brousse en Colombie et au Mexique), ou encore Jowee Omicil, qui a quitté le Canada pour s’établir en France et faire fleurir ses racines haïtiennes et toutes leurs fleurs…

Zouk Vintage

Animée par Marie-Julie Chalu et Mylène Mauricrace, ce podcast nous plonge dans l’histoire du zouk, un courant musical très important dans la culture afro-caribéenne, qui fit aussi florès parmi les diasporas antillaises en France et jusqu’en Afrique. Pour leurs premiers épisodes, consacrés à la genèse de cette musique populaire, les deux animatrices accueillent le chercheur Gérald Désert, expliquant le contexte politique lié à ce genre musical, ses différentes périodisations, mais également ses liens avec le continent africain. Nous y apprenons notamment que le zouk a permis de lutter contre l’assimilation, à une époque durant laquelle les cultures créoles étaient profondément dévalorisées. Le chercheur explique aussi qu’il existe différentes façons de danser le zouk, et insiste sur le fait que certaines d’entre elles, lascives, sont directement inspirées par l’héritage des dieux fécondateurs d’Afrique (comme dans certaines danses afro-cubaines, ndlr). Forcément, la série fait de nombreuses références au groupe guadeloupéen Kassav qui fit exploser le genre avec son hymne « Zouk la sé sel médikamen nou ni », entendez : « le zouk, c’est notre seule panacée universelle »

Session Lab

C’est notre amie et collaboratrice Hortense Volle qui anime ce podcast original lancé cette année par RFI. La formule, un entretien avec un artiste, façon collé serré (c’est une image), doit son originalité d’une part à la personnalité de son intervieweuse, qui sait toucher aux choses sérieuses sans se départir de sa légèreté, et de l’autre à la prise de son très cinématographique qui en fait le cachet. Discussions et ambiances sont captées en 3D, dans des lieux choisis qui font sens pour l’artiste, et paroles et musiques sont elles aussi mixées en 3D. Qu’est-ce à dire? Eh bien que le résultat est hyperréaliste, bien plus proche de l’écoute naturelle qu’une écoute stéréo classique. A condition bien sûr de l’écouter au casque. Et si les artistes qui sont invités viennent de tous horizons, l’Afrique et ses diasporas y occupent une place de choix (Sam Mangwana, Elom 20ce, HK, Lova Lova).

Le théâtre des indépendances

Dans ce podcast théâtral, en six épisodes, le journaliste Vladimir Cagnolari – également rédacteur en chef de PAM – et plusieurs comédiens, dont Emil Abossolo, Kader Lassina Touré et Nicolas Mouen, tentent de restituer le parcours atypique de  « six Pères de la Nation », en compagnie de musiciens jouant les musiques de l’indépendance. L’histoire de l’espoir congolais et Premier ministre Patrice Lumumba, assassiné en pleine guerre froide, y est contée, tout comme celle de Sékou Touré, premier président de la République de Guinée, l’un des pays pionniers dans les mouvements indépendantistes d’Afrique francophone. La vie de Léopold Sédar Senghor, poète et premier chef d’Etat du Sénégal, y est également illustrée, à l’instar de la révélation de Kwame Nkrumah, ancien Premier ministre puis Président de la République du Ghana, lors de son voyage aux Etats-Unis, qui a renforcé son panafricanisme. Les comédiens reviennent également sur la stratégie du chef d’Etat ivoirien Félix Houphouët-Boigny, partisan de la Françafrique dans les années 60, avant de consacrer un épisode au président malien Modibo Keïta, à la fois socialiste et panafricain, qui fut destitué par un coup d’état. Bref, une manière théâtrale, sensible et pédagogique, de tramer textes et musiques pour revenir sur cette période cruciale de l’Afrique.

Les aventures rocambolesques d’Edouard Baer et Jack Souvant

Durant six épisodes, nous suivons le voyage haut en couleurs du comédien Edouard Baer, flanqué de son complice Jack souvent, à la recherche de leur ami Benoît Poelvoorde, dont on aurait perdu la trace au Sénégal. Ce début particulièrement extravagant sert de prétexte à un road movie sonore, aussi instructif que divertissant. Nous y découvrons notamment les liens entre le café touba et la confrérie soufie des Mourides, fondée par le Cheikh Amadou Bamba. Nous plongeons au coeur de l’ambiance sénégalaise lorsqu’Edouard Baer découvre le marché aux moutons, causant avec des marchands venus à pied, tout droit… de Mauritanie. Cette série permet aussi – grâce notamment aux morceaux qui rythment cette quête enjaillée – de mettre en lumière de nombreux artistes, à l’instar des rappeurs sénégalais Akhlou Brick, Lefa ou le célèbre Didier Awadi, ou encore le Burkinabè Smockey avec son morceau aussi drôle que réussi « Les gens ont dit » sur la crise sanitaire. Le titre « Djeureudjeuf papa » (merci papa en wolof) de Momo Dieng constitue également un hommage à Thione Seck, l’un des chanteurs les plus populaires du pays, disparu en début d’année. Sans oublier Cheick Lô, né au Burkina Faso, et Viviane Chidid, dont le père est libanais… une playlist qui reflète bien l’immense diversité du pays de Youssou N’Dour, de Pape Diouf et de l’Orchestra Baobab.

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