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The Pan African Music Magazine
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L’aphrodisiaque salutaire de WizKid

Made In Lagos, quatrième album studio de WizKid, nous plonge dans une sensualité (pour ne pas dire luxure) sans équivoque. Du pain béni en ces temps ô combien troubles.

Trois ans que l’on attendait, en trépignant, le quatrième album de WizKid. Même si, en décembre 2019, il nous a gratifiés du superbe EP Soundman Vol.1, signé StarBoy (l’un de ses surnoms, et le nom de son propre label), en guise de prélude à cette nouvelle livrée plutôt bien ficelée. La date de publication était fixée au 15 octobre. Mais WizKid annonce repousser la sortie de Made In Lagos en signe de respect pour les jeunes manifestants qui, dans la capitale nigériane, se soulèvent alors contre le SARS, unité de police controversée, au péril de leur vie. « C’est tellement beau de voir les Nigérians, et même ceux de la diaspora, protester ensemble contre les violences policières. L’unité est primordiale. La jeunesse nigériane a besoin de nos voix pour continuer à dénoncer ce qu’il se passe dans le pays. J’ai un rôle à jouer dans tout cela, au sein de ce mouvement pour un meilleur Nigeria, un meilleur endroit où nous-mêmes, nos familles et nos communautés peuvent continuer à vivre. Nous nous en sortirons ensemble. Nous allons faire bouger les choses ensemble. #ENDSARS », justifie alors le chanteur, par voie de presse, affirmant ainsi son soutien vis-à-vis de ce vent de révolte. Et cela, à l’instar de ses pairs comme Tiwa Savage, Davido, Yemi Aladé ou Burna Boy (on retrouve d’ailleurs ce dernier sur Made In Lagos vantant les mérites du gingembre… inutile de vous faire un dessin). 

Une prise de position sociopolitique plutôt rare chez celui qui s’est révélé avec « Superstar » en 2011, avant de devenir la star incontestable de l’afrobeats avec « Ayo », sorti trois ans plus tard. Cette saillie engagée tranche d’ailleurs aussi avec le propos de l’album qu’il publie en cette année 2020.

Une bonne dose de volupté et une bonne giclée de featurings

Son ode à Lagos, là où le trentenaire a vu le jour, est un peu de volupté et de douceur dans ce monde de brutes… Mais n’est-ce pas ce dont la jeunesse nigériane avait besoin ? De ce saxophone au timbre chaud et onctueux que l’on retrouve sur la plupart des titres, comme de la voix ensorcelante de Tems (dont on attend encore un projet d’envergure). Et que dire de celle, suave, de Tay Iwar sur « True Love », une ballade produite par le Ghanéen Juls. Outre Juls, les producteurs Kel-P, P2J ou le duo Legendury Beatz sont, sans surprise, également aux manettes. Et, mis à part les featurings avec Tems et Tai Iwar (deux artistes encore associés à la scène dite « alte » au Nigeria), les collaborations abondent sur ce Made In Lagos – de Damian Marley « Jr. Gong » (« Blessed ») à Skepta (« Longtime ») en passant par H.E.R. (« Smile ») ou Terri, chanteur nigérian que WizKid a remarqué sur Instagram et, qu’il a, par la suite, signé sur son label Starboy Entertainement (ici invité sur « Roma »). 

Mais tout ceci n’est pas tant ce qui distingue ce projet. D’autant que parmi ces invités, manque, selon nous, au rendez-vous Tiwa Savage, « partenaire dans le crime » de WizKid qu’il n’hésite pas à faire mine d’embrasser quand ils se retrouvent tous les deux sur scène, quitte à affoler les gazettes people. Disons que cette absence est peut-être la dernière illustration de la guerre que se livrent les majors occidentales pour le monopole de l’afrobeats sur le continent africain : WizKid le poulain de Sony n’avait d’ailleurs pas été convié sur le disque de Savage, star de l’écurie Universal. Toujours est-il qu’avec ce projet ultra-sexy, Starboy opère une sorte de retour aux fondamentaux avec une afropop qui ne s’embarrasse pas d’expérimentations. Infusion de sons hybrides made in Nigeria (et peut-être même venus d’ailleurs quand sur « Longtime », la basse hypnotise avec un gimmick répétitif posé sur la fameuse gamme pentatonique…) couplés à du dancehall, du reggae ou même quelques salves afro-latines. C’est en cela que Made In Lagos est une réussite. WizKid démontre ainsi qu’il n’a plus rien à prouver. Cet album pourrait s’inscrire parmi les projets marquants du gosse de la mégapole nigériane. C’est qu’on ne risque pas d’oublier de sitôt cette suite de bangers, au rythme syncopé et où le RnB figure en bonne place, pour mieux se déhancher sur le dancefloor ou sous les draps.

Écoutez WizKid dans notre playlist One Dance sur Spotify et Deezer.

Made In Lagos est maintenant disponible.

WizKid – No Stress
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