PLDG casse les barrières

Deux ans après un premier EP en forme de patchwork, le duo lillois d’origine congolaise est de retour avec un nouvel EP qui vient confirmer leur potentiel tout en affinant leur son. Discussion entre deux beats.

Les créateurs autoproclamés du french urban bantu groove ont roulé leur bosse depuis 2017, en présentant au public l’étendue de leurs influences et de leur personnalité sur la base de leur première sortie, qu’ils ont étoffée à travers des vidéos alternatives et des concerts. À ce titre, le chanteur, rappeur et musicien Al20 nous explique les bénéfices d’avoir transporté la musique de PLDG à l’étranger, notamment aux États-Unis : « ça nous a permis d’avoir la certitude que notre musique touche, au-delà de la barrière de la langue. On a rencontré un public ouvert à notre vibe et qui a accepté de se laisser embarquer avec nous pendant notre show. C’est ce qui nous a motivé pour ce deuxième EP, on sait qu’il y a des gens qui vont écouter ce qu’on va faire. »

Le premier clip issu de ce second EP en est le parfait clin d’œil. Dans ce plan séquence urbain filmé sur le Brooklyn Bridge, les deux acolytes dévoilent le rap mélodique et addictif de « Break », inspiré des années UK garage avec un esprit 2020. Dans la foulée, le prochain single « Choup Choup » — à regarder ci-dessus — pose un pied dans le bon vieux rap français, un autre dans le grime anglais, alors que le reste de l’EP fait redescendre la tension avec la balade introspective de « Finding my own » et une version one-shot acoustique de « Eeyowa », titre phare de leurs débuts. C’est là le sens que veut donner le duo avec Breaking barriers : « j’ai l’impression que le marché de la musique en France est un peu sclérosé, constate le beatboxer et beatmaker Mystraw. Quand tu écoutes des albums anglophones ou africains, ils exploitent plusieurs styles de musique sans complexe, sans se mettre dans un moule, et c’est notre façon de voir les choses avec Breaking barriers. Nous avons voulu nous concentrer sur quelque chose de plus actuel tout en proposant autre chose que ce que l’on peut entendre habituellement en France. Le premier EP était comme un petit frère turbulent. Breaking barriers est ce même petit frère qui aurait grandi et mûri. » 

PLDG ne compte pas s’arrêter là, et c’est même la pochette qui le dit, précisant qu’il s’agit seulement là d’un premier volume. « Il y aura un volume 2, et autant de volumes que nécessaire, confirme Al20. On rentre dans une période où on sait qu’on va produire de la matière. Après ce premier volume, on espère que les gens seront en demande d’une suite, et ça nous aidera à apporter les éléments qui définiront plus précisément notre identité. » Et Mystraw complète : « nous voulons vraiment que notre son sonne comme une couleur musicale. Quand les gens entendent Pour l’Amour Du Groove, ils doivent être capables d’entrevoir la vibe qu’on veut insuffler. Ça se fera par la sortie de plusieurs opus. »

L’EP sera disponible à partir du 24 janvier 2020.