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The Pan African Music Magazine
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Niariu, et l’amazone devint sirène

Membre des nouvelles Amazones d’Afrique, Niariu fait le grand plongeon en solo avec un premier EP introspectif intitulé Story of a Sad Mermaid. PAM vous propose d’écouter le morceau « The Entrance » avec Saul Williams en lisant notre interview.

« Niariu » signifie « chat » en peul. C’est ainsi que l’entourage de l’artiste aimait l’appeler étant petite, elle qui n’a apparemment rien perdu de sa malice et de son caractère imprévisible. Tiguidanké Diallo de son vrai nom, Niariu est née en région parisienne de parents guinéens et multiplia les allers-retours pour visiter sa famille entre la Guinée et les Etats-Unis. Elle s’imprègne des cultures musicales de ces deux autres pays, la musique africaine et le reggae d’un côté, la soul et le RnB de l’autre, et les dilue aujourd’hui dans une substance électronique discrète pour apprivoiser ses mots dans une atmosphère presque poétique. Celle qu’on aperçoit en tenue afro-futuriste sur la pochette du dernier album des Amazones d’Afrique propose ici cinq chansons, explorant les rapports conflictuels à l’amour, le concept de séduction, les doutes et les déceptions. Entre slam imbibé de trip-hop, rap métaphysique et chanson avant-gardiste, Niariu questionne la mélancolie et les espérances d’une petite sirène autodidacte dans un monde qui ne tourne pas toujours rond.

Pourquoi avoir attendu si « longtemps » avant de te lancer en solo ? Quel a été le déclic ?

Je pense qu’il y a eu plusieurs facteurs. Il n’y a pas eu de déclic, ça a plutôt été un processus. Il a fallu que je crois en moi, en ma musique avant de me jeter dans le grand bain. D’abord, j’ai dû me défaire de toutes mes barrières mentales par rapport au fait d’accepter d’être une artiste et de vouloir en faire carrière. C’est un peu l’histoire classique quand tu fais partie de la « First Gen » et que tu décides de poursuivre un chemin atypique. Puis, j’avais de hautes exigences sur ce que je voulais proposer. J’ai toujours été dans l’optique de partager un univers sonore qui m’était propre et en même temps j’avais peur qu’on me mette dans une case. Le fameux faux combat entre avoir un son « niche » et un son « mainstream ». J’ai mis du temps à réussir à me situer, à décider de ce que je voulais sortir en premier. J’ai pas mal collaboré et écrit ces dernières années, ce qui m’a permis de préciser ma vision et de prendre en maturité. Je me suis rendue compte que je n’étais vraiment satisfaite que quand j’étais impliquée dans le processus créatif de A à Z. Étant autodidacte j’ai donc dû apprendre sur le tas, m’approprier plusieurs outils pour mieux communiquer ce que je voulais. J’ai dû aller au bout pour qu’enfin on comprenne où je voulais en venir. Tout cela m’a permis de grandir, d’évoluer et d’avoir plus confiance en moi avant de me lancer.

Niariu – The Entrance (feat. Saul Williams)

Peux-tu nous expliquer la métaphore de la sirène triste ? Qui est-elle ?

On m’a souvent reproché d’être détachée en amour, d’avoir un cœur de pierre et d’être une briseuse de cœur d’où le parallèle à la sirène. Le fait de prêter une émotion à la sirène, c’était un moyen pour moi de la démystifier, de la rendre humaine. La réalité c’est que derrière ce personnage distant ne ressentant rien, il y a simplement une femme n’ayant pas toutes les clés pour pouvoir s’adonner à l’amour. Au final rien de très intimidant quand on creuse c’est une histoire plutôt triste.

Tu as voyagé entre la Guinée, la France et les USA. En quoi retrouve-t-on toutes ses influences sur cet EP ?

Je pense que le fait d’avoir été confrontée à plusieurs environnements m’a ouvert sur le monde et la musique a été le fil conducteur de toutes ces aventures. Au-delà de voyages j’allais surtout chez ma famille donc à chaque fois c’était un autre mode de vie. En Guinée je traînais souvent avec mon oncle chanteur peul Lama Sidibe. Chez moi ça switchait entre les classiques congolais, classiques du rap us et du rap français, le zouk, la musique sénégalaise, la musique guinéenne, les comédies musicales françaises des années 2000 et quelques sons de variétés, tous les sons pop de l’époque, la cassette making-of de Dangerous de Michael Jackson en boucle ou encore celui des Spice Girls, bref un vrai melting pot. Puis quand j’allais chez mes cousins à NYC on passait nos journées devant BET à chanter sur les dernier clip rap et rnb. On revenait tous les étés avec pleins d’albums et de compilations bootlegs. Puis j’allais à l’école dans ma petite commune bourgeoise du 78, les goûts était plutôt electro, rock, pop rock. Pendant qu’il y a la tektonik d’un côté, il y a mes cousines à fond dans le logobi de l’autre. Puis les mariages où on révise nos classiques. La voiture où c’est génération ado. Ma grande sœur me fait découvrir Amy Winehouse, Paolo Nutini, the Kooks, Red Hot Chili Peppers, etc. Puis quand elle déménage au Canada : Georges Clinton, Erykah Badu, Saul Williams et pleins d’autres artistes. Puis moi, plus je grandis plus je dig de mon côté, l’époque Datpiff, SoundCloud, je traîne sur les forums… Tout ça pour dire que le fait d’avoir une famille éparpillée dans des environnement super différents m’a permis d’avoir accès à tout un tas de musique et je pense que ça joue dans la manière dont je compose. Je suis très mélodique et je fais pas mal de code Switching. Je passe d’un ton plus chanté à un ton plus rappé, slamé. Pareil pour les instrus, j’ai besoin qu’elles me ressemblent, qu’elles soient imbibées de ces différentes expériences. C’est pour ça que souvent j’utilise plusieurs nappes de voix pour habiller le son à ma manière. 

Parle-nous de Taphari et Saul Williams. Pourquoi avoir fait appel à eux ?


Taphari est un rappeur de la scène émergente new yorkaise. On s’est rencontré à l’aéroport quand je rentrais de NYC, ça a été le coup de foudre. Ça s’est fait très naturellement. Un jour on traînait chez Bamao Yende, je posais des voix sur « Illusions », la vibe était cool ! Puis Taphari s’est senti inspiré et a écrit tout un couplet d’une traite. Il l’a enregistré de suite et plus tard quand on a validé le son pour l’EP c’était une évidence de garder son couplet qui complète tellement bien le son. Toutes mes collaborations sont très organiques. Je n’aurais jamais cru sortir un son un jour avec Saul Williams. C’est littéralement une de mes plus grosses inspirations. Ma grande sœur m’a fait découvrir le film Slam au lycée et c’est là où j’ai commencé à écrire. Ses textes sont tellement transcendants. Je me rappellerai toujours le jour où on a joué avec les Amazones après que lui et Sister Nancy aient « blessed the stage». J’avais la pression de jouer devant lui mais au final ça a été l’un de mes meilleures concerts. L’énergie était si intense que j’avais fini par entrer dans une transe. Il est venu me féliciter après, j’étais aux anges ! Quand j’ai écrit sur « The Entrance », je me suis inspirée de lui pour clamer mon texte. Je n’aurais jamais cru qu’en 2020 il accepterait de poser dessus. Il a apporté de la sagesse au son. Je suis tellement heureuse d’avoir ces deux artistes uniques en leur genre dans ce premier EP. Au-delà de leur talent, ce sont de très belles âmes et ça c’est le plus important. 

Suivez Niariu sur Instagram et retrouvez sa sélection exclusive dans le 30e épisode de notre PAM Sound System Radio Show ci-dessous :

Pan African Music · PAM Sound System @RCV99fm – Episode #30 – Special Guest : NIARIU

L’EP sera disponible dès le 7 janvier, précommandez-le ici.

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