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L’Éthiopie s’embrase après le meurtre du chanteur oromo Hachalu Hundessa
Hachalu Hundessa

L’Éthiopie s’embrase après le meurtre du chanteur oromo Hachalu Hundessa

Le chanteur oromo Hachalu Hundessa sera enterré aujourd’hui dans sa région natale. Son assassinat le 29 juin a déclenché de violents affrontements avec les forces de l’ordre éthiopiennes.

Tué par balles au volant de sa voiture lundi soir à Addis-Abeba, Hachalu Hundessa était un chanteur très populaire en Ethiopie. D’autant que ses textes politiques en avaient fait l’un des porte-voix des Oromos, ethnie majoritaire du pays qui dénonce régulièrement les discriminations dont elle estime être victime au niveau politique et économique. 

Si son engagement lui avait déjà valu cinq ans de prison lorsqu’il avait 17 ans, Hachalu Hundessa s’était encore distingué comme artiste-activiste dès 2016 pendant les années de manifestations antigouvernementales qui ont porté Abiy Ahmed au pouvoir en 2018, lui aussi oromo. Après Sanyii Mootii en 2009 puis Waa’ee Keenyaa, un deuxième album paru en 2013, sa chanson « Maalan Jira » (Quelle existence est la mienne) était notamment devenue un hymne pour les jeunes et les militants oromos dès 2015. Selon la BBC, Hachalu Hundessa avait récemment reçu des menaces de mort. Jawar Mohammed, militant et fondateur de la plateforme indépendante Oromia Media Network, a réagi à sa mort en écrivant : « Ils n’ont pas seulement tué Hachalu. Ils ont tiré dans le cœur de la nation Oromo, une fois de plus ! Vous pouvez nous tuer, nous tous, vous ne pourrez jamais nous arrêter ! Jamais ! »

Malheureusement, l’annonce de son assassinat le 30 juin puis l’arrestation de Jawar Mohammed par la police fédérale ont ranimé la flamme des violences intercommunautaires qui secouent régulièrement ce pays aux 80 ethnies. Au moins quatre-vingt personnes auraient été tuées et plusieurs grièvement blessées au cours de manifestations d’hommage qui ont dégénéré en affrontements avec les forces de sécurité à Addis-Abeba, ainsi qu’à Adama, Dera et Chiro. « Il y a beaucoup de victimes, la plupart par balles. Il y a aussi plus de dix patients avec des brûlures. Ils ont raconté que leurs maisons avaient été incendiées » déclare le chirurgien Desalegn Fekadu à l’hôpital d’Adama à l’AFP. Trois bombes auraient également explosé au cours des affrontements dans la capitale. Et pour la première fois, plusieurs statues d’anciens empereurs éthiopiens ont été détruites par des jeunes oromos en colère. Ces violences ont conduit le gouvernement à couper Internet à Addis-Abeba, au risque d’ébranler un peu plus la transition démocratique mise en œuvre par le premier ministre Abiy Ahmed, élu Prix Nobel de la Paix en 2019 pour avoir réussi à apaiser les tensions avec l’Erythrée voisine. 

Pour ce dernier, le meurtre d’Hachalu Hundessa aurait été « commis et inspiré par des ennemis intérieurs et étrangers, dans le but de déstabiliser la paix et nous empêcher de terminer les choses que nous avons commencées » déclare-t-il à son tour à l’AFP. La mort du musicien survient à la veille d’un rendez-vous politique délicat : alors que les prochaines élections législatives auront lieu au mois d’août, elles seront un tournant pour Abiy Ahmed, largement critiqué pour ne pas suffisamment défendre les intérêts des Oromos. Le chef de la police d’Addis Abeba, Getu Argaw, a déclaré à Fana que « des suspects » avaient été arrêtés. Le corps du chanteur a été rapatrié dans sa ville natale d’Ambo, et ses funérailles doivent avoir lieu ce jeudi 2 juillet.

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