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The Pan African Music Magazine
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Blundetto : dubs à gogo

Le DJ et producteur, longtemps nourri aux bonnes ondes de Radio Nova, sortait récemment Goog Good Dub, un EP de remixes dub de son dernier album Good Good Things. Pour évoquer son parcours, il a sélectionné quelques titres incontournables de son histoire du dub.

Max Guiget aka Blundetto, n’en a pas fini de toucher à tout et de nous toucher du même coup. Depuis 2005, en parallèle de la centrifugeuse à sons qui faisait son quotidien à Radio Nova, lui-même est devenu un artisan, s’essayant aux machines comme à divers instruments. Un chemin aventureux qui s’est soldé par plusieurs très bons albums parus chez Heavenly Sweetness, dont le remarquable Bad Bad Things en 2010. Dix ans plus tard, il lui offrait une manière de suite ou plutôt de jumeau céleste, en publiant (toujours sur le même label) Good Good Things. Un disque qui est un véritable club de rencontres entre percussions latines, cuivres et cordes majestueuses, rythmiques reggae, hip-hop ou funky, guitares de Guinée ou d’Angola et voix suaves (Leonardo Marques sur une reprise de Jorge Ben) ou planantes (Indi Zahra en fantôme éthéré qui survole « Fly High », « Feel the Cold »). Les sessions du disque ont été financées par un social club barcelonais où la consommation du cannabis est autorisée. Habitués à triper sur les morceaux de Blundetto, les membres du club lui ont demandé de leur créer une nouvelle bande-son, pleine de bonnes bonnes choses. C’est ce disque aux mille volutes que Blundetto, avec son complice de toujours Blackjoy, a décidé de remixer en suivant les chemins cardinaux du dub, où l’expérimentation et le long dérèglement de tous les sons font les mille sentiers qui toujours mènent à Kingston. PAM vous invite à le découvrir sans plus tarder.

Et puisque le dub, après 50 ans d’existence, a forgé sa propre légende et sa propre tradition, Blundetto nous a fait l’amitié de nous faire parvenir cette sélection de quelques-uns de ses morceaux fétiches, comme autant d’escales qui l’ont mené à son propre son, celui qui s’étale avec bonheur sur les sept plages de Good Good Dub.

Sir Coxsone Sound — So Much Dub To Give

C’est la légende des Sound System anglais (et aussi du Lovers Rock) Lloyd Coxsone qui pilote ce dub imparable. Extrait du deuxième volume de King Of the Dub Rock sorti au début des années 80, le pendant anglais de son homonyme jamaïcain Clement Coxsone Dodd mélange ici ses propres productions (avec des pointures anglaises telles que Matumbi) avec des riddims 100 % jamaïcains. À noter la présence d’un certain Scientist à la console, et c’est très certainement à ce grand maître de l’effet que l’on doit cette basse qui devient complètement folle et bloque les aiguilles dans le rouge.

Max Edwards — Ixes

Un de mes 45 tours préférés, non pas par la performance dub de la face B, mais par la beauté de la compo, et le supplément d’âme apporté par ce petit clavier chafouin. Et quand on parle d’âme et de chafouinerie, c’est que Lee Perry n’est pas loin ! C’est effectivement Aston « Family Man » Barrett (membre original des Upsetters de Perry avant d’être la star du reggae mondialisé des Wailers) qui produit ce titre à l’empreinte black-arkienne assez évidente (le studio de Lee Perry s’appelait Black Ark, NDLR).

Augustus Pablo — Hap Ki Do

On a ici affaire à un producteur dont le nom n’est pas forcément une référence absolue en matière de dub…. et pourtant ! Le producteur Leonard « Santic » Chin signe, sur son label Santic, un des recueils les plus forts et inventifs de l’histoire du dub. Notamment grâce à une production efficace et tranchée (il a la bonne idée d’installer King Tubby à la console) ce Down Santic Way compile des riddims ultras efficaces où se croisent l’harmonica légendaire d’Augustus Pablo, des vocaux heartbreaker, ou comme ici une clavinet tellement funky qu’elle provoque un headbang instantané !

Harry Mudie — Heavy Duty Dub

Harry Mudie, producteur jamaïcain boss du label Moodisc a gravé à jamais son nom dans l’histoire du dub, avec ces trois piliers du genre, les biens nommés Dub Conference Series, produit tous les 3 aux côtés du maître du genre, his Majesty King Tubby. Ce « Heavy Duty Dub », extrait du premier volume s’illustre par l’utilisation d’un clavier Fender Rhodes, qui donne au morceau sa dimension planante et jazzy. À noter que Harry Mudie est un pionnier dans l’utilisation d’instruments atypiques dans l’iconographie reggae, puisqu’il fut notamment le premier à faire jouer des sections de cordes, en 1973 sur un album de John Holt.

Joe Gibbs — Satta Amassa Gana Version

On ignore la date de sortie de cet incunable (antique rareté, NDLR) de l’histoire du dub. Mais c’est l’excellent label anglais Greensleeves qui réédita cette bible en 2009. Cette version dub du classique « Nyabinghi » (les percussions traditionnelles Rasta) est l’essence même du dub : spirituel et cérébral en même temps qu’il s’adresse au corps avec sa ligne de basse minimale qui masse le ventre. Tout l’album Dub Serial dont est issu ce classique est à recommander fortement, notamment pour son « Love Ja Ja Children » dont le beat trempé dans le Space Echo pourrait accueillir un MC hip-hop.

Leonardo Marques, Blundetto — Menina Dub

C’est avec toute l’humilité imposée par un cahier des charges de 50 ans d’un pan de l’histoire de la musique jamaïcaine que j’ai abordé avec mon ami et producteur Blackjoy l’idée de « dubber » quelques morceaux de l’album Good Good Things. Pour ce projet, l’idée principale était de trouver dans chaque morceau la boucle autosuffisante, celle qu’on appelle entre nous « la tourne », ce passage susceptible de provoquer une oscillation de la tête, puis tout simplement de « jouer » avec, en faisant apparaître ou disparaître des instruments, des voix. La définition même du dub est de « tordre » ces sons dans des reverbs ou des échos, grâce à des appareils déjà utilisés dans les 70s comme la reverb à ressorts Fisher ou le Space Echo si cher à Lee Perry. Scientist est aujourd’hui le producteur qui m’inspire le plus : il a bénéficié des enseignements des maîtres Tubby et Jammy, et il a gardé ce vocabulaire classique tout en s’adaptant aux productions actuelles.

Good Good Dub de Blundetto, disponible chez Heavenly Sweetness.

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