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Tyrone Downie, le clavier d’or des Wailers, n’est plus
© Gérald Garitan
Il y a 3 semaines

Tyrone Downie, le clavier d’or des Wailers, n’est plus

Ce claviériste jamaïcain d’exception, pièce maîtresse des Wailers du temps de Bob Marley et grand acteur du reggae panafricain, est décédé ce 6 novembre à l’âge de 66 ans.

Qu’aurait-été « Three Little Birds », titre intemporel de Bob Marley & The Wailers, sans les somptueuses notes de Tyrone Downie ? Prodige aux doigts de fée, le tout jeune Tyrone se fait remarquer et rejoint rapidement les rangs de la plus prestigieuse bande du reggae qui soit. Il enregistre avec le groupe au synthétiseur, à l’orgue ainsi qu’aux percussions et même à la voix dès Rastaman Vibration, l’album studio de 1976 qui suit directement le mythique Natty Dread de 1974. Porté par une philosophie rastafari indéfectible, il contribue aux plus belles années des Wailers jusqu’au décès du grand Bob Marley en 1981. Mais l’héritage laissé par Tyrone Downie s’étend bien au-delà.

Le « jamaican guy » – comme le chante Grace Jones, inspirée par l’aura du claviériste, est l’élément clé de l’expansion et de la démocratisation du reggae dans les années dès les années 80. Tantôt producteur ou arrangeur, tantôt compositeur et au synthé, Tyrone Downie a été le chef d’orchestre de l’ombre d’un important mouvement reggae panafricain. Il s’illustre à l’harmonica sur Humanitarian de Jimmy Cliff, produit Jah Victory pour Alpha Blondy, s’aventure sur un Dakar-Kingston avec le roi du mbalax Youssou N’Dour, … De la Jamaïque à l’Afrique, il apporte son savoir et sa sagesse aux plus grands noms du genre. Et c’est en France qu’il trouve ses disciples les plus fidèles.

Tyrone Downie accompagne le Secteur Ä au clavier sur la scène de l’Olympia en 1998.

Tyrone Downie aime la France, et la France le lui rend bien. Il passe les années 90 et 2000 sur le territoire, où il fonde deux familles : la sienne et celle du reggae français. Il honore de sa présence et ses conseils Jacky et Ben J des Neg’Marrons, Passi et bien d’autres. Il crée surtout un lien exceptionnel avec Tiken Jah Fakoly, une figure reggae forte et révolutionnaire, comme lui. En 2002, il dirige l’opus Françafrique et travaille de près ou de loin sur les suivants. Leur collaboration perdure jusqu’à ce 4 novembre, jour de sortie de Braquage de Pouvoir, le 11e album du chanteur ivoirien produit par le rastaman. Fakoly perd aujourd’hui l’un de ses mentors, comme Downie en 1981: « c’était un clavier d’or, et un homme de confiance de Marley : quand Bob avait trop fumé et qu’il était trop high il emmenait Tyrone […] pour répondre aux interviews (rires). C’était un grand frère, que j’appréciais beaucoup ». Tyrone Downie n’aura pas eu l’occasion de livrer l’album solo sur lequel il travaillait, mais il livre le disque Women piloté pour le groupe Jahzz, à paraître le 8 novembre. 

© Patrick Lüthy
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