The Soul Rebels, la Louisiane en fusion

the soul rebels

Avec leur nouvel album Poetry In Motion, l’équipe des Soul Rebels mêlent leurs talents de musiciens chevronnés pour transporter le funk et la soul de la Nouvelle-Orléans dans une dimension fraîche et urbaine.

Actifs depuis 1995, Derrick Moss et Lumar LeBlanc, membres fondateurs de ce big-band décidèrent à l’époque de jouer ce qu’ils entendaient sur les ondes, en y ajoutant le contexte traditionnel des fanfares au sein desquelles ils ont grandi. Auteurs de huit albums, ils ont définitivement été propulsés sous le halo de lumière grâce à leur précédente sortie Unlock Your Mind, partageant alors la scène avec les plus grands groupes de pop-rock internationaux. Enfin remis de ce gros boum discographique, les huit musiciens sont de retour sept ans plus tard, accompagnés d’invités prestigieux de cœur, choisis pour la plupart dans l’écosystème artistique foisonnant de leur région d’origine. Hormis le pianiste Robert Glasper, c’est donc une sélection locale d’artistes venus de la Nouvelle-Orléans qui viennent prêter main forte au groupe, comme le virtuose Trombone Shorty, le saxophoniste Branford Marsalis, le chanteur PJ Morton ou Big Freedia, reine de la bounce music.

 

Ainsi, c’est dans la fusion des genres que les huit gars mettent toute leur énergie, jouant à la fois sur le rythme et les émotions, dans un état d’esprit propre au son de leur Louisiane natale. Ils démarrent leur album en grande pompe avec l’épique « Blow The Horns », petit bijou de R’n’B moderne. Tout en se permettant une marge de manœuvre pour laisser leurs cuivres s’exprimer en toute liberté, les Soul Rebels explorent aussi le rap avec le flamboyant « Greatness » ou « Real Life », qui emprunte son énergie à The Roots, déviant aussi parfois vers une soul résolument urbaine, comme sur le joyeux « Down For My City » aux doux airs de gospel. Si le groupe tente parfois des incursions plus ou moins réussies pour plaire au grand public avec le très pop « Good Time » ou « Up To You », essai reggaeton déguisé en tube de l’été, ils ne perdent pas de vue leur maîtrise du jazz, offrant aussi quelques délicieux instants organiques à l’image de « Respected Destroyer » ou la conclusion « Blush ». À force de sans cesse élargir leur éventail de styles, la musique des Soul Rebels pourrait en dérouter plus d’un, mais gardons à l’esprit que la spontanéité et l’authenticité de ce Poetry In Motion en font sans conteste un véritable remède contre l’ennui.

Poetry In Motion, sortie le 25 octobre via Mack Avenue.