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The Pan African Music Magazine
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Pedro, un ticket pour Lisbonne et le reste du monde

Le producteur lisboète, digne héritier des Buraka Som Sistema, nous embarque avec Da Linha dans un voyage addictif qui relie les banlieues métissées de Lisbonne au reste du monde. PAM a voulu en savoir plus sur ses secrets de fabrication. Allo Pedro ? 

Révélé en 2017 avec son premier EP ultra percussif Damaia 2.0, Pedro Mauricio (de son vrai nom) s’est très rapidement installé comme l’un des producteurs les plus prometteurs de sa génération au sein de la fourmillante nouvelle scène électronique lisboète. Lui qui a grandi à Damaia, ville de la proche banlieue de Lisbonne, a été abreuvé des musiques africaines qu’il entendait au-dehors, tandis qu’à la maison, c’est son grand frère qui se chargeait de son initiation aux musiques électroniques. Son premier album, en forme de carte sonore, sonde les entrailles et l’identité de ce “nouveau son de Lisbonne”. Le son de la ligne, da linha en portugais. C’est le nom de l’album et une référence à la ligne Sintra, la ligne ferroviaire qui connecte la capitale portugaise à sa banlieue, avec pour terminus la ville d’Amadora. La pochette du disque reprend d’ailleurs de manière très graphique les couleurs et les codes d’un ticket de transport de la fameuse ligne « J’ai décidé d’appeler mon album « Da Linha » en guise de remerciement et pour rendre hommage à toutes les influences que Damaia et toute la ligne de Sintra m’ont apporté, comment cela m’a façonné en tant que producteur et DJ, j’essaie toujours de me représenter à travers le lieu d’où je viens » nous confie-t-il. 

Si Pedro reste très attaché à ce territoire qui est la source de toute son inspiration, il n’en demeure pas moins très ouvert sur le monde. C’est ce qui saute aux oreilles une fois l’écoute de l’album lancée et que l’on se penche plus en détails sur la liste des invités. Avec pas moins de sept collaborations sur les dix titres qui composent ce voyage au fil de la ligne, le DJ et producteur établit, depuis son bercail, des ponts entre l’Amérique latine (le génial duo brésilien DKVPZ, le Dominicain Kelman Duran et le Portoricain Xcelencia, tous deux basés à Los Angeles) et l’Afrique (avec le MC ghanéen Bryte et son homologue nigérian Magugu, respectivement installés à Londres et Cardiff). “Je suis vraiment heureux d’avoir eu la chance de travailler avec des artistes et des producteurs aussi uniques dans tout ce processus, car c’était la première fois que je me mettais au défi de travailler avec des artistes de genres différents afin de réaliser quelque chose qui établit un équilibre parfait entre mon univers et le leur » explique Pedro, dont l’esprit d’échange et de collaboration ne date pas d’hier. Et c’est plus particulièrement avec son acolyte et mentor Branko, qu’il épaule depuis qu’il a rejoint les rangs d’Enchufada, label phare de Lisbonne et défricheur de la global dance music, qu’il multiplie les apparitions ces dernières années : “Branko, honnêtement, c’est très facile de collaborer avec lui, car c’est mon influence musicale principale. J’ai grandi en écoutant énormément Buraka Som Sistema (le groupe de Branko, NDLR).” Après s’être mis au service de son idole devenu collègue sur ses deux albums “Atlas” et “Nosso”, Pedro ne pouvait qu’inviter Branko à sauter dans sans son train pour enregistrer “Takré”, une ballade afro-house enivrante à souhait, qui montre la complémentarité de leur talent.

À 28 ans, cette première étape solo dans la carrière de Pedro offre son lot de fusions à la fois intrigantes et irrésistibles et marque un vrai pas en avant dans la démarche artistique du producteur. L’intéressé acquiesce : “Avec cet album, qui est mon premier, j’ai vraiment essayé d’aller plus loin avec tout ce que j’ai pu faire jusqu’à aujourd’hui, comme une version 2.0 de ce que je suis en tant qu’artiste.” Cette évolution se fait particulièrement entendre sur l’obsédant single “Calores” avec son groove tribal suffocant parsemé de flûtes des Andes comme passées sous acides, offrant ainsi un des nombreux bangers dont recèle l’album. En sortant de sa zone de confort tout en restant profondément enraciné dans son environnement, Pedro ajoute une nuance de plus à la palette de couleurs de la scène lisboète qui l’inspire tant, et rejoint avec panache ses têtes d’affiche : “Honnêtement, la scène de Lisbonne et tout ce qui se fait au Portugal en ce moment est bien plus inspirant que ce qui se fait à l’étranger. (…) Le son de producteurs comme Branko, Dotorado Pro, Dengue Dengue Dengue d’Enchufada et de gars comme DJ Nigga Fox, DJ Lycox et Nidia du label Principe est vraiment intéressant et étonnant. Tous ces producteurs font, à mon avis, la meilleure musique du moment”.

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