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The Pan African Music Magazine
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Omar Sosa & Seckou Keita : la rencontre fortuite de deux instrumentistes géniaux

Retour sur la rencontre de deux virtuoses, qui en 2017 prit la forme d’un disque. Transparent Water est aussi éclectique que cohérent, comme le camaïeu des couleurs de l’Atlantique noir.

Depuis les aventures de Vincent Ségal & Ballaké Sissoko, on savait que la kora se mariait à merveille avec les instruments occidentaux. Que dire alors, quand celle de Seckou Keita, virtuose casamançais, s’acoquine avec le piano aussi noir que Cubain du prolifique jazzman Omar Sosa ? Le résultat est un voyage extraordinaire de douceur, de sensualité et d’énergie, coulant comme la plus cristalline des eaux. Transparent Water, le titre est bien trouvé. Il convient à merveille à cette suite aux allures de longue méditation, née de la rencontre fortuite de deux instrumentistes géniaux, invités par la batteur Mark Gilmore lors d’un de ses concerts londoniens. C’était en 2012, et la suite n’est qu’une longue maturation entre les envies et les idées de deux frères qui viennent de se rencontrer.

Leur disque, dont les premiers morceaux sont enregistrés en 2013 en Allemagne, a les couleurs éclectiques et profondément cohérentes du camaïeu bleu de l’Atlantique noir. Les héros de l’ancien Empire du Mali, les dieux cubains évadés d’Afrique, les fiers guerriers zulus descendus du ciel, les princes arabo-andalous, bref les personnages qui hantent les imaginaires africains courent avec naturel le long de ces plages sublimes. Mais les voyages ne s’arrêtent pas là, puisque des  instruments, des hommes et des femmes ont été conviés à élargir encore les étendues toujours lumineuses de Transparent Water. La flute traditionnelle chinoise sheng de Wu Tong, le Koto japonais de Mieko Miyazaki, ou encore le géomungo (cithare coréenne à 16 cordes) de E Joung-Ju (pour ne citer que ceux là) raccourcissent les distances et se rient des époques. Quant à Seckou Keita et Omar Sosa, insatiables, ils abandonnent parfois leur instrument de prédilection pour « parler » au synthé et au marimba (Sosa), au talking drum ou au sabar (Keita). Gustavo Ovalles, percussionniste et compagnon cubain des horizons d’Omar Sosa, ne les lâche pas d’une semelle. L’ensemble sonne comme un orchestre de chambre, mais d’une chambre ouverte à tous les vents, à tous les océans… Transparent. 

Omar Sosa & Seckou Keita, Transparent Water,  World Village

Crédit photo : Thomas Kruesselmann / World Village

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