TootArd, un groupe sans nationalité originaire du plateau du Golan

TootArd est un groupe originaire du plateau syrien du Golan qui fusionne adroitement la musique touareg, la musique arabe classique et les grooves reggae/ska d’inspiration africaine. Leur second album Laissez Passer est unique en son genre de par sa musique et son contexte. 

Crédit photo : Mercedes Ortego Gonzalez
TootArd (fraises en arabe) est un groupe originaire du majestueux village de Majdal Shams sur le plateau occupé du Golan, une zone conquise par Israël aux dépens de la Syrie en 1967 qui représentait à l’origine un intérêt militaire et qui reste aujourd’hui une réserve d’eau cruciale. Mais ces habitants ne sont pas Israéliens, ils n’ont aucune citoyenneté et pas de passeport. Juste un Laissez-passer. Un nom d’album plus qu’approprié pour les membres du groupe qui n’ont comme seul document officiel ce « Laissez passer ». L’album sortira sur le label Glitterbeat Records le 10 novembre.

C’est à partir de 2010 que TootArd a commencé a jouer sur le plateau de Golan, puis ont décidé de faire route vers Jérusalem et la Palestine.

« Nous avons beaucoup joué. Mais en 2014, nous avons senti une lassitude, une envie de changement. Nous avions besoin de faire une pause. J’ai décidé de déménager en Europe, d’abord à Berlin puis à Berne. Mais nous avions tous décidé qu’un jour nous allions tous rentrer à la maison pour nous réunir et faire un concert dans notre village », explique le chanteur et guitariste Hasan Nakhleh.

« Mon frère Rami, batteur du groupe et moi avions déjà commencé à travailler, des premières maquettes qui nous semblaient différentes, qui portaient un nouveau message. Tout le monde s’est réuni et nous avons enregistré l’album en quatre mois. Nous avons tous vécus de nouvelles expériences et ça se ressent dans notre musique, nous avons l’impression d’avoir avancé, changé .. Le résultat est une fusion de Blues touaregs chanté en arabe et de groove Reggae/Ska – une musique à la fois calme et triste – une musique qui nous représente aujourd’hui, des gens qui ont une maison mais pas de nationalité ».

Crédit : Mercedes Ortego Gonzalez