Toofan : retour sur une success story made in Togo

Après plus de dix ans de carrière, le duo togolais s’est fait un nom bien au-delà des frontières du pays. Retour sur sa success story.

Décor lumineux, ambiance festive embrumée de fumigène… c’est dans cette atmosphère qu’on retrouve le duo togolais TOOFAN en featuring avec le nigérian Patoranking sur leur dernière sortie, « Ma Girl ». Elle est loin derrière eux, l’époque où les deux compères chantaient pour soutenir l’équipe de football togolaise avec des sapes à deux balles sur des corps maigrichons. Si, aujourd’hui, le duo est respecté et a tout récemment signé avec une des majors, Universal Music, il est important de rappeler qu’il y est arrivé au prix de sacrifices, loin des strass et paillettes, dans un environnement où la chance apparaît comme une fiction. Entre vicissitudes, difficultés et peines musicales surmontées au cours de plus de 10 ans de carrière, voici l’incroyable histoire qui se cache derrière ceux qu’on appelle les « fils du vent ». Une histoire aux allures de success story, celle d’un groupe qui a su oser pénétrer un secteur qu’on jugeait au Togo peu prometteur, et tirer son épingle du jeu.


Le football comme tremplin

Le premier morceau qui a fait connaitre le groupe TOOFAN (au début un trio composé de Masta Just, Barabas et Allone), était un hommage aux Éperviers, les joueurs de l’équipe nationale de football du Togo. Composé en 2006, durant les qualifications pour la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) et du Mondial, le titre « Epervier ogbragada » est vite devenu un hymne galvanisant les supporters togolais, au point que le groupe a été du voyage en terre allemande, qui hébergeait cette année-là l’évènement. Ce fut le tout premier grand succès des Toofan, jusqu’alors totalement méconnus. Le groupe revient au pays avec seulement deux personnes (Barabas & Master Just) et décide d’aller au-delà de cette aventure favorisée par le football.


La confirmation

Justement, pour casser l’image d’un groupe éphémère ne chantant que pour les supporters, ils tentent en 2007 de se lancer avec d’autres thèmes. Les titres comme « Parlé Parlé » ou « Zemidjan » voient le jour, toujours dans le même rythme qu’ « Epervier ogbragada ». Car « Obragada », désormais, devient le nom qu’ils donnent à leur propre style. C’est un mot éwé (langue du sud-Togo) qui signifie « debout » ou « être en pleine forme ». Le concept « Ogbragada » est un mélange de rap, d’ambiance, et d’une petite touche de comédie. Il faut dire que depuis le début de leur carrière, le groupe a été créateur de ‘‘concepts’’. Leur musique un brin loufoque, décomplexée et faite de lyrics faciles à retenir n’a pas toute de suite fait l’unanimité, car bien des mélomanes considéraient que leur musique aurait dû être engagée, sérieuse et non juste faite pour divertir ou danser. Mais les fous de Toofan n’ont pas abdiqué. Fixés sur leur objectif, ils font donc émerger le mouvement ogbragada, vite adopté par plusieurs artistes du pays. Avec ce registre, deux albums verront le jour. Il s’agit de ogbragada 2006 et Confirmation. Ils font alors plusieurs concerts dans tout le Togo.


Le grand bond hors du Togo

On est en 2009 et contre toute attente, le titre « Attaquant » sort en vidéo sous la direction de Boss Playa qui détenait le marché de la réalisation de clips vidéo en Afrique francophone. Le groupe frappe fort avec cette nouvelle réalisation. Alors que la surprise était à peine digérée survient, trois mois après, le tube « Déloger ». Avec une telle stratégie, l’Afrique finit par les connaître, et par reconnaître leur côté créatif. Dès lors, l’ogbragada gagne encore du terrain. Les « fils du vent » s’imposent définitivement comme le groupe togolais urbain le plus en vogue de son temps. Plusieurs autres concepts verront  ensuite le jour comme : « COOL CATCHÉ », « GWETTA », « TERE TERE » et tout récemment « MA GIRL ». En tout, le groupe compte 5 albums, tous des opus à succès : Ogbragada 2006, Confirmation, Carte de visite, Overdose et Virus.

En terme d’innovation, Toofan a mis la barre très haut en soignant ses clips à l’instar de : « cè magik », « un truc de fou », « garde la joie », « ma girl » pour ne citer que ceux-là. En termes de collaborations, plusieurs grosses stars ont posé sur leur chanson comme DJ Arafat, Chidinma, Patoranking…

Aujourd’hui, signé chez Universal, le groupe qui avait l’habitude de dire « ce n’est que le début du commencement » peut souffler un grand ouf de soulagement en disant : maintenant l’aventure peut commencer.

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