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The Pan African Music Magazine
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Sly Johnson, la playlist de sa vie

L’ancien du Saïan Supa Crew revient avec deux projets passionnants : le spectacle Hip-Hop 4 Kidz, et un nouvel album en mai sur le prestigieux label anglais BBE. Pour PAM, il déroule la playlist de sa vie.

Avec son flow irrésistible, Sly Johnson a commencé à briller aux premières lueurs du hip-hop tricolore en embrassant toutes les disciplines (chant, beatbox, danse, deejaying)… Il s’est d’abord fait remarquer à la fin des années 90, sous le nom de Sly The Mic Buddah avec ses aventures au sein du génial collectif Saïan Supa Crew, connu pour son tube « Angela ».

Depuis 2007, il mène une carrière solo jalonnée de collaborations avec des artistes venus d’univers variés (la chanteuse Camille, le pianiste jazz Jacky Terrasson, le rappeur Oxmo Puccino, etc). Simplement intitulé Silvère, en référence à son prénom, son dernier album, sorti en 2019, se voulait résolument plus intimiste. Après ces mois de confinement, Sly est de retour avec un nouvel album new soul hip-hop qui s’intitule justement 55.4 (55 en référence aux 55 jours de confinement et 4, car c’est son quatrième album solo). Sly (qui vient d’en publier un extrait, « Trust me ») prouve qu’il est toujours à la fois un puissant soulman à la voix de velours, un beatboxeur élastique, un danseur joyeux, et un deejay passionné de musiques éclectiques. 

Avec le projet live Hip-Hop 4 Kidz, il s’attache à transmettre au jeune public (et au reste de la famille) sa passion pour la culture hip-hop en racontant son histoire avec un groupe en live qui joue des classiques français ou américains (IAM, NTM, RUN DMC, MC Solaar…). Il nous déroule la discothèque de sa vie, de la musique afro-cubaine d’Aragon à la rumba de Tabu Ley, en passant par le rap français de NTM ou celui des pionniers américains de Sugarhill Gang.

Orchestra Aragon

« C’est la vie mon cher »

L’une des choses les plus difficiles qu’on peut me demander, c’est de choisir un morceau ou un disque de ma jeunesse !

Je vais donc choisir « C’est la vie mon cher » que mon père, disparu il y a peu, écoutait beaucoup. Mon père était très fan de musique afro-cubaine. J’aime beaucoup ce morceau avec ce refrain bizarrement en Français « c’est la vie mon cher » ! Quand je le réécoute, je pense à mon père. Quand j’étais petit, il m’a fait écouter beaucoup de musiques afro-cubaines, salsa, son, boléro. On écoutait la Fania All stars, donc Johnny Pacheco, Célia Cruz, et Ray Baretto évidemment ! Ce sont vraiment les musiques qui m’ont bercé. Mon père écoutait aussi beaucoup de jazz : Fats Domino, Armstrong, Jimmy Smith, etc. J’ai baigné dans tout ça. Mon père écoutait aussi de la chanson française, Ferrat, Léo Ferré, Gilbert Bécaud, Alain Barrière. Mon père avait besoin de musique, après sa journée de travail en usine où il travaillait sur des très grosses machines. Certainement que la musique l’emmenait ailleurs, loin des soucis. C’était vraiment sa passion. Et j’ai pris le pli. À tel point que, quand il partait au travail, je sortais ses vinyles pour les écouter.

Tabu Ley Rochereau
« C’est comme comme ça la vie »

Mon père est né et a agrandi au Congo avant d’émigrer en France, mais il écoutait peu de musique congolaise, et surtout pas de soukouss ! Il adorait quand même Tabu Ley Rochereau et le TP OK Jazz : les classiques, les basiques !

J’ai grandi avec mon père, sans ma mère. Alors, lorsqu’il mettait de la musique ça me permettait de m’évader. La musique me faisait énormément de bien, elle venait combler l’absence de ma mère, un gros manque.  C’est la musique qui m’a ouvert les bras, je me sentais aimé par la musique qu’on écoutait. Ça m’a permis de traverser la vie avec moins de difficultés, et d’être certainement moins triste.

MC Sar & The Real McCoy
« It’s On You »

C’est le premier disque que je me suis acheté avec mes sous, je me souviens c’était une cassette que j’ai trouvé Monoprix ! Je ne pourrais pas le réécouter aujourd’hui ! C’est un morceau guilty pleasure (qu’on a honte d’aimer mais qu’on aime quand même, NDLR), mais je l’ai beaucoup écouté sur mon premier Walkman, avant qu’on m’offre Thriller de Michael Jackson. Le choc ! C’était fou ! On écoutait beaucoup les radios généralistes comme France-Inter, RTL, Europe1, mais je me suis fait aussi ma culture grâce à la télé avec M6. Et c’est plus tard que je suis tombé en amour pour la musique et la culture hip-hop.

Public Ennemy
« Welcome To The Terrordome »

Ma première rencontre avec Public Ennemy, s’est passée en colonie de vacances en Corse ! Un grand m’a mis ce disque dans les oreilles ! J’ai détesté, je n’ai pas compris. Je devais avoir 10 ans.

Plus tard, au collège, j’avais un pote qui achetait des nouveautés rap toutes les semaines. Chez lui, j’ai découvert le premier album de Gangstarr, Step in the Arena, que j’écoute encore aujourd’hui, et aussi Big Daddy Kane, Erik B & Rakim. C’est lui qui m’a fait (re)découvir Public Ennemy. Le son me parlait beaucoup plus à ce moment-là, là j’étais prêt !

À l’époque, on se passait aussi des K7 VHS de l’émission MTV RAP et on écoutait Dee Nasty sur Radio Nova. Et c’est comme ça que je me suis mis à danser et à faire du beatbox, et plus tard à rapper. J‘ouvrais la fenêtre pour pouvoir me regarder m’entraîner dans le reflet. Je mettais le son de Public Ennemy à fond : je voulais donner du rap à ma rue !

Little MC
« Tu ressens le son » featuring Manu Dibango

Si je devais citer un groupe de rap français qui m’a influencé au départ, ce serait les Little MC. J’écoutais ce morceau avec Manu Dibango en boucle, je l’avais en cassette, mais je l’ai perdu hélas. J’adorerais le rejouer en soirée quand je suis DJ.

The Sugarhill Gang
« Rappers’s Delight »

C’est bien sûr un titre important qui a marqué, c’était LE premier morceau « commercial hip-hop ». D’ailleurs à l’époque, il n’était pas du tout apprécié par la communauté naissante du hip-hop qui trouvait que ça ne la représentait pas. Nous, en France, on ne s’en est pas rendu compte de tout ça. C’était surtout un morceau qui fait danser, un titre hyper efficace avec le sample « Good Times » de Chic. Aujourd’hui, le chanter devant des enfants dans Hip-Hop 4 Kidz, c’est émouvant pour moi !

DOUG E FRESH & Slick Rick
« The Show »

C’est un des premiers morceaux qui m’a fait découvrir le beat box.

Pour moi le beatbox, c’était un nouveau moyen d’expression, alors que tout petit, j’étais très mutique. Ca me permettait de chanter sans les mots, et surtout d’exister tout court. Je me suis libéré grâce à la musique. Je me suis enfin senti vivre après avoir été empêché de parler.

Pour nos parents, qui venaient d’arriver d’Afrique, ce n’était pas simple d’exister, d’être à l’aise dans la société française. C’était violent. Comme beaucoup, mon père a voulu se fondre dans la masse. Certainement par amour et par esprit protecteur, il m’a transmis ce truc de faire profil bas, de ne pas être trop extravagant, de bien parler français sans accent, et de pas parler sa langue natale.

Toutes ces choses-là, ça crée de la frustration. Et la frustration amène de la colère et de la tristesse. Il fallait un moyen d’exprimer tout ça. Donc c’est complètement normal si je fais de la musique aujourd’hui. Au final, je danse, je saute partout, je m’amuse. Ce que je ne pouvais pas faire à la maison, je le fais sur scène aujourd’hui !

Fonky Family
La furie et la foi

IAM m’a beaucoup marqué parce qu’au-delà des rivalités Paris-Marseille, je trouvais qu’ils avaient un son très américain. C’est normal puisqu’Akhenaton a passé beaucoup de temps aux États-Unis ! Mais le morceau qui représente Marseille pour moi c’est « La furie et la foi » de la Fonky Family. Je trouve ce morceau monstrueux, c’est un des plus grands morceaux du rap français ! 

NTM
« Je rap »

J’ai aussi beaucoup écouté NTM bien sûr ! J’aime beaucoup « Je rap », un des premiers titres du groupe, paru dans la compilation Rapattitude. J’aime aussi beaucoup « That’s My Peole » que je chante aujourd’hui sur scène. J’adore l’ambiance du morceau :  ça sent la rue, le trottoir, le caniveau, la bombe projetée sur le mur. Ca ne triche pas ! Il y a la douceur du sample de Chopin et la rugosité du rap, de la rue. La rencontre, le choc !

Sly Johnson
« Trust Me »

C’est un titre issu de mon nouvel album qui va paraître en mai, qui s’appelle 55.4 en référence aux 55 jours de confinement, et 4 car c’est mon quatrième album solo.

« Trust Me » c’est une reprise d’un artiste funk gospel des années 70 qui s’appelle DJ Rodgers, que j’ai découvert par mon ami DJ JP Mano.

Quand j’ai entendu l’original, j’ai tout de suite su ce que j’allais faire, et j’ai fait ce morceau en trois jours ! Sur ce disque, j’ai pu me retrouver artistiquement, m’amuser, tester des trucs, expérimenter, aller au bout de mes idées, de mes rêves, de mes envies ! J’ai hâte de partager cet album avec le public !

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