Word Circuit poursuit la republication de ses classiques en vinyle

omara portuondo

Le label anglais qui a ouvert les portes de l’Occident au Buena Vista Social Club, Ali Farka Touré ou Oumou Sangaré, poursuit la réédition de ses « classiques » en vinyle. Dans cette récolte d’automne, les Cubains Guillermo Portabales & Omara Portuondo.

Cet automne, le label continue de fouiller dans ses malles pour en rééditer, pour la premières fois en vinyle, les plus belles pépites. Le 4 octobre dernier, 23 ans après sa première parution chez World Circuit, reparaissait l’extraordinaire album « El Carretero » du Cubain Guillermo Portabales. 

Une réunion des grands classiques de ce chanteur paysan, né dans le centre de l’île, qui fit ses débuts à la radio en 1928, à 17 ans, s’en retournant cultiver ses champs après avoir fait entendre ses guajiras, un genre rural qui voyagea jusqu’aux villes et qui s’inspire des poésies improvisées que les émigrés des Canaries importèrent à Cuba.

Mais le chanteur et guitariste quitterait bientôt l’île pour Porto Rico, où il fit connaître ses compositions et rayonner d’autres genres tels que le son, ou encore  – après avoir écumé les Amériques en tournée – la cumbia qui infuse toute l’Amérique latine. La carrière du magnifique chanteur s’interrompit brusquement lorsqu’un jour de 1970, à Porto Rico, il fut renversé par une voiture et y laissa la vie. 

L’album porte le titre de sa chanson la plus connue, El Carretero (le charetier). On y entend un paysan face au dur labeur quotidien, partant décharger sa charrette, espérant se marier et mener une vie simple au milieu de ses champs, et des fruits qu’ils lui donnent.

La chanson a été maintes fois reprise, par le Buena Vista Social Club bien sûr, mais aussi en Afrique par l’Orchestra Baobab, Cheikh Lô, ou encore par Franco et l’OK Jazz (sous le titre « A Moins Que Namikosa »).

Sur la piste cubaine, le label republie également le disque de la diva Omara Portuondo, d’abord révélée en Occident par le disque du Buena Vista Social Club et le film éponyme de Wim Wenders (dans lequel elle interprète un langoureux duo avec Ibrahim Ferrer tandis que la caméra tourne lentement autour d’eux).

Omara est donc son premier album solo dans la collection « Buena Vista Social Club presents ». Comme ses compères Compay Segundo, Ibrahim Ferrer ou Ruben Gonzalez, elle avait alors une longue carrière derrière elle, commencée dès les années 50, avant même l’avènement de la révolution cubaine. Elle se distingua notamment au cabaret Tropicana de la Havane, dont le directeur musical signera bien plus tard les arrangements d’Omara, enregistré en 2000 dans les mythiques studios Egrem qui captèrent une grande partie de l’histoire musicale cubaine. Guillermo Portabales comme Benny Moré (avec lequel elle chanta) font partie de ses compositeurs favoris, dont elle reprendra régulièrement des titres (ici, « ¿Donde estabas tu? »). A 88 ans, la chanteuse vient de terminer une tournée d’adieu.

Après les fameux Ne La Thiass de Cheikh Lô, The Source d’Ali Farka Touré ou encore A Toda Cuba Le Gusta de l’Afro-Cuban All stars, Word circuit republie également le fameux album Savane d’Ali Farka Touré, ainsi que Rumba Argelina du groupe Radio Tarifa.

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