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The Pan African Music Magazine
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DJ Tron et DJ Nomad retracent l’histoire du Lovers Rock dans une mixtape

Habitué à nous servir des pépites zouk ou afro-disco, le label Secousse sort une mixtape qui survole le Lovers Rock, version sexy du reggae inventé par la diaspora caribéenne de Londres dans les années 80. Étienne Tron nous explique les raisons de cette sortie.

L’année dernière sur la BBC, le réalisateur Steve McQueen sortait la série Small Axe, série de films qui faisait le récit des immigrés caribéens dans le Londres des années 60 à 80 à travers plusieurs histoires distinctes. Parmi ces cinq métrages se détache Lovers Rock, un épisode poignant dans lequel cette version chaleureuse et girly du reggae est au centre de l’histoire. Danse et Sound System servent alors de piliers à une romance qui s’installe dans cette « blues » party privée entre jeunes londoniens aux racines jamaïcaines. C’est cette heure sensuelle, sauvage, puissante et incroyablement hypnotique qui a profondément inspiré Etienne Tron et son camarade DJ Nomad à raconter l’histoire du Lovers Rock entre 1979 et 1989. Le boss du label et webradio Secousse éclaire notre lanterne.

Extraits de la mixtape Lovers Rock

D’où t’est venue l’idée de sortir soudainement une mixtape sur le Lovers Rock ?

Parce que c’est avant tout une vibe très féminine et très love, tout ce dont on a besoin en ce moment. Parce que le réalisateur anglais Steve Mc Queen a sorti il y a quelques mois la meilleure série de l’année pour la BBC, retraçant en 5 long métrages l’histoire de la diaspora caribéenne dans le West London des années 80. Le second épisode s’appelle Lovers Rock et il m’a littéralement traumatisé. Je pense sincèrement qu’il s’agit peut-être du meilleur film de fiction musical de toute l’histoire du cinéma. Je connaissais déjà le lovers rock, la Jamaïque m’intéresse depuis toujours, c’est un peu le point zéro de l’histoire du DJing. Mais là j’ai vraiment compris à quel point cette diaspora anglaise avait révolutionné l’héritage jamaïcain, se l’était approprié, avait inventé ces fameuses Blues Parties (des fêtes sauvages dans des maisons), avait ralenti le tempo du reggae pour créer une musique ultra chaude, sexy, ultra lente, la musique ultime pour les câlins et l’amour. Pour info le dernier morceau de mon mix est la version de l’hymne de Janet Kay, « Silly Games » (peut-être le plus grand morceau de lovers rock) mais en version directement tirée du film : on entend le DJ, les bruits de la soirée, et ça finit en a capella, tout le dancefloor chante à l’unisson, cette scène donne vraiment des frissons. Je l’ai gardée telle quelle.

Sur quels critères as-tu choisi les morceaux ?

Ce sont des vinyls perso, pareil pour mon acolyte Nomad. Je collectionne le Lovers Rock depuis quelques années et le truc cool c’est que les vinyles ne valent quasi rien (en tous cas jusqu’à la sortie du film de Steve Mc Queen, qui va changer la donne !). On a pu donc en acheter beaucoup ces dernières années. On a essayé tous les deux de construire un mix digne de ce nom, qui se tient, qui raconte une histoire, qui monte et qui descend mais toujours en gardant une certaine fluidité. J’ai aussi choisi quelques morceaux jamaïcains et pas anglais pour montrer l’affiliation avec l’île originelle. Par exemple, le vrai connecteur, le parrain de cette scène, il me semble que c’est Sugar Minott, un chanteur mythique qui vivait entre les deux pays… Nomad et moi n’avons pas épuisé toutes nos cartouches, loin de là, on  a tous les deux beaucoup plus de disques en stock qui ne figurent pas dans ce mix, on en fera peut-être un volume 2.

Peux-tu nous présenter ton collègue DJ Nomad ?

C’est un ami berlinois, gros collectionneur de musiques afro comme moi, un DJ que je fréquente depuis de nombreuses années et qui a souvent les mêmes goûts que moi en musique (on est aussi tous les deux fans de soukous par exemple). Pour moi c’est un des meilleurs diggers de musique afro du monde entier (je m’inclus aussi dans le top héhé). J’ai fait appel à lui sur ce coup parce que je me suis rendu compte qu’il s’intéressait aussi au lovers rock depuis pas mal de temps, mais lui se concentrait sur la période plus digitale d’après 1985, celle ou les studios pros ont laissé la place aux home studio, les machines ont remplacé progressivement les instruments acoustiques. De mon côté j’ai géré ma période préférée, celle des débuts du genre à la fin des années 70 jusqu’à mi 1980. On était donc parfaitement complémentaire pour balayer toute l’histoire de cette mouvance.

Pourquoi as-tu choisi ce format hybride qu’est la cassette USB ?

Un peu pour la blague ! Ce format est complètement ridicule, et pas très écolo, j’avoue. Mais j’avais envie d’un objet physique, de commissionner un artwork original. L’illustrateur s’appelle Wayne Evans d’ailleurs, un petit jeune du Wisconsin que j’avais découvert parce qu’il faisait des supers flyers de soirée pour le très bon label Terrestrial Funk en Floride. Pour en revenir à la clé USB, j’avais envie que les gens puissent brancher la clé directement dans leurs auto radios, c’est toujours une bonne idée de rentrer dans les playlists des bagnoles. Pour finir, j’ai de l’affection pour le format cassette, mais le son est quand même assez pourri, et tellement peu de gens ont encore de quoi en écouter. Donc la cassette USB me semblait un bon compromis.

Précommandez la mixtape ici.

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