3 revenants du festival Nyege Nyege racontent leurs folles nuits

Il aura fallu près d’un mois à DJ « Discolowcost », DJ  « Le Fils du Tourisme », et Olivier Tura, directeur du Trempolino (Nantes) pour se remettre du festival Nyege Nyege.

Photographie : Fulu Miziki par Jeanne Lacaille

Revivez leurs folles nuits en lisant leur reportage très personnel à trois voix. Un mois plus tard, il ne s’en sont toujours pas remis.

B : 5 h du mat’ RDV au taxi, 7h décollage, 9h Bruxelles on écoute un affreux mashup de Niska et Yannick en mangeant un panini. Plusieurs films plus tard, quelques siestes, des quantités astronomiques d’emballages de nourritures et la découverte d’une appli de mix pour téléphone que le Fils du Tourisme aura du mal à lâcher, nous voilà à Entebbe. On attend un artiste qu’on ne verra jamais et est censé venir avec nous au festival, il se verra remplacé par Moesha 13 dont on vous laissera apprécier les prestations plus tard.

J : « Welcome back ! » résonne dans ma tête en posant mon pied sur le tarmac de l’aéroport d’Entebbe. Retour en terre sainte du rolex, du dancefloor sans demi-mesure, accompagné de mes 2 nouveaux compères Olivier (Trempolino) et Ben (Discolowcost).

Pas le temps de flâner devant le shop Coca Cola qui impose son opulence dès la sortie du hall, une navette estampillée « Nyege Nyege » nous conduit directement de l’aéroport à Jinja, histoire de ne pas faire les trajets à moitié. Il va falloir réviser ses bases, je me sens un peu saint guide mes chers apôtres, le temps de quelques heures. Je me dis que c’est le moment de lâcher les chiens et avertir tout le monde sur les plus gros risques du pays et du festival. « Bon les gars, 2/3 trucs à savoir, la route c’est parfois le dawa, on s’est pris un tronc d‘arbre l’an dernier dès la sortie de l’aéroport à 140 km/h, mais de toute façon on ne peut rien y faire. » Belle façon d’annoncer à ses copains les risques sans évoquer des solutions.

O : Joss, tu n’as pas menti. À peine entrés sur l’autoroute entre Entebbe et Kampala, une voiture arrive à contresens. Je regarde le chauffeur, une main sur le volant, l’autre à son oreille pour téléphoner, je regarde à nouveau la route, j’ai chaud… Quelques coups de klaxons et d’appels de phares plus tard, la voiture est évitée. Le chauffeur se tourne vers moi et dans un sourire me dit : « This is Uganda, man. »

J : Une fois passé le speech sur l’importance de reconnaître le spécimen de serpent qui te mord pour bénéficier du bon anti-venin et sur le risque flagrant de pickpocketage sur le festi, les gars et Moesha 13 (qui a également bénéficié de mes précieux conseils) sont je crois parés pour le trail !

Arrivée à 1h30 du mat’ au Nile Hotel Jinja, je remercie infiniment le chauffeur et sa conduite de fou/feu, qui va me permettre je l’espère de voir cette fois-ci le show de McZO & Dj Duke jouant à 2h sur la Darkstage ce jeudi 5 septembre, 1er jour de cette 5e édition du Nyege Nyege. L’histoire dit qu’on a même eu le temps de boire une bière avant de se mettre dans le bain. Merci chauffeur !!

Revenir sur les lieux du crime créé toujours ce petit mélange d’excitation jouissive, de nostalgie rocambolesque et de fierté d’enfin pouvoir se la péter en affirmant à ses camarades que l’accueil artiste avec bières et rolex à volonté c’est derrière la Mainstage !!! La réalité journalistique nous oblige à dire qu’en fait le jeudi soir, les rolex et les bières n’avaient pas encore pris quartier.

6 négoc’ de conversion de dollars en shilling ougandais plus tard et une bière à la ceinture, on s’élance dans les méandres du Nile Discovery Resort Beach jusqu’à la Darkstage (la scène aventureuse, déviante et rude du festival) pour profiter du singeli de McZO et Dj Duke, fervent défenseur du style originaire de Dar Es-Salaam.

B : Une image valant mille mots, on vous laisse juge de la performance qui s’este offert à nos yeux avec notre toute première vidéo du festival (-18 ans s’abstenir).

On terminera ce jour sans fin sur l’Eternal Disco Stage au son des copains de Casual Gabberz brillamment mixés par Bill Kouligas. 140BPM, Funktion One qui sature déjà, 17h de voyage, 5h du mat’, il est temps d’aller dormir un peu. Le véritable festival commence demain pour nous.


VENDREDI 6 SEPTEMBRE : THANK GOD IT’S FRIDAY!

Première soirée passée, téléphones toujours en poche et visualisation du site opérée, on est paré pour un vendredi un peu plus intense. On se laisse la journée pour récupérer de notre voyage et on récupère la navette artiste qui nous amène sur le site du festival.

O : La navette démarre et on entend crier au loin, en français… C’est Zoulou Choco, DJ bruxelloise et ses potes qui montent avec nous. Nous voilà six à présent et on peut d’ores et déjà dire qu’une partie de l’équipe de copains du festival vient de se constituer. 

Existe-t-il un mot plus fort que sinueux ? S’il existe, il décrirait parfaitement la route entre l’hôtel et l’entrée artistes. C’est une piste pleine de bosses, de nids de poule, et dénivelés incessants. 10 km/h max. Surtout, tout le long de la route, des dizaines de militaires surarmés, des camions de l’armée, des blindés. À l’entrée du festival, on passe sous un portique de sécurité dont la principale fonction est de confisquer tous les briquets. 

Mais lorsque les navettes se feront plus rares et que nous utiliserons les Boda (taxis-motos où on monte à 3 sans casque), nous emprunterons la route principale. Et c’est une autre réalité de l’Ouganda que nous traversons : bidonville, misère, gamins qui jouent sur des tas d’ordures, etc. Ces traversées régulières nous questionnent. Cette discussion reviendra d’ailleurs régulièrement parmi les artistes et les professionnels rencontrés sur le festival. Si le festival a un impact économique et touristique sur la région, il reste une enclave dans un des pays les plus pauvres du monde.

J : J’effectue un dernier rappel des règles de sécurité auprès de ma clique, avant de m’abandonner pour trois jours de découvertes, de danse, de transe. Comme l’an dernier, le point névralgique du festival sera l’Eternal Disco Stage, enclave au bord du Nil, royaume des pickpockets et des danseurs insatiables. Cet écrin place DJs et danseurs sur un même piédestal, un format et un état d’esprit dont on manque très fortement en France ! Il n’y a pas de scission entre la musique et le mouvement. De quoi donner à l’avenir des idées de conceptions architecturales pour les futures SMAC de France à notre cher Ben, architecte de métier.

Mon programme débute avec le DJ set de Fya LeBoof, un de mes coups de cœur l’an dernier. Une fois de plus elle envoie un set à la frontière de l’afro-house et des rythmiques latines, une recette qu’elle maîtrise. Belle efficacité ! Putains d’éphémères, c’est à nouveau l’invasion partout sur le site comme l’an dernier (nuées d’insectes volants qui ont 2h pour baiser et mourir). La protection de nos cocktails s’impose pour éviter la noyade, et le mode « abstraction des chatouillis dans le cou » est également enclenché. Paré à toute attaque !

2/3 zigzags plus tard sur le ter ter et c’est Rey Sapienz et son Congo Techno Band qui séduira mon attitude de headbangers. À domicile, le poto se donnera à 100 %, torse nu et nervosité tribale au rendez-vous.

5/6 zigzags plus tard, et c’est la Belge Zoulou Choco, rencontrée quelques heures auparavant qui m’amènera haut sur le dancefloor, set revival à la frontière des 90’s, de l’acid aux réminiscences disco. Groovy à souhait. 

Un vendredi très très copinou en soit !


SAMEDI 07 SEPT : SATURDAY IS SATURDAY

J : Bon, vendredi c’était histoire de prendre ses marques, dimanche sera « sûrement » pour décompresser, donc samedi tout est permis, on donne le maximum, on vise le max de découvertes ! Mon DJ set sur la Bell Stage est également programmé pour 19h.

Heureusement qu’on est équipé à l’hôtel, nos jeans aux poches serrés pour maintenir nos effets perso, des Sportsman King Size pour maintenir notre cancer, la capture d’écran du programme du festival précieusement envoyé par Ben sur nos GSM…

O : Ben et moi arrivons en début d’après-midi sur le site et évidemment on se rend directement sur l’Eternal, juste le temps de croiser Sébastien du festival Africolor et Morgane et Lucie, respectivement directrices de l’Alliance Française d’Ouganda et d’Éthiopie. L’occasion de se faire nos premières recommandations. Ce sera d’ailleurs notre sport d’équipe avec Sébastien : « tu as vu ça ? » « je vais voir ça ! », « il faut absolument que tu écoutes ça en rentrant ».

B : Première journée des Boiler Room de Nyege Nyege, où la programmation pointue et le cadre idyllique ont largement contribué au rayonnement international du festival.

O : Une fois à l’Eternal, première grosse claque pour moi : le DJset de Decay, voguing, baile-funk, afro-bass, tout y passe. Il est 16h et le dancefloor transpire comme s’il était 4h du matin. Et puis derrière le booth… Duchess, danseuse infatigable, devenue symbole d’un festival où le genre n’est pas une question et la liberté sexuelle un fondement.

Dans un pays où l’homosexualité est passible de prison à vie, Nyege Nyege est très clairement un des fers de lance de la défense des droits des communautés LGBTQI+.

Puis nouveau DJ set, nouvelle claque : Menzi, artiste sud-africain de gqom. Et pour l’occasion il est accompagné de Phelimuncasi… On en reparlera plus tard, car ces trois-là ont été une des vraies découvertes du festival.

Boiler Room (Day 1):

18h30, c’est l’heure, on rejoint Joss à la Bellz Stage.

J : Je me prépare à jouer un set mental sur la scène dancehall/twerk du festival, pas du tout la pression… (Joss pourquoi tu n’as pas inséré « Pon di floor » dans ta tracklist !!!!!????). 

En vrai, pas d’attente particulière, le freestyle fait parti de l’équilibre ici, donc le constat est bon : une heure de retard dans la timetable (c’est limite pas assez) et une CDJ qui déconne. Hormis cela, tout est nif, l’accueil au top, les copains sont au rendez-vous, Ben court me chercher une bière et Olivier me jette un regard du style « vas-y bébé, mets-leur une gifle et on est là si tu galères à la mettre ». J’ai mon cartable à cœurs de toute manière en guise de porte-bonheur, si je craque je pourrais me blottir contre lui le reste de la soirée.

Ça se passe plutôt pas mal, même si ça twerk moins ma foi… Comment ça, ce n’est pas possible de bouger son boule sur de la bass music/deep/tribal’bient ?

Heureusement que les rappeurs qui prennent ma suite sont venus toaster sur la fin de mon set en hurlant « Nyege Nyege ; Tchop Tchop Tchop ; Fresstylllllle », j’avais prévu le coup. Big up à eux, full respect !! (je pourrais un jour venir faire du beatbox avec vous ?).

La magie de l’instant passée, il est grand temps de retourner tous ensemble au point névralgique du festival : Eternal Disco Style !

Quelques textos plus tard (« je vais faire pipi, on se retrouve où ? »), nous voilà enfin dans l’angle de la Boiler Room pour la dernière capta de la soirée et la fin magistrale du set de Authentically Plastic. Dans les dernières minutes, une lueur de lucidité me fait brandir mon cartable à cœurs devant la caméra, pour qu’à jamais la chance et l’amour soient gravés sur YouTube et Boiler ! Hallelujah !!

On décide de rester soudés aujourd’hui avec Oliv’ et Ben. Ils sont toujours en forme et sont super entraînés. Ça me rassure un peu.

On enchaîne avec le set de Lady Hash, DJ venue tout droit d’Éthiopie. Son set met un peu de temps à me convaincre, difficile de rebondir après la puissance du final précédent. Mais la demi-heure passée, elle réussit, avec l’aide de ses punch-workeuses, à délivrer une belle énergie, se dressant par moment sur le praticable pour danser, danser avec le public, danser sur ses rythmiques afro futuristes et technoïdes. Une énergie acclamée par la foule, bien méritée, inscrivant l’Éthiopie parmi les pays à suivre de près, musicalement parlant.

O : Il faut dire que ce « Say my Name » version bass music était ultime.

J : Il est 22h, on s’accorde une pause rolex à l’espace artiste. Depuis le temps que j’en parlais, toujours pas retesté depuis l’an dernier. Figurez-vous que mon seul rolex du week-end fût pris à ce stand, et qu’il avait pour ainsi dire un air de trop peu ou de trop tout court : trop peu d’ingrédients (un œuf), trop de gras, trop de sel.

À vrai dire, il a quand même fait le job. Une heure de pause avec mes camarades OKLM, en écoutant Otim Alpha au loin déroulant une belle performance sur la Mainstage, accompagné d’une armée de danseurs traditionnels.

O : Ce rolex m’a sauvé la vie, mais voilà ma seule déception du festival : avoir raté Otim Alpha. 

Ah oui qu’est-ce qu’un rolex ?

Unanimement rassasiés, on repart admirer l’un des plus beaux mix du week-end, celui du Belge DTM Funk. Quelle démonstration technique, quel groove et quelle aisance ! 

J : On se laisse à la suite quelques instants de plus pour bouger sur Bamao Yendé, efficace, et assez bouncy pour nous échauffer avant le marathon sur la Darkstage.

Le matraquage de nuque s’opère en un quart de seconde… Slikback assure un live set spatial et dense comme il sait très bien le faire, pour moi l’une des plus belles perfs du week-end. Suivi de la Française Moesha 13 et du set impeccable de la Suissesse Bonaventure. Le « Wara » gin’to coule à flot et c’est bien la Darkstage qui remportera haut la main « le concours de beauté du plus beau line-up de la soirée  du vendredi de la 5e édition du festival Nyege Nyege 2019… » avec un chouette faux final orchestré par Fourmi Rooz, plus funky, plus tropical.

7h du mat’, Ben est mort (pour cause de concentration extrême avant son set du lendemain sur la Bell Stage), Oliv’ et moi sommes encore là. Et c’est le moment où Florian (régisseur de la Bell Stage) nous apprend que tout le line-up de la fameuse Bell est annulé pour demain (les causes sont connues, mais seront obscures pour vous, lecteurs). Ben ???


DIMANCHE 8 SEPT : THE FINAL COUNTDOWN

B : 4h de sommeil au compteur, je croise mes compères encore endormis qui ont traîné un peu plus que moi la veille. Joss se réveille dans un sursaut. C’est la voix encore cassée qu’il m’explique que l’ensemble de la programmation du dimanche a été annulée sur la Bell Stage.

Aïe, 9500 km pour ne pas jouer, hors de question. On va trouver un moyen. Géo de Maraboutage (DJ marseillais) a eu la même déconvenue la veille et a finalement mixé 3h sur la Darkstage.

Direction le petit déj, révision du mix pour se convaincre que quand même ce serait vraiment bien de le faire et départ pour le festival à la recherche d’un créneau pour pouvoir jouer.

14h, on mange un bout, on croise des gens qui nous disent qu’on va trouver une solution, 15h approche, on va jeter un œil sur la Bell Stage histoire de s’assurer que c’est toujours annulé : personne. On retourne sur l’Eternal pour le début des Boiler Room.

15h30, second rebondissement, le Whatsapp de Joss sonne lui disant que finalement je peux aller jouer. On file vers la Bell Stage, l’instal’ technique n’est pas prête et après quelques secondes d’hésitation on se dit qu’on laisse tomber ce créneau, au risque de ne pas jouer du tout. On retourne voir les concerts, et décapsulons notre première bière pour nous remettre de nos émotions. On ne capitule pas, mais rien n’est encore sûr.     

J : On débute le marathon du dimanche avec le trio sud af’ de Durban Phelimuncasi. Fuerie !! Il est 16h et j’ai déjà bien trempé le maillot. La force du gqomh associé à la prestation scénique des trois lurons, mélange de sueur, de transe sur les visages et de danses synchronisées en trio. Une des plus belles claques de cette édition à mon sens.

B : 17h la Darkstage, lieu supposé de mon futur DJ set, est censée ouvrir. Un soleil écrasant mais personne, les régisseurs dorment encore. On retourne à l’hôtel histoire de se préparer à notre dernier soir. Last but not least comme on dit.

J : Dernière pause à l’hôtel, on met notre dernière paire de chaussettes, on débat longtemps sur l’intérêt de prendre un k-way ou pas.

De retour pour le live de Don Zilla, fer de lance du label Hakuna Kulala. Dans la même lignée que Slikback, c’est une presta bien mentale, dark et dense. De quoi faire revenir d’outre-tombe tous les éphémères de la région. Mais pourquoi sont-ils encore aussi nombreux !!!!?????

On s’accroche à nouveau à l’Eternal Disco pour le live des Indonésiens Gabber Opus Operandi. Effectivement, c’est du gabber. N’ayant pas du tout l’habitude d’en écouter, ça m’a rendu fou ! J’ai dû atteindre les 70km/heure à un moment, tout en faisant du surplace. Belle perf’, la dernière fois ça devait être au Hellfest devant Body Count. Grâce à eux j’ai perdu des kilos, j’ai donc pu remanger plein de saloperies à l’aéroport au retour.

Boiler Room (Day 2):

B : On retrouve notre chouchoute Moesha 13 qui n’a toujours pas dormi et s’apprête à livrer son deuxième live en 2 jours au milieu d’une Eternal Stage au bord de l’explosion (monde, chaleur, danse,…)

22h00, c’est bon il y a un créneau vers 1h normalement, pour le closing de la Darkstage, trop cool, un mal pour un bien, clôturer cette scène est un honneur pour une première à Nyege. Enfin, normalement, car les CDJ ont disparues…

J : On file donc vers la Darkstage, voir le set de la copine Pö ! Elle délivre un set bien underground, pas de place pour la mélodie, les infrabass et les breaks sont l’axe central de son mix. Dommage que le système Funktion One des kenyans soit un peu rincé, on sent bien qu’il aurait fallu un cran au-dessus en terme de basses pour valoriser sa presta. Une prochaine fois !

B : On est sur place, les clés USB dans la poche, les gars de Nihiloxica délivrent un set techno de leur side project, alors qu’enchaîne Mc ZO et sa clique à nouveau (rappelez-vous de notre première vidéo). On fait des aller-retour entre l’arrière-scène et le public pour savoir quand cela joue, les WhatsApp n’arrêtent pas de sonner, le line-up de bouger, le suspense est à son comble. 1h15, c’est enfin sûr. On branche le backline en urgence et comme on peut, pas le temps pour les chichis, il faut envoyer direct. On se rassure avec les deux premiers tracks histoire de trouver ses marques, mais sans retour et sans casque qui fonctionnent difficile de savoir comment ça sonne.

Heureusement qu’on avait mis une stratégie en place pour vérifier cela.

Pari avait été fait de passer « Fuck le 17 » de 13 Block, pari risqué, mais tenu, un morceau en français où le sens des paroles est aussi important que la prod, mais ça marche, le public à l’air de kiffer. Les 45 minutes de mix filent à vive allure, à peine le temps de boire un coup et de refuser à un gars de brancher son tel pour l’anniv de son pote, que c’est déjà fini.

Je descends de scène un peu abasourdi mais heureux, le premier retour avant celui des potes viendra d’Hibotep (DJ somalienne) « You mixed with your heart guy, thank you ».

Je me dis que ça valait le coup d’attendre toute la journée pour la finir comme çà et profiter des derniers lives de Nyege.

B/J/O : Nos engagements respectifs terminés, il nous reste plus qu’à : danser (le seul verbe qui a vraiment du poids sur ce festival) !

Retour jusqu’au petit matin au point névralgique pour les derniers DJ sets de la soirée. Bad Sista et Shyboi délivrent deux très belles prestations où s’entremêlent baile funk, afrobass, bass music…

Quoi de mieux que de clôturer le festival avec les copains de Poko Poko (Rey Sapienz et Pö), un lundi matin à 7h30 ! Le jour s’est levé, l’ambiance est euphorique, tout le monde vient de vivre un week-end magique, cela se voit sur les tronches ! Fusion de musique, d’amour, de danse, Nyege Nyege, tu nous auras happés comme jamais. 

Les confettis volent et se faufilent dans nos cheveux soyeux comme un Rolex de l’accueil artiste. « Do it, Don’t do it » résonne au bord du Nil, tel un hymne scander aux personnes qui hésitent encore à tenter l’expérience Nyege Nyege. « N’attends pas qu’on te tienne la main pour venir, fais-le ou ne le fais pas ! »

J : « Les gars, on rentre ? Il est 8h30, y a école demain ».

O : Oui y a école ! Et les matières enseignées seront cool : Le matin, c’est RDV avec les services de l’ambassade de France et de l’Alliance Française pour échanger sur des perspectives communes de résidences et de tournées ; l’après-midi c’est visite de Boutiq.

Lieu de résidence et surtout lieu de vie géré par les équipes de Nyege, en plein cœur de Kampala.

B : Un dernier verre au One 54 (QG des Nyege à la capitale) à la recherche des fameuses Party after Party (qui auront lieu en fait en fin de semaine avec les artistes restés sur place). C’est peut être mieux ainsi. Nous allons nous coucher, épuisés, mais heureux.


TOP 5 SANS ORDRE DE PRÉFÉRENCE

Discolowcost: 

  • DTM Funk
  • Moesha 13
  • Menzi
  • Bonaventure
  • Donzilla

Le Fils du Tourisme : 

  • Phelimuncasi
  • Slikback
  • DTM Funk
  • Bonaventure
  • Otim Alpha (pour les 10 min que j’ai réussi à voir !!)

Olivier :

  • Phelimuncasi
  • DTM Funk
  • Don Zilla 
  • Lady Hash 
  • Decay

Grâce au soutien de l’Institut Français et de la Ville de Nantes, l’association Trempolino a envoyé cette délégation nantaise durant le festival Nyege Nyege avec 3 objectifs :

– 2 concerts durant le festival Nyege Nyege pour les artistes nantais Le Fils du Tourisme et Discolowcost 


– Des rencontres professionnelles afin de préfigurer des partenariats de résidences et de tournées à partir de 2020 

– Du repérage d’artistes pour des événements nantais en 2020 (notamment le festival Ed Mundo), mais aussi pour la soirée d’inauguration Africa2020 qui se déroulera partout en France le 6 juin 2020.

Lire ensuite : Nyege Nyege : la vie à 200 bpm