Les Magic System lancent le 11ème festival Femua et annoncent leurs invités

Hier à Abidjan, les 4 membres du groupe Magic System, fondateurs du FEMUA, ont lancé la 11ème édition de ce festival entièrement gratuit et dédié à la jeunesse de leur pays.

Hier à Abidjan se tenait la conférence de presse de lancement du prochain FEMUA, le Fetival des Musiques Urbaines d’Anoumabo, qui se tiendra à Abidjan du 17 au 22 avril, avec une extension du 20 au 23 avril à Korhogo, au Nord du pays.

Les Gaous-magiciens ont profité de l’occasion pour faire une surprise à A’Salfo, en lui souhaitant son 40ème anniversaire. Ce dernier, commissaire général du festival, a bien sûr annoncé le programme, et notamment les têtes d’affiche des deux grandes nuits de concert géants (et toujours gratuits).

Cette année, le FEMUA accueille Lokua Kanza, l’une des plus belles voix congolaises d’aujourd’hui, mais aussi Sidiki Diabaté, fils de Toumani, aussi virtuose que son père mais porté vers les musiques électroniques qui ont fait de lui une star au Mali. Autre événement, la venue du phénomène Yemi Alade, l’une des pointures de l’afropop nigériane, sans oublier le rappeur Soprano et le très créatif groupe reggae Dub Inc. M’bouillé Koité du Mali, Bil Aka Kora du Burkina et la béninoise Zeynab Habib ferment ce beau cortège d’artistes internationaux.

Et puis, il y a les Magic System eux-mêmes qui, après avoir bouclé la grande tournée africaine célébrant leur vingt ans de carrière, reviennent après de longues années sur la scène de leur festival, le Femua. Autant dire qu’ils joueront à domicile. Tout comme leurs compatriotes Kedjevara DJ, Luckson Padaud, La tigresse Sidonie (on en frémit), Les Leaders ou Guy-Christ Israël….

Cette année, les grands concert auront lieu à l’INJS, L’institut national de la jeunesse et des sports, un immense espace en bord de lagune réhabilité pour accueillir en 2017 les derniers Jeux de la Francophonie. Certes, le public ne sera plus au cœur du quartier d’Anoumabo, village dans la ville où ont grandi A’salfo et Manadja, deux des membres du groupe restés fidèles au quartier de leur enfance. Mais, sans doute à cause de son succès, le festival doit s’agrandir et gérer la sécurité d’un public toujours plus nombreux. Que les amoureux d’Anoumabo se rassurent, l’INJS touche le quartier, et l’on devrait sans problème entendre les concerts de la place Papa Wemba d’Anoumabo ou du maquis Burkina. Il y a d’ailleurs une pirogue qui traverse le petit canal qui sépare le village du nouveau site du Femua – un raccourci pour les plus pressés, à 50 fcfa la traversée. Bref, la fête promet d’être belle cette année encore, d’autant qu’une petite scène accueillera en journée les concerts de jeunes talents organisés en partenariat avec la Sacem, la plus importante société française de gestion des droits d’auteur.

Mais, comme chaque année, le Femua ne se contentera pas de faire danser, il veut aussi faire réfléchir les dizaines de milliers de jeunes qui y participent. En 2017, on y avait beaucoup parlé de réchauffement climatique, et cette année les discussions, conférences, débats et ateliers auront pour thème « Jeunesse et immigration clandestine ». Un thème qui s’est imposé à A ‘Salfo, le commissaire général du Femua, lorsqu’il découvre, indigné, les images des subsahariens vendus comme esclaves en Libye. Fin novembre 2017, il était d’ailleurs de ceux qui s’étaient rendus à l’aéroport Houphouët-Boigny d’Abidjan pour réconforter un contingent d’Ivoiriens rapatriés de Libye par les autorités de leur pays. Le Femua compte bien alerter les jeunes sur les dangers de l’aventure à tout prix, et réfléchir à des alternatives. Car le phénomène a pris une ampleur sans précédent en Côte d’Ivoire.

Le Festival cette année encore consacrera une journée aux enfants – le Femua Kids, devenu une institution, et sera également l’occasion pour les organisateurs de poser des actes à vocation sociale, (chaque Femua permet de récolter des fonds qui sont investis dans la construction d’écoles principalement, mais aussi d’une maternité qui sera inaugurée à Loulo).

Bref, le Femua continue de grandir, avec son cocktail (d)étonnant de musique, de discussions, et de projets concrets. Tout cela tient en trois mots, qui pourraient bien faire une devise : culture, enjaillement, développement.

Du 17 au 22 avril à Abidjan, INJS
Du 20 au 23 avril à Korhogo