Wanlov the Kubolor, le coup d’état musical avec Red Card: The Minstrel Cycle

La moitié du duo Fokn Bois est de retour pour un cinquième album solo bouillant, encore plus fort de messages et d’humour noir. Les têtes coupées des hommes politiques Nana Akufo-Addo et Jerry Rawlings sur le coté de la pochette annoncent la couleur.

«Beaucoup d’entre nous sont insatisfaits de nos gouvernements dans le monde. Beaucoup d’entre nous pensent que la mort est la seule issue. Le Red Card vise à détruire le système. Il s’agit de mettre fin au cycle de Minstrel ». Le système ? Le thème central dans ce projet, engagé de manière plus virulente que jamais contre la classe politique ghanéenne, décrite comme corrompue et incapable. Le message est presque punk : Wanlov appelle à « les laisser mourir et laisser la nouvelle génération » (« Piss n Laff ») ou à « les tuer tous, couper leurs têtes et laisser leur sang couler », sur un fond de guitare douce (« Never Change »). Le chanteur a cependant d’autres choses à dire : le féminisme (« Child Care »), la xénophobie (« Lamoa »), le business de la religion (« Julor Kwakwe ») ou la pauvreté sont d’autres sujets présents, tous évoqués dans l’intérêt du Ghana. L’artiste n’a donc pas oublié les bases de son style, notamment l’humour et le décalage. Dans « Jesus Totobi Kwakye », une histoire érotique autour d’un Jésus plus jeune, il n’hésite pas à ouvertement blasphémer dans un des pays les plus religieux au monde.

Musicalement, Red Card: The Minstrel Cycle, comme la plupart des projets Fokn Bois, est difficilement classable. Wanlov passe du reggae au rap, apporte des touches d’électro, ou utilise des sonorités rock. La liste des featuring est révélatrice de cet éclectisme musical : bien que la plupart soient ghanéens, presque tous les styles de la scène nationale sont représentés. M3NSA, beatmaker et autre moitié de Fokn Bois, est présent sur le projet et Wanlov est crédité à la production de la grande majorité des morceaux. Un projet qui risque sûrement de remuer des polémiques sur la scène médiatique du Ghana, « Begging country, Corruption country, Chinese country ».

Wanlov The Kubolor, Red Card: The Minstrel Cycle, en écoute ici

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