Une musique, une histoire : « Autorail », Orchestra Boabab [Comme un roman]

Suite au dernier épisode de l’émission « Comme un roman » sur RFI (à réécouter en podcast ICI), notre journaliste Vlad s’attarde sur un titre de la playlist : « Autorail », Orchestra Boabab.

Cette chanson de l’Orchestra Baobab, fleuron des ensembles dakarois né à l’aube des années 70, est un hommage au monde des chemins de fer sénégalais. C’est que le train, au Sénégal comme au Mali, est à lui seul une épopée. D’abord instrument de conquête au temps de la colonisation, il devint par la suite un des symboles de la marche vers l’indépendance.

Afficher l'image d'origineEn 1947-1948, les cheminots de toutes les lignes de chemin de fer de l’Afrique occidentale française entraient en grève. Les plus résistants furent à n’en pas douter ceux de la ligne Dakar-Niger, qui relie l’actuelle capitale sénégalaise à Bamako puis termine sa course à Koulikoro, le port fluvial par lequel arrivaient les denrées et les voyageurs de Mopti, Tombouctou, Gao… Cette fameuse grève, racontée par l’écrivain Ousmane Sembène dans son roman « Les bouts de bois de Dieu » dura cinq mois et demi, et fit plier les autorités coloniales qui jusque là refusaient d’accorder les mêmes droits aux employés sénégalais et maliens (à l’époque citoyens français) qu’aux salariés venus de France.
La grève, victorieuse, participa de ce vaste mouvement qui allait aboutir aux indépendances. Après 1960, les chemins de fer continuèrent d’être non seulement un des piliers des économies des deux pays, mais aussi un objet de fierté, comme en témoigne cette chanson qui célèbre l’autorail, un des fameux trains qui passait par Thiès, centre ferroviaire névralgique cité dans la chanson. A Bamako, cet âge d’or est incarné par le Rail Band du Buffet-Hotel de la Gare, où débuta Salif Keita et où passèrent Mory Kanté ou encore Djelimady Tounkara.

dakar bamako train
Aujourd’hui, la grande ligne Dakar-Bamako est en piteux état. Privatisée en 2003, elle vient de revenir dans le giron des deux états. Fin 2015, un accord a été signé avec la Chine pour remettre à neuf l’intégralité de la voie. Le train va peut-être retrouver son lustre d’antan, et inspirer de nouvelles chansons….

Ecoutez le titre d’ Orchestra Baobab « Autorail » sur :

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Podcast à écouter ICI <

Et ne manquez pas le RDV de Vlad sur RFI dans l’émission « Comme un roman » samedi prochain à 10h !

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