Samba Touré annonce la sortie de son cinquième album Wande

Quatre ans après son dernier album Gandadiko, le guitariste et chanteur malien retrouve le label Glitterbeat pour l’album Wande, attendu le 25 mai.

Un album direct et spontané que l’artiste décrit comme un retour aux sources, plus traditionnel et acoustique.

Cette étincelle de spontanéité se ressent sur l’ensemble de l’album. Wande a été enregistré au Mali en moins de 2 semaines, uniquement les après-midi entre deux prestations dans les mariages. L’une des principales difficultés, explique Samba, aura été de réussir à réunir tout le monde au même moment. Au Mali chaque jeune musicien joue dans au moins trois groupes ou a un travail secondaire. Rares sont ceux arrivent à qui arrivent à ne vivre que de la musique, la majorité doivent avoir un autre travail à côté.

Sur ce nouvel album, l’accent est mis sur le rythme avec une omniprésence du tambour tama, que l’artiste affectionne particulièrement.Un tambour unique (appelé « talking drum » par les anglophones) capable de jouer sur plusieurs tons, imitant ainsi la musique de la langue, et imitant ainsi le langage humain. Sur Wande, le tama se marie naturellement avec les riffs de guitares épurés et les ondulations du ngoni. le résultat est joyeux et intense, conforme à la simplicité qui guide Samba Touré.

Pour autant l’artiste reste engagé, en abordant des thèmes souvent durs, comme sur le titre Goy Boyro (« Le travail bien fait » en songhoy), qui raconte l’appauvrissement du pays avec la fuite des jeunes à l’étranger, très vite confrontés au rejet, à l’indifférence ou au racisme. Un message d’actualité illustré par un clip poignant qui fustige, à coup d’images d’archives, les pires stéréotypes colportés sur l’Afrique en Occident et convoque la mémoire de la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis.

Longtemps guitariste dans un groupe de soukous, la carrière de Samba change considérablement lorsqu’il  rencontre la plus grande légende du Mali, le regretté Ali Farka Touré (avec qui sa mère avait joué). Il s’émancipe plus tard de son mentor, auquel il dédiera un album hommage (son premier Songhai Blues),  avant d’en devenir l’un des meilleurs héritiers. « C’est de la musique contemporaine du Mali » explique Samba. « Ne l’appelez pas  blues du désert. Ne l’appelez pas African Rock. C’est trop facile. Si vous assistez à des cérémonies traditionnelles dans les villages au nord du Mali, vous verrez que les musiciens utilisent toujours de la distorsion, pour autant ils ne savent rien du rock ou du blues. Mais croyez-moi, ils en font ». Alors le blues du désert … pour moi, c’est certes une façon possible de nommer la musique de la région nord du Mali, du Niger ou de la Mauritanie mais… en fait, ça n’a pas de sens. »

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