Sam Nzima, dont la photo fit connaître au monde les émeutes de Soweto, est décédé

Le photographe sud-africain Sam Nzima est décédé samedi 12 mai. Il avait 83 ans.

C’est lui qui le 16 juin 1976, avait pris la photo d’Hector Pieterson, un élève de 14 ans tué par la police sud-africaine. Comme ses camarades, celui-ci protestait contre la généralisation de l’enseignement en afrikaans, la langue des Boers. Ce 16 juin, la répression fut massive. Parmi eux ce jeune homme, Hector Pieterson, ramassé par Makhubo, de quatre ans son aîné, courant aux côtés d’Antoinette, la sœur d’Hector.
Nzima a mainte fois raconté que les élèves étaient pacifiques, et que, lorsque la police leur a demandé de se disperser, ils sont simplement restés sur place en chantant Nkosi Sikelel’i Afrika, un chant de libération devenu en 1994 l’hymne sud-africain.

La police a alors reçu l’ordre de tirer. Et c’est dans la cohue générale que Nzima a pris ce cliché. Il prit soin en suite de cacher la pellicule dans ses chaussettes, et bien lui en prot puisque les autres pellicules qu’il avait sur lui lui furent confisquées par la police.
Cette photo, qui fit le tour du monde, contribua à montrer à ceux qui fermaient les yeux la véritable nature du régime d’apartheid.

Comme tant d’autres, le Nigérian Sonny Okosun s’en fera l’écho dans un reggae resté célèbre, « Fire in Soweto ». En Afrique du Sud, Il fallut aussi du courage aux rédacteurs en chef du journal sud-africain The World où travaillait Nzima, pour le publier.

Quant à Nzima, sa célèbre photo lui rendit la vie impossible, comme il le confiait dans un entretien avec Botho Molosankwe en 2013. Menacé par les autorités, il dut aller se mettre durablement au vert, abandonner sa carrière de photographe et recommencer sa vie sans un village isolé. Après de longues années, en 1998, il recouvrira ses droits d’auteur sur la photo, qui appartenaient au journal qui entre temps avait été racheté.

Nzima fait partie de ces témoins longtemps oubliés, et pourtant essentiels de l’histoire.

Sa fameuse photo est affichée en grand au mémorial installé par les autorités sud-africaines en 2002 à Soweto.

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