Les 15 meilleurs albums de rap de 2018

Voici nos 20 albums préférées de cette année forte en moments hip-hop.

Youssoupha signe son grand retour. Burna Boy assoit sa position au Nigeria. Baloji réalise un album cinématographique. Kendrick prend les reines de la bande originale du film Black Panther. Retrouvez nos coups de cœur des albums rap de 2018.

Écoutez la playlist issue de cette sélection sur Spotify et Deezer.


15. J.Cole
KOD

Cette année encore, J. Cole a pris ses fans au dépourvu en dévoilant au dernier moment la sortie de son nouvel album KOD (‘Kids on Drugs’, ‘King Overdosed’, ‘Kill Our Demons’), sans aucune stratégie de teasing, ni déclaration tapageuse, ou même le moindre single en avant-première.

Ce nouveau projet est moins orienté Jazz que son précédent album 4 Your Eyez Only sortis deux ans plus tôt, mais J. Cole continue d’explorer les thèmes qui lui sont chers: l’anti-matérialisme, la responsabilité de parole des acteurs du Hip Hop, l’addiction, le racisme, ou le manque de solidarité dans la communauté noire. Quelques heures après la sortie de son album, le rappeur a dévoilé un clip pour l’excellent ‘ATM’.


14. AKA
Touch My Blood

Le bad boy du hip-hop sud-africain Kiernan Jarryd Forbes, mieux connu sous le pseudonyme AKA, publiait son troisième album studio en juin dernier. Touch My Blood se positionne à mi-chemin entre rap et pop, jouant habilement avec les tendances du moment. Il y a de la musique pour faire danser et assez de matière pour remplir son carnet de punchlines.


13. Akua Naru
The Blackest Joy

Depuis près de 10 ans, dans la lignée de Lauryn Hill et d’Erykah Badu, l’artiste et activiste américaine Akua Naru mêle rap, jazz, nu-soul et storytelling « conscient» pour partager son expérience de femme afro-américaine – et fière de l’être.

Avec The Blackest Joy, celle qui trouble immanquablement son auditoire à chacune de ses apparitions sur scène, parcourt une nouvelle fois le monde et organise même sa première vraie tournée sur le continent, se produisant au Lesotho, au Rwanda ou au Mozambique. The Blackest Joy,  (dont la pochette a été réalisée par l’artiste canadien d’origine nigériane Oluseye) est le fruit de ces séjours à répétition, pour ne pas dire de cette quête sur le continent : « J’éprouvais le besoin d’inviter des personnes pour m’aider à raconter mon histoire, je voulais entendre d’autres langues, j’ai des amis qui parlent le Sesotho et le Swahili, cela me tenait à cœur d’intégrer ces langues dans mon travail. En tant que personne qui se revendique panafricaine, la démarche me semblait évidente » peut-on lire dans le communiqué de presse.


12. Nasty C
Strings & Bling

La relève du hip-hop sud-africain Nasty C vient d’offrir à ses fans son album Strings & Bling. Après le succès stupéfiant de son premier album Bad Hair, qui introduisait la jeune pousse en MC surdoué, ce nouvel album cimente sa place de rappeur intelligent et intuitif. Avec des chansons rap comme ‘Jungle‘ et ‘Blisters‘ ou des chansons pop comme ‘Gravy‘, Strings & Bling est probablement la meilleure sortie du rappeur.


11. 6lack
East Atlanta Love

Il est la grande révélation R’n’B de 2017. Le chanteur / rappeur 6LACK a été nommé pour deux Grammy Awards suite à la sortie de son premier album Free 6LACK en novembre 2016. Il est depuis apparu en featuring aux côtés de J.I.D, Syd, Jhéné Aiko, Khalid, Ty Dolla Sign ou encore Kodak Black, c’est dire si son dernier album East Atlanta Love était attendu.


10. Josman
J.O.$
De son vrai nom José Nzengo, Josman est un rappeur et producteur français de parents angolais et congolais. De vendeur chez Footlocker il y a un peu plus d’un an à ambassadeur Jordan et Top 20 du rap français. C’est en gros le parcours emprunté par Josman jusqu’à la sortie de son tout premier album sorti en septembre dernier.
Son premier album il s’intitule J.O.$, c’est aussi le surnom du jeune prodige. Quoi de plus normal, c’est finalement la première présentation officielle de Josman au public.
Avec un style, un flow et une authenticité qui marquent dans le paysage rap français, Josman rappe son quotidien. Dans ses textes il est question de weed, d’argent, de femmes, de doutes, de temps qui passe. L’histoire de notre génération, avec les termes de notre génération.

9. Cassper Nyovest
Sweet And Short

Celui qui cartonne le rap game africain en ce moment, c’est Cassper Nyovest. Le magnat du hip-hop sud-africain a récemment signé un deal de distribution historique avec Universal Music. Cet accord soutient Cassper et son label Family Tree dans la distribution du nouvel album Sweet and Short qui sortait le même jour que son concert à l’iconique stade Moses Mabhida de Durban.

L’album rend hommage aux influences kwaito de Cassper et intègre des composantes new-age et neo-kwaito.


8. J.I.D.
DiCaprio 2

Depuis sa signature en 2017 sur le label de J. Cole, Dreamville, l’artiste d’Atlanta a attiré toutes les attentions avec la publication de son album The Never Story fortement salué par la critique dès sa sortie. Après quelques featurings très bien ressentis, une tournée avec J. Cole et ses amis de Earthgang, JID. a teasé son nouveau projet pendant plusieurs mois avec notamment les sorties de 2 excellents extraits de l’album, ‘151 Rum’ et ‘Off Deez’ avec Cole.

L’attente est maintenant terminée, DiCaprio 2 est en écoute partout. Il comporte 15 titres, les interventions de 6LACK, Method Man, Joey Bada$$, Ella Mai, A$AP Ferg et BJ The Chicago Kid, et des prods signées J. Cole, Elite, Christo, Hollywood JB ou le regretté Mac Miller.


7. Mr Eazi
Lagos To London

La star nigeriane de l’Afrobeats vient de dévoiler une nouvelle mixtape intitulée Lagos To London, qui comme son nom l’indique (ou pas) réunit des artistes naija et anglais, mais pas que… On y retrouve Maleek Berry, Burna Boy Distruction Boyz, Giggs, Chronixx, Sneakbo, Major Lazer, Rudimental au tracklist de ce projet de 15 titres oscillant entre Reaggae, Naija Pop, Afrobeats, Hip Hop et même Gqom.



6. Baloji
137 avenue Kanyama

137 Avenue Kaniama est un clin d’œil à cette rue de Lubumbashi, en RDC, où le rappeur belge est né il y a une petite quarantaine d’années. Dans cet album (chanté en anglais, en français, en lingala ou en swahili) résolument hip-hop où la tendance est au brassage des styles et des humeurs, les références à Fela Kuti ne manquent pas. Elles donnent même le ton, d’entrée de jeu avec ‘Glossine (Zombie)’. Sur son titre, le père de l’afrobeat visait les militaires qui obéissent aveuglément aux ordres. Baloji, lui, pointe la résignation de ses contemporains.

Dans un bouillonnement parfois sensible, parfois furieux, Baloji arrange avec une autorité impressionnante son quatrième album. Les cordes du violon de James Underwood (Vampire Weekend, The XX) s’invitent sur de la rumba (‘Bipolaire – Les Noirs‘), la trap se frotte au bikutsi (‘Ensemble (Wesh)’), et l’afrobeat comme les musiques électroniques sont convoqués pour porter le flow de cet artiste complet. Auteur-compositeur, Baloji est avant tout un poète. Et un rappeur, amateur de sample, au grand talent de storyteller. D’ailleurs, il a conçu 137 Avenue Kaniama comme un long plan-séquence. Et ses 14 morceaux, en partie autobiographiques – pour ne pas dire cathartiques, sont truffés de fausses répliques de films et de vraies références cinématographiques (de Godard à Gondry).


5. Youssoupha
Polaroid Experience

Le rappeur congolais, fils de Tabu Ley Rochereau revient avec un album authentique qui s’inspire des photos de son enfance. Polaroïd Experience retrace son parcours de rappeur de Kinshasa à Cergy. 12 titres où il évoque la famille, sa vision sur le monde actuel et les travers de la société.

A l’aube de la quarantaine, avec ses doutes et certitudes, Youssoupha renoue avec la spontanéité. Moins sophistiqué que les précédents albums, la production musicale est centrale. Entre sonorités modernes et traditionnelles, il mêle poésie, ironie et ego-trip avec une plume sans égale. Comme il le rappe si bien : « Ceci n’est pas un album c’est une putain d’expérience ». Un album très réussi pour un des monuments du rap français, qui on l’espère ne sera pas son dernier.


4. Kendrick Lamar
Black Panther

Le blockbuster des studios Marvel Black Panther et sa BO orchestrée par Kendrick Lamar sortaient en février. L’album est tout simplement énorme à l’écoute et confirme un casting de rêve avec Anderson .Paak, Jorja Smith, The Weeknd, Travis $cott, Future, Khalid, Vince Staples, James Blake, 2Chainz, Swae Lee, et le noyau dur du label TDE Schoolboy Q, Jay Rock, SZA et Ab Soul, sans oublier les sud-africains Babes Wodumo, Reason, Yungen Blakrok et Sjava.


3. Burna Boy
Outside

Le nigérian sortait le flamboyant Outside en janvier et ouvrait la saison des albums 2018 en plaçant la barre très haut. Pas un seul des 13 morceaux de l’album n’est à déclasser en seconde division. Du début à la la fin, la signature vocale dancehall de Burna Boy s’appuie sur des prods aussi soignées que variées (hip-hop, afrobeats, dancehall..), en commençant pas le track d’ouverture ‘More Life‘ produit par Baba Stiltz et qui devait initialement figurer sur l’album de Drake du même nom.



2. Noname

Room 25

Son premier album Telefone avait insufflé une bouffé d’air frais sur la scène hip hop. Avec Room 25, la prometteuse artiste de Chicago Noname place la barre très haut en signant un album parfait, d’une richesse musicale unique. Noname distille son flow entre rap et spoken word tout en douceur avec une mélancolie si particulière. Comme elle l’explique dans une interview pour The Fader  » pour moi, ne pas avoir de nom augmente ma créativité. Je suis capable de faire n’importe quoi ».

Enregistré entre Los Angeles et Chicago et produit par Phoelix, Room 25 emprunte au jazz, au rap à la soul et au rnb. Elle invite Smino et Saba (qui avait produit le titre All I Need de son précédent album). Le résultat est sublime, hors temps non sans rappeler un album devenu culte, devenu intemporel,  Mama’s Gun le deuxième album de Erykah Badu sorti il y a 18 ans déjà.


1. Earl Sweatshirt
Some Rap Songs

Some Rap Songs, c’est le troisième album du rappeur, Earl Sweatshirt, de son vrai nom Thebe Kgositsile et membre du collectif Odd Future. Comme il l’explique, ce disque est en parti porté sur la mort de son père, Keorapetse Kgositsile, poète et militant sud-africain. Sur la track Playing Possum, on y retrouve sa voix mais aussi celle de sa mère, Cheryl Harris, professeure de droit. Sur le dernier titre de l’album, Riot!, on entend un sample de l’oncle du rappeur, le géant du Jazz sud-africain, mort également en début d’année, Hugh Masekela. L’album compte également une collaboration avec le rappeur et producteur new-yorkais Navy Blue sur l’excellent The Mint, et sur le titre Ontheway! avec le crew Standing On the Corner.

Sur Some Rap Songs, on y retrouve un Earl Sweatshirt décomplexé à la frontière entre le jazz et le hip hop, sur des prods syncopés, effets lo-fi dans tous les sens et samples déstructurés. Tout le long d’ un album de 25 minutes pour 15 titres, Earl ne se trompe pas, il bouscule encore plus les codes avec génie et prouve qu’il est toujours bien là !

Retrouvez tous nos coups de cœur de l’année ici.