Suite à un cambriolage, Pouvoir Magique sort un album (et nous raconte l’histoire de chaque morceau)

Le duo historique du collectif Mawimbi nous raconte l’histoire de chaque morceaux issus de leur nouvel album Disparition LP, maintenant disponible en prix libre sur Bandcamp.

La semaine dernière, le studio de Pouvoir Magique s’est fait cambrioler à Paris. Ils ont perdu tout leur matériel, mais surtout, 6 ans de musique :

« C’était un sacré chagrin de voir s’envoler en 10 minutes le travail accompli sur toutes ces années, notre petit patrimoine, ces morceaux qui vous font rire par leur ancienneté, ces morceaux où vous vous dites que « finalement ce n’était pas si mal ». On a donc décidé de retrouver nos productions disparues afin de leur donner un premier et dernier souffle. Ces 12 morceaux qui ne seront jamais terminés sont donc une sélection de ce qui a pu être stocké par ci par là, sur internet, dans le disque dur d’une amie, sur la clef usb d’un pote ou même dans l’ordinateur de nos familles. Bizarrement c’est un peu comme notre premier album. On espère que grâce à vous ces âmes perdues trouveront leurs chemins à travers vos oreilles et vos partages. » Pouvoir Magique

Parce chaque piste est un morceau de leur histoire, on a demandé à Pouvoir Magique de les commenter un par un :

MUSICA
« On était parti d’un recueil de chants et poèmes sacrés de différentes tribus du monde pour écrire le texte avec Leya, chanteuse pour qui Clément fait des productions.
La fierté: avoir pu caler un « pouvoir magique » avec sa voix sensuelle. C’est la première fois qu’on l’entendait enregistré et incorporé dans une prod. La mélodie qui intervient à la toute fin ne nous convenait pas vraiment, nous devions juste retravailler les synthés et les notes pour clôturer le morceau. »

GALILEO
« La base rythmique avait été commencée avec notre ami Poirier de passage sur paris mais à un bpm plus lent. Clément s’était chargé de toute la suite pour donner à cette track un côté deep mais très entêtant. Si il nous lit on en refera mec et cette fois jusqu’au bout. »

OGMA / CHALAWAN
« Ces morceaux ont été produits à la même époque que Tonatiuh. Pas trop de souvenirs, juste qu’on venait de passer sur Ableton après avoir débuté sur fruity loops. Ça s’entend d’ailleurs ils sonnent un peu moins clairs que les démos plus récentes. »

LIBERTAS
« Tiré de la toute première version d’Eclipse, 1 an avant la sortie officielle et les 40 autres versions suivantes qui avaient été refaites en fonction du clip que Clément avait tourné et qu’il était en train de post produire. »

TITAWIN
« Le nom est bien choisi car il s’agit historiquement d’un lieu de rencontre entre deux continents, l’Europe et l’Afrique. Tout un symbole vu que ce morceau a été commencé avec notre ami Khalil qu’on a rencontré à Tunis. D’ailleurs vous allez entendre parler de lui et de son groupe Dhamma prochainement sur notre label Musiques des Sphères. »

SAFFAR
« Le but était de faire une track un peu « Disco halal » on aurait aimé reprendre les mélodies et en faire des différentes. Des synthés joués par Kenzi d’Acid Arab entre autre ça aurait été pas mal du tout !!! »

VERITATE
« Ce morceau nous faisait sautiller. On a l’impression d’être au milieu d’une foule en cercle et de taper fort des mains. Ça doit être les voix qui donnent cet effet ! »

ARION
« Elle nous faisait penser à un tunnel dans l’espace. Un peu comme quand les vaisseaux de Star Wars entrent en Hypervitesse mais ça dure plus longtemps et c’est plus lent. Entre ça et 2001 avec des petites touches de couleurs au milieu du morceau. »

CERVANTES
« On voulait juste faire un morceau qui mette les bras en l’air. Entre la joie et le bourrin ! »

TONATIUH
« On aimait beaucoup les respirations et les voix qui partaient loin dans la réverbe. Elles nous transportaient loin la nuit devant notre ordi. Comme un appel à venir se plonger au milieu de l’obscurité d’une forêt sibérienne. Le titre le plus « chamanique » de l’époque, on ne l’avait jamais sorti mais juste joué dans notre premier live. »

DULCINEA
« C’était une première version avec Jeanne qui est la sœur d’un membre du duo Meteor ! Elle nous a fait écouter sa voix un soir sur son portable avec des écouteurs c’était si doux qu’il fallait en faire une petite ballade. On aurait voulu en faire juste un 3/4 min en gardant l’aspect du début sans partir sur le délire de guimbarde.

En tout cas ça clôture bien l’album de nos disparues avec ce petit côté nostalgique.

Vous allez nous manquer… »