Musiques Métisses : l’Afrique toujours chez elle à Angoulême

La 43ème édition du Festival Musiques Métisses d’Angoulême, malgré ses évolutions, demeure une fenêtre de choix pour les artistes venus d’Afrique. Jusqu’au 3 juin, doyens et jeunes étoiles s’y retrouveront, faisant le pont entre les générations.

Cette année, le Festival qui s’est relevé des coups durs que lui ont porté le retrait de ses partenaires traditionnels, en particulier de la mairie d’Angoulême, reste fragile mais n’en propose pas moins une programmation ambitieuse, aussi éclectique qu’équilibrée.

On y croisera Femi Kuti qui poursuit sa tournée, mais aussi les Daara J Family récemment reformés, qui comptent parmi les « anciens » du hip-hop made in Africa. Les vétérans du groupe Touré Kunda, toujours alerte, font leur come back et défendront leur nouvel album tout juste sorti. Sans oublier Arat Kilo, cet orchestre français de mordus d’éthio-jazz qui a eu la bonne idée d’inviter le rappeur Mike Ladd et la chanteuse malienne Mamani Keita. Leur disque Visions of Selam, on vous en a parlé, était de toute beauté : mais c’est encore meilleur sur scène ! Sur la même scène (il y en a trois sur le site du festival), ils seront suivis par l’extra-terrestre congolais Jupiter avec son crew Okwess International. Encore un concert  à ne pas rater… ça commence à faire beaucoup.

Le Festival, qui depuis toujours cultive l’Afrique de l’Ouest et l’Océan Indien comme terres de prédilection, accueillera également le subtil trio à cordes 3-MA (Maroc, Madagascar, Mali) formé par Driss el Maloumi (oud), Rajery (valiha) et Ballaké Sissoko (kora). Trois virtuoses, trois traditions de cordes réunies dans une magistrale complicité.

Et enfin, car on pourrait continuer la liste (Ammar 808, Daniel Haaksman, Mo Laudi…), les fabuleux Tambours de Brazza, emmenés par Emile Biayenda, angoumoisin d’adoption qui depuis vingt ans contribue à faire de la Charente une cousine du fleuve Congo. Les Tambours, après Paris le 1er juin, présenteront leur nouvel album – et leur nouveau show- le 2 juin à 16H sur la scène Bi-Bop du festival. L’occasion de prendre une
haute volée de tambours ngoma, de sebene et de danse, et de faire le plein de bonnes vibrations. A l’image de cette 43ème édition, qui s’annonce prometteuse.

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