Spaza, façade informelle de l’avant-garde sud-africaine

Le label Mushroom Hour Half Hour dévoile un album issu d’une série d’improvisations inédite, profondément enraciné dans la culture sud-africaine.

Mushroom Hour Half Hour est bien décidé à confirmer la place de Johannesburg comme troisième point du nouveau triangle du jazz, avec Londres et Chicago, un concept inventé par Emma Warren. Le label se veut être un espace d’expérimentation qui mette en avant la nouvelle scène de jazz avant-gardiste d’Afrique du Sud, et principalement de Johannesburg, ville où le label a été fondé et où se trouvent leurs studios.

C’est avec un studio mobile qu’a été enregistré en une prise Spaza, par un groupe de musiciens issu de la scène locale qui n’avaient jamais enregistré ensemble. Cette démarche, tournée vers les artistes et l’expérimentation, est représentative de la vision du label, qui vise à regrouper la bouillonnante scène locale.

Spaza tire son nom des boutiques informelles qui pullulent dans les villes du pays, qui sont à la fois le symbole de la débrouillardise et de l’esprit entrepreneurial des populations habitant les townships, des inégalités socio-économiques de la société sud-africaine, et un symbole central de la culture locale. De la même manière, ce LP est une ode à l’improvisation et à l’esprit DIY, au talent des improvisateurs et à la culture locale, à laquelle les titres, les rythmes et les sonorités rendent hommage autant qu’ils en sont issus.

« Ice Squinchies (Waiting for You) », premier titre tiré de l’album en écoute ci-dessus, témoigne du groove lancinant de ces improvisations, autant que des sonorités innovantes qui les caractérisent, entre jazz, rythmes d’Afrique du Sud et sonorités électroniques.

Spaza, sortie le 21 juin sur Mushroom Hour Half Hour. Précommandez-le sur Bandcamp.

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