JuJu Rogers, porte-parole de la liberté

À travers le clip schizophrénique du single « Babylon », l’artiste berlinois JuJu Rogers annonce son nouvel album en comparant un monde capitaliste grisâtre à la beauté du continent africain.

Signé sur le label pluridisciplinaire Jakarta Records aux côtés de pointures comme Suff Daddy ou Kaytranada, JuJu Rogers donne une suite à son premier coup d’éclat From the Life of a Good-For-Nothing. Pour l’occasion, le rappeur de Berlin s’est octroyé les services de plusieurs producteurs qui comptent déjà les noms de Kid Cudi, Drake, Kendrick Lamar ou Talib Kweli sur leur CV. Grâce à son phrasé caractéristique et au talent des musiciens qui l’entourent, il étale une atmosphère mystique et pesante pour y dérouler ses textes gonflés à la critique du monde capitaliste dans lequel nous vivons. A ce titre, 40 Acres N Sum Mula fait référence à une promesse faite par le gouvernement d’Abraham Lincoln pour l’agriculture, destinée à aider les fermiers noirs et anciens esclaves en leur donnant une mule et du terrain. Ainsi, les messages de l’album s’inspirent de l’identité africaine et du paysage politique allemand, confrontant alors l’héritage des ancêtres avec les problématiques contemporaines.

Paradoxalement, c’est le titre clôturant l’album qui sert ici de single annonciateur de l’album. Après neuf titres parlant de dépression, d’attrait pervers pour l’argent ou de crise identitaire mondiale, « Babylon » arrive comme une conclusion salvatrice en essayant d’ouvrir des portes vers une libération provisoire, qu’elle soit physique ou mentale. Filmé et monté à l’ancienne, le clip oppose un décor urbain propre à Berlin aux paysages de l’atlas marocain, comme pour proposer une échappatoire aux êtres humains prisonniers d’une société de consommation qui les dépasse. À découvrir sur un album qui promet d’être à la fois malsain et rempli d’espoir.

40 Acres N Sum Mula, sortie le 27 septembre sur Jakarta Records, en précommande dès maintenant.

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