Dans les disques de Franck Descollonges : trésors de Trinidad

Cet été, Franck Descollonges, collectionneur invétéré et patron du label Heavenly Sweetness, vous fait découvrir les trésors de sa discothèque personnelle. Après le Brésil, escale à Trinidad. Gardez l’écoute !

Pour cette nouvelle sélection, on va quitter le Brésil pour aller plus au nord, dans les Caraïbes, à Trinidad (Trinité-et-Tobago). Cette petite île des caraïbes n’est qu’à quelques kilomètres du Venezuela et comme la plupart de ses “cousines” a une production musicale assez hallucinante (notamment le Calypso).

Je ne remercierai jamais assez Anthony Joseph (poète et premier artiste du label) de m’avoir initié à la musique de son île natale. J’ai d’ailleurs trouvé les trois albums que je vais vous présenter aujourd’hui lors de l’enregistrement de l’album d’Anthony Joseph People of the Sun à Trinidad.


André Tanker – BIM (Original Movie Soundtrack) (1975)

Un album complètement improbable… imaginez la bande originale d’un film de Blaxploitation se passant à Trinidad dans les 70’s, mais qu’avec des Indiens…Un concept complètement fou que même un marketeux de L’Oréal n’aurait pu imaginer !

On retrouve sur cet album des beaux thèmes bien funky, des ambiances cool caribéennes, du steel drum, évidemment de la sitar et de la musique indienne.

Le tout est composé et arrangé par André Tanker, l’un des grands musiciens de Trinidad même s’il a, au final, enregistré peu de disques sous son nom. Et on retrouve au steel pan l’incontournable Boogsie Sharpe dont je vous parle tout de suite !


Boogsie – Phase 2 (1979)

Lennox “Boogsie” Sharpe est une des légendes du steel pan, cet instrument en métal emblématique de l’île de Trinité-et-Tobago. Il a joué et arrangé un nombre incalculable de morceaux. C’est Anthony Joseph qui m’a fait découvrir ce musicien et cet album, car il l’a invité à jouer sur son dernier album, enregistré à Trinidad. Quand Boogsie s’est mis derrière le steel drum pour poser sur “San Souci”, c’était carrément magique ! Un grand moment de musique avec un véritable virtuose.

Ce qui a été moins magique c’est quand on lui a demandé de jouer sur un second titre… il nous a demandé de payer un 2e cachet, on pensait que le fee demandé était pour une session complète, mais c’était en fait pour un seul titre… et notre budget était limité. Mais pas de soucis, nous nous sommes quittés bons amis, avec un titre unique ! Pour revenir à son premier album solo Phase 2, c’est un formidable album de jazz funk avec le pan en lead. Une véritable machine à danser, pleine de percussions et de synthés avec notamment une superbe reprise de « Can’t You See Me » de Roy Ayers. Du vibraphone au steel drum, il n’y a qu’un pas !


Gene Lawrence – Sunset to sunrise (1977)

Ceux d’entre vous qui me suivent sur Instagram savent qu’en parallèle de ma passion pour les vinyles, j’adore aussi les levers et les couchers de soleil (heu non, pas les petits chats…). #alwaysthesun

Alors quand Guts (grand spécialiste de Trinidad) m’a fait découvrir cet album de Gene Lawrence, ça m’a parlé direct. Une face pour le « sunset » et l’autre pour le « sunrise », tout ça baigné par une quiétude et des grooves pur caraïbes. Tout n’est que douceur et bonheur sur cet album, bercé par le jeu de guitare de Gene. 

La splendide reprise du « Feel Like Making Love » de Eugène McDaniels figure sur notre compilation Beach Diggin’ 3 et nous avons cherché pendant des mois à contacter Mister Lawrence pour clearer le titre. Au détour d’une session pour Anthony Joseph, je discute avec Andy Narell, autre légende du steel pan, et il me dit que Gene Lawrence est son voisin à Sainte-Lucie, et qu’il était à son anniversaire la semaine précédente. Le lendemain, le deal était fait et nous pouvions partager avec le plus grand nombre cette merveille de sensualité.

Si vous voulez en savoir plus sur la musique de Trinidad, le label Cree Records fait un formidable travail de réédition ! 

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