Dans les disques de Franck Descollonges : soul et jazz-funk

Sixième épisode de notre série d’été avec Franck Descollonges, collectionneur invétéré et patron du label Heavenly Sweetness, qui nous emmène cette fois-ci aux États-Unis.

Cette semaine, on part en Amérique pour discuter jazz-funk et soul music, qui se prêtent parfaitement à des écoutes estivales.

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Roy Ayers Ubiquity – Everybody Loves The Sunshine (1976)

Vous avez sérieusement cru qu’on allait passer l’été à se parler musique et vinyles, siroter des cocktails, avaler des olives en rafales, sans évoquer le titre ultime, l’anthem absolu de l’été : « Everybody Loves The Sunshine » de Roy Ayers.

Je ne connais pas un amateur de black music qui ne citera pas ce titre dans sa playlist estivale idéale. Et je ne compte plus les fois, où je me suis retrouvé avec des DJs l’été en voiture à écouter de la musique et à chaque fois ce titre finit par illuminer les enceintes.

Comme souvent pour les titres intemporels, tout est très simple, des nappes de synthés, quelques notes de piano, une rythmique au ralenti, écrasée par la chaleur et des paroles universelles « Everybody loves the sunshine… Just bee’s and things and flowers… ».

J’étais persuadé que ce titre avait été enregistré par le groupe en Californie, mais la session a eu lieu à New York, à l’Electric Ladyland studio, un soir d’été. Mais quelle vibe !

En cherchant le vinyle chez moi, j’ai réalisé le nombre d’albums que j’avais de Roy Ayers, peut-être un des artistes les mieux représentés dans ma collection avec James Brown, Georges Clinton, Gary Bartz ou Coltrane…

Quelle que soit l’époque, les albums de Roy Ayers sont toujours intéressants et je vous recommande chaudement l’écoute des productions sur son label Uno Melodic, d’autres titres parfaits pour le soleil !


Marlena Shaw – The Spice Of Life (1969)

OK… OK… OK… méga gros classique, mais bon là encore, cela fait des années que cet album finit régulièrement sur la platine. Notamment pour « California Soul » qui n’est pas loin d’être le titre soul parfait. Une voix féminine unique, des envolées de cordes, des cuivres, la rythmique super straight, une mélodie imparable tout ça a mené de main de maître par un de mes producteurs préférés Charles Stepney. On nage en plein bonheur auditif.

Le reste est varié et de qualité avec notamment l’autre hit « Woman of the Ghetto » et « Liberation Conversation ».

Tout comme l’album de Roy Ayers, cet album a également été samplé dans tous les sens par le hip-hop.


Donald Byrd – Street Lady (1973)

Un de mes disques de chevet et un album qui m’a vraiment mis dans le jazz via le jazz-funk.

C’est drôle comme parfois l’écoute d’un album vous rappelle un moment précis de votre vie. Pour celui-ci, c’était l’été 1996 (oui, je suis vieux…), je révisais le concours d’avocat avec un pote à la campagne et on écoutait cet album en boucle en jouant au ping-pong. Autant vous dire que je ne suis devenu ni avocat ni professionnel de ping-pong mais fan inconditionnel des Mizell Brothers, les producteurs de cet album.

J’aurais pu vous parler d’autres albums produits par Larry & Fonze Mizell, comme Gears de Johnny Hammond, Music Is My Sanctuary de Gary Bartz ou les LP de Bobby Humphrey, mais leur collaboration avec Donald Byrd est emblématique du mouvement jazz-funk qu’ils ont aidé à façonner. Je n’ai toujours pas compris comment ils ont réussi à créer ce mur du son, avec des synthés, des voix, des flutes… Une musique typiquement californienne.

Le plus incroyable est que les deux frères après avoir travaillé avec Michael Jackson, Edwin Starr, A Taste of Honey, ont décidé d’arrêter de produire au sommet de leur art au début des 80s. Ils n’auront illuminé de leurs génies qu’une vingtaine d’albums.

Et du côté de Donald Byrd, ces albums jazz-funk auront été les plus gros succès commerciaux de sa carrière, quasiment 20 ans après ses débuts et après avoir publié plus de 30 albums.

Après toutes ces belles histoires, je vous dis à la semaine prochaine pour de nouvelles aventures vinyliques.


Retrouvez tous les épisodes de notre série Dans les disques de Franck Descollonges :