Dans les disques de Franck Descollonges : Jamaican Sweetness

Quatrième épisode de notre série d’été avec Franck Descollonges, collectionneur invétéré et patron du label Heavenly Sweetness, qui nous emmène cette fois-ci en Jamaïque.

Cette semaine, c’est la canicule donc on va ralentir le rythme et repartir dans les Caraïbes, destination la Jamaïque !

J’ai toujours été impressionné par la production musicale foisonnante de cette île (moyenne) des caraïbes et comment elle avait réussi à imposer un phénomène musical mondial : le reggae.

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Count Ossie & The Mystic Revelation Of Rastafari – Tales of Mozambique (1975)

Les puristes du reggae vont crier au scandale, mais on s’en fout car ce disque est super beau.

Cet album est  un mélange de rythmes Nyahbinghi (percussions d’origines africaines utilisées dans le rituel rastafari), de musique africaine et de jazz avec le saxophone de Cedric Im brooks. J’avais poncé à l’époque l’excellente compilation de Honest Jon’s sur ce dernier et les Lights of Saba.

On retrouve sur cet album la même ambiance de transe et chants collectifs, bercés par les cuivres. Parfois on dirait presque du Sun Ra.

J’ai découvert ce LP grâce à Stephane de Rongetz Foundation, qui a enregistré une magnifique version de ce “Sam’s intro” il y a quelques années.

La musique idéale à écouter écrasé par la chaleur.

Pour l’anecdote vinylique, un ami DJ anglais me racontait qu’il y a quelques années, les collectionneurs de reggae lui donnaient tous ces disques de Count Ossie, Light of Saba, Cedric Im Brooks car pour eux ce n’était pas du reggae… maintenant ces disques valent une fortune et sont super recherchés. Bad deal.


Horace Andy ‎– Skylarking (1972)

Souvent les plus grands noms d’un style musical ont aussi enregistré les plus grands albums. C’est le cas de Horace Andy pour le reggae.

Face à son impressionnante discographie, j’ai donc choisi cette compilation publiée en 1996 sur Melankolic, feu le label de Massive Attack. Juste retour des choses, car c’est grâce au groupe de Bristol que Horace est sorti d’un relatif oubli pour être découvert par le grand public.

La voix d’or de Andy a traversé les époques et les différents styles de reggae, du roots de Studio One au digital de Wackies, en passant par le trip-hop de Massive Attack. Les 14 titres de cette compilation suffisent à peine à lui rendre hommage.

Il y a un titre qui m’accompagne depuis des années, c’est « Don’t Let Problems Get You Down », qui est devenu un mantra pour moi. Dès que ça va moins bien, j’écoute ce titre et je suis à la lettre ses recommandations « Don’t let problems get you down/ It will put you in a hole/just have faith and remember god/He’ll guide you along » et tout va mieux. Facile, non ?


Blundetto – Bad Bad Things (2010)

Vous pourrez (à juste titre) m’accuser de faire de l’autopromo pour mon label, mais d’un côté, je vous présente mes disques de l’été et ce premier album de Blundetto en fait intégralement partie. Cela fait bientôt dix saisons estivales que j’écoute ce disque, qui, je trouve, a très bien vieilli.

Dès les premières notes de « Voices », on se sent instantanément en vacances… relaxé… léger… vous ne trouvez pas ?

En plus, les invités sont de qualités avec Hindi Zahra, Shawn Lee, General Electricks ou Tommy Guerrero, entre autres.

Là encore, si la forme est reggae, les morceaux vont se promener du côté de la soul, de la pop ou de la musique latine. Un éclectisme dont Max Blundetto fait toujours preuve que ce soit dans ses albums, mixs ou autres playlists.

Enfin, cet album est important à titre personnel car quand Max et Jerome « Blackjoy » Carron nous l’ont proposé pour le sortir sur Heavenly Sweetness, nous étions avec Antoine Rajon (mon associé à l’époque) circonspects. En effet, nous avions monté un label de jazz et cet album, que nous adorions, n’en était clairement pas… Finalement on  s’est dit « Au diable les étiquettes, sortons des bons disques que nous aimons » et ce Bad Bad Things est devenu un de nos plus gros succès !

Lire ensuite : Blundetto en mode slow dance avec son nouvel album