Dans les disques de Franck Descollonges : afro-funk et afro-disco

Septième épisode de notre série d’été avec Franck Descollonges, collectionneur invétéré et patron du label Heavenly Sweetness, qui nous emmène cette fois-ci au Cameroun, au Ghana puis en Guinée.

Le bilan carbone de nos tribulations musicales estivales ne va pas être très bon, car après les USA, on retourne cette semaine en Afrique. Et pour faire plaisir au rédac’ chef de PAM (qui coule des vacances heureuses pendant qu’on bosse chaque semaine), on va se parler afro-disco et afro-funk.

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Eko Roosevelt Louis – Kilimandjaro My Home (1977)

On commence cette sélection par un de mes musiciens africains préférés, le chanteur et pianiste camerounais Eko Roosevelt, qui malgré quatre bons albums et une poignée de 7inch n’a connu qu’une reconnaissance récente et tardive, notamment grâce à un best of réalisé par le label français Nubiphone. Nous voulions sortir une compilation de Eko il y a quelques années sur Heavenly Sweetness, mais c’est resté à l’état de projet. Sur ses albums, Eko marie à la perfection musique africaine et disco-funk, avec force de cuivres et cordes et un sens du groove implacable. Ce « Kilimandjaro My Home » est sans doute son titre le plus connu et un des classiques de La Marquise, le club lyonnais mythique des 90/00s mené de platines de maître par DJ Spider, Jun Matsuoka et Philgood. Pour la petite histoire, Eko est désormais maire d’un village au Cameroun et nous avons enfin réussi à le contacter pour qu’il nous autorise à utiliser son titre « Tondoho Mba » sur Straight From the Decks, la nouvelle compilation de Guts.


Vis A Vis – Obi Agye Me Dofo (1977)

Une des raisons pour laquelle j’adore aller chez des disquaires et qu’on y fait toujours des découvertes inattendues. On ressort souvent avec des disques qu’on n’avait pas du tout prévu d’acheter… Il y a quelques années, j’écoute des disques au casque, chez Superfly, un de mes disquaires parisiens favoris, quand rapidement il devient impossible d’entendre le vinyle sur la platine face à moi. En effet, le titre joué à fond dans la boutique m’obsède complètement et éclipse tout, il s’agit « Obi Agye Me Dofo » et je me demande bien quel groupe africain peut jouer cet afro-funk relevé de synthétiseur psychés complètement fou. Il s’agit de Vis à Vis, légendaire groupe ghanéen, qui était le backing band d’une des stars nationales de l’époque, K. Frimpong. Je vous recommande chaudement la série d’excellentes compilations faites par SoundwayGhana Soundz.



Horoya Band National ‎– Savane Profonde (1973)

Cet album porte très bien son nom, car la musique enregistrée sur cet album est très, très deep. Et luxuriante comme la savane. Des titres hypnotiques, avec des guitares en boucles, des riffs de cuivre et ces voix typiques du son guinéen du début des années 70. L’Orchestre Horoya est l’un des principaux groupes de Guinée des années 60 et est devenu un des orchestres officiels de la république en 1971 d’où l’ajout du « National » à leur nom… Cet album est une des nombreuses pépites du catalogue Éditions Silyphone, le label d’état de la Guinée. Là aussi, il y a eu plusieurs compilations sur le sujet.

Chez les diggeurs, on se souvient souvent exactement du moment où l’on a chiné un disque qu’on adore. Certains se souviennent même de la tenue du vendeur… je n’en suis pas là, mais je revois très bien la brocante où j’ai trouvé ce disque, il y a de nombreuses années. C’était les puces de Pont d’Isère dans la Drome, lors d’un week-end familial et le même jour j’avais aussi trouvé l’album de Eighties Ladies produit par Roy Ayers sur Uno Melodic, dont je vous parlais là semaine dernière. La boucle est bouclée, je peux filer au Tennis, car moi aussi je suis en vacances.

À la semaine prochaine.

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