Attarazat Addahabia & Faradjallah, une affaire de famille

Toujours en quête de sons funky venus du Moyen-Orient, le label Habibi Funk déterre un album inédit d’Attarazat Addahabia & Faradjallah.

Les Allemands d’Habibi Funk peuvent remercier leurs confrères belges de Radio Martiko, qui ont eu la chance d’accéder aux légendaires studios Boussiphone et y récupérer quelques trésors, leur laissant ainsi généreusement le soin d’éditer ce mystérieux album. Même si cet enregistrement date de 1973, nous parlons bien ici d’édition et non de réédition, Al Hadaoui n’ayant jamais vu le jour sans que personne n’en connaisse la véritable raison. Afin de tenter de lever le voile sur cette énigme, le label a utilisé les bonnes vieilles techniques du bouche à oreille et du digging, se renseignant ici et là pour enfin retrouver les traces du leader et chanteur Abdelakabir Faradjallah -aujourd’hui réparateur de télévisions à Casablanca- et permettre cette onzième sortie.

À l’origine peintre d’affiches de cinéma pour une salle locale, Faradjallah se met à écrire de la musique pour partager son interprétation alternative de la culture gnawa, ce genre musical historique porté par les descendants d’anciens esclaves noirs d’Afrique subsaharienne. Il forme le groupe Attarazat Addahabia en 1968, réunissant 13 membres de sa famille à ses côtés. Sur cet album hors du temps, les chœurs féminins déterminés, l’énergie rock et les guitares funky remplacent alors les voyantes et les médiums, tout en gardant la transe, la spiritualité et quelques instruments traditionnels comme dénominateurs communs.

Capables de donner des concerts de 12 heures, le leader et son frère fabriquaient aussi leurs propres instruments faute de moyens. Ainsi, entendre une guitare espagnole faite maison et un tambour fabriqué avec un morceau de tonneau et une peau de mouton viennent s’ajouter à l’histoire atypique de ce groupe méconnu prêt à connaître une résurrection grâce à Habibi Funk.

Al Hadaoui, sortie le 12 juillet sur Habibi Funk. Pré-commandez-le sur Bandcamp.

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