Ali est mort, Vive Ali !

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Cassius Marcellus Clay alias Mohamed Ali est décédé la nuit dernière, à l’âge de 74 ans.
Son talent, son sens de la formule et son goût de la tchatche resteront dans les mémoires. Et surtout, son engagement : en faveur des droits civiques, de l’amélioration générale de la situation des Noirs dans le monde, son refus d’aller combattre au Vietnam (« No vietcong ever called me a nigger » avait il martelé pour l’expliquer), son bonheur à « retrouver » l’Afrique à l’heure du combat de boxe qui l’opposa le 30 octobre 1974 au champion du monde des lourds George Foreman….. tout ça a fait de lui un homme plein, droit et exemplaire.

Et puis, la musique bien sûr : Ali dansait sur le ring, et déroutait tous ses adversaires. La musique encore, qui accompagna le fameux combat à Kinshasa. En ouverture, un festival de musique exceptionnel était prévu. Foreman s’étant blessé, le combat fut reporté mais les concerts eurent lieu à la date annoncée. La crème de la soul et du rythm’n blues américain était là : James Brown, BB King, The Spinners, The Crusaders, les saleseros de la Fania All Stars avec Johnny Pacheco et Celia Cruz, Myriam Makeba, Manu Di Bango, et bien sur Franco & l’OK Jazz et Tabu Ley……

Musique, sport, politique, tout se tramait et Ali fut le roi de ces folles semaines au Zaïre puisqu’il savait puncher, parler, et danser ! L’évènement laissa des traces : le Trio Madjesi commémora la victoire d’Ali par une chanson : Huitième round.

Car c’est ce moment que le roi du ring choisit, porté par une foule scandant « Ali, boma ye », pour mettre le colosse Foreman KO.

Rest in peace Ali.

  1. Oui, Ali incarnait l’idée d’un sport qui était aussi bien un combat qu’une danse. Cela me rappelle le top-toy des Sud-africains lors des manifestations pendant l’apartheid. Le pas marqué, le coup porté avec une force presque élégante… Du grand style.

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